La basse-cour s’exprime, la rue est atone

Profitant d’un rayon de soleil,
Qui passant ma fenêtre me fait de l’oeil au réveil,
Ce matin je m’en vais boire mon café

A la terrasse de mon bar "Les Ours", rue des Pyrénées.
Plongé dans ma lecture des nouvelles cruciales du monde, [dans le journal aux pages sports], J’entends grogner comme des porcs,
Des gars gueulant sur leur passe - temps,
Favori s’il faut croire ce que j’entends .

“...Stand de tir..."- "...arme de poing..." - "...fusil de chasse contre kalash ?...", “

“…On peut plus se laisser faire, faut les égorger et leur faire la laine à ceux-là...".

A ces propos boueux et dénués de panache, sans tarder je veux donner des visages.
Et quelle ne fut pas ma surprise, au fond de ces grognements s'adjoignaient 3 formes grasses, bombers scott noir et crânes luisants, une version film d'Action Française d'un autre âge

Quand "American History X" rencontre les "3 petits cochons".

Arborant ma coupe afro
Des plus manifeste je me dis que pour eux,
Il y a sûrement un loup,
Que ma tête leur revient pas ou peu,

Ou plutôt mes tifs car à ce moment encore, je leur tournais le dos.

A les entendre on aurait cru, qu'ils faisaient un concours du plus abruti des fachos.

Un souffle m’échappe, de mépris, il ne servira pas à faire tomber les murs de leur bêtise crasse, je le garde pour mon café encore bien chaud.

Cherchant dans l’assemblée des témoins de cet outrage
Je croise les yeux riants
Des quelques personnes de mon entourage
Ayant capté cet hommage vibrant
De cette "fange" de la France pinard-jambon-fromage
"Nostalgique de ce temps
[Que la génération Y(olo)] ne pouvait pas connaitre"
Celui qui de l’arrivée de LePen et de son mouvement,
Ou la chasse au bicots, aux bougnoules, aux negros, était pour eux un sport de passage... à tabac.
Je me dis que le mieux et le plus sage,
Comme la caféine n’était pas encore montée à l’étage,
C’était de continuer à faire semblant
De ne pas sentir l’odeur nauséabonde, de leurs bouches greffées à leur séant.

Non, dans cette histoire-ci il n'y aura point de rebondissement.
"Un autre allongé s'il te plait, et l'addition", j'interpelle mon khouya le serveur marocain, qui peine à cacher sa gêne, d'avoir à servir ces "merdes-criants".

Je retourne alors à mes affaires,
En m’efforçant d’garder l’humeur légère.

Eh oui, ce n’était qu’une modeste de pêche A.F.P., en direct du théâtre du Néant.
Seulement à quelques jours des Régionales,
C’est encore ici que je comprend,
Que le besoin de contrer les LePen et Maréchal
Devient de plus en plus urgent.