Première page

Simon était encore au lit lorsque son téléphone se mit à vibrer. La tête enfouie dans l’oreiller, il grommela quelques propos incompréhensibles, et pris le parti de se rendormir. Après tout, qui pouvait bien l’appeler un dimanche matin ?

Qui que ce soit, il attendrait son réveil, disons, vers midi ? Ce serait déjà un exploit.

« Dimanche matin… ? »

Simon souleva brusquement la tête et se tourna vers son radio réveil. Lundi 06 juin. LUNDI bon Dieu ! Pas dimanche… Le week-end était bel et bien terminé et à en juger par l’heure, il ne lui restait plus qu’un petit quart d’heure pour être à l’heure au lycée, ou tout du moins avec un retard raisonnable, et une bonne excuse. Une grand-mère malade ? Un cousin débarquéà la dernière minute ? Une sœur enfermée à double tour dans la salle de bain ? Les mauvaises idées se bousculaient dans sa tête alors qu’il tentait vainement d’enfiler ses vêtements tout en rassemblant ses affaires pour la journée.

« Math, histoire géo, anglais… »

Il manqua de trébucher sur son lit alors qu’il tentait d’enfiler son pantalon d’une main et d’attraper son livre de cours de l’autre. Son genou heurta l’angle du bureau et lui arracha un cri sourd. Il fit quelque pas en boitillant tout en se répétant à lui même :

« Journée de merde ! Journée de merde ! Journée de merde ! »

En bas de l’escalier, sa mère, alertée par le remue ménage, venait déjà aux nouvelles :

« Mais qu’est ce qu’il y a là haut ? Simon ? C’est encore le chat qui t’ennuie ? »

Mais le chat n’y était pour rien. Ernest, gisait de tout son long sur le seuil de la porte de sa chambre, attendant patiemment que le maitre des lieux daigne sortir, l’esprit embrumé et la démarche peu assurée, pour qu’il puisse tout le long du chemin qui le mènerait à la salle de bain, se frotter à ses jambes tout en ronronnant. Au lieu de cela, Simon ouvrit la porte en grand, ce qui fit bondir Ernest, trébucher Simon et crier sa mère.

« Simon ! »

« Tout va bien maman, tout va bien » répondit-il dans un souffle pendant qu’ils descendait les escaliers quatre à quatre.

« Tu n’oublies pas … » sa mère n’eut pas le temps de finir sa phrase que déjà Simon avait claqué la porte de la maison et s’était engouffrée dans la rue. Il couru tout le long de la rue Auguste Comte et pris sur la droite sur l’avenue de la République. Il était déjà 9h… Simon s’adossa a l’abri bus, il ruisselait. Il faisait une chaleur a crever. C’était les premiers jours de juin, les dernières semaines de cours avant les examens et les vacances chez son père. Le bus arriva après quelques minutes d’attente, Simon monta et s’affala dans le première siège venu.

Une vieille dame, son panier de courses a la main le regardait amusée. Il lui renvoya son sourire : “Foutue journée hein ?”.

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