Un couloir sombre, la nuit.

C’est effrayant un couloir sombre la nuit. Comme on y voit pas à deux mètres devant soi, on se pose forcément la question de savoir ce qu’il pourrait bien y avoir au fond du couloir, tapis dans l’obscurité. Que tout cela soit rationnel ou pas importe peu. Le fait est que vous ne voyez rien, et qu’à défaut de pouvoir faire confiance à vos yeux, il faut accepter que l’imagination prenne le relais. Chacun y verra son propre croquemitaine, jusqu’à ce que la main qui depuis tout ce temps tâtonne à la recherche de l’interrupteur finisse par trouver la lumière et rétablisse la réalité.

Pour Simon, le croquemitaine avait un masque poli en fer blanc et une longue cape noire qui lui recouvrait le corps, des pieds à la tête. C’est toujours ainsi qu’il s’était représenté la forme la plus effrayante des monstres qui hantaient ses cauchemars, toujours l’image qu’il gardait en mémoire lorsque, ruisselant de sueur, il se réveillait en pleine nuit après un horrible cauchemar. Mais Simon n’eut pas la chance de pouvoir souffler en rallumant la lumière. Au fond du couloir se tenait une silhouette immobile vêtue d’un masque poli en fer blanc et d’une longue cape noire qui lui recouvrait le corps des pieds à la tête. L’espace d’un instant, le souffle court, Simon fut incapable de bouger. Il avait beau se répéter que tout cela ne pouvait pas être réel, l’évidence était là, devant ses yeux, à quelques mètres de lui.

L’homme fit un pas et s’avança vers Simon ce qui eut l’effet sur lui d’un électrochoc. Il fit un pas en arrière sans pouvoir détacher le regard de la forme qui avançait, ses mains cherchant frénétiquement la poignée de la porte du bureau. L’homme continuait d’avancer sans un bruit lorsque Simon trouva enfin la poignée et l’actionna énergiquement. Instinctivement, il éteignit la lumière comme si ce simple geste allait tout effacer, et l’espace d’un instant il parvint même à s’en persuader. Il s’arrêta au milieu de la pièce, se retourna, à l’affut du moindre bruit. Pas un son, rien. Il fit un pas, puis un autre et se figea lorsqu’il vit la poignée s’enclencher. Et puis, plus rien. Il resta figé un long moment, fit un premier pas, posa délicatement la main sur la poignée de la porte avant de se raviser. Puis, d’un geste il ouvrit la porte, révélant un long couloir vide, et aucune trace de quelque inconnu que ce soit.

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