Un orage

Il faut être seul les soirs d’orage, ou partager la complicité d’un silence nécessaire. L’orchestre ne se livre qu’à ce prix. Une goutte puis une autre, puis dix, puis cent, puis mille, et des millions dans une cacophonie implacable et onduleuse. Le bataillon avance en ordre dispersé, déchiré par intermittence d’un large éclair blanc. On compte : un, deux, trois, quatre. Un peu plus d’un kilomètre.

Je suis seul derrière ce rideau de pluie. Sur le balcon d’en face, on chante. Il est tard.

Plus loin, un homme court. Il se protège comme il peut. S’abriter ? Oui, mais pour combien de temps ? Courir ? Prendre les premières gouttes et se faire à cette étrange impression.

Je suis isolé de tous, sauf de mes souvenirs. Il pleut.

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