Ce que vous n’avez probablement jamais remarqué dans House of Cards

Francis Underwood règne en maître dans le jeu de la manipulation. Mais vous n’avez sans doute pas remarqué par quoi il est lui-même l’objet …

Voici un court montage de séquences qui montre les principaux personnages dans la série.
L’intrigue si brillamment menée est pourvue de détails auxquels nous ne faisons pas attention mais qui font pourtant partie de son succès. Et ces petites choses font partie intégrante de nos vies, sans qu’on y prête la moindre attention :

Nous ne parlons pas des placements de produits dans la séquence, mais bien de la danse des doigts sur les écrans tactiles qui nous environnent tous.

Nous savons qu’il y a un service de psychologie de l’utilisateur, des éthiciens du design chez les GAFA (géants du web) : autrement dit des spécialistes de nos comportements face aux écrans et aux interfaces.

Les services proposés à l’utilisateur sont pensés de façon à ce que toutes ses actions soient intuitives. Générer des conséquences à chaque fois que l’utilisateur pose son doigt sur l’écran, lui apporter une gratification, une surprise, une réponse, un service, etc.

C’est par toute cette structure mentale et psychologique élaborée en amont que se pensent nos usages digitaux.
Un danger souligné par l’un de ses acteurs qui dénonce le temps passé (perdu?) des utilisateurs sur des applications addictives : Well Time Spent.

Mais au-delà de ces nouveaux comportements, notre naïveté n’a de profondeur que lorsque l’usage nous paraît utile et incontournable à nos vies.
Notre fidélité aux portables repose aujourd’hui exclusivement sur le fait que l’on gagne du temps pour contacter, informer, être informé, être contacté.

Le lien ?
Le doigt, la main, la peau.

Avez-vous observé sérieusement le mouvement de votre main sur le trackpad ?
Benjamin Grosser l’a fait pour vous :

Notre rapport au tactile est on ne peut plus sensuel !

Nous caressons les surfaces lisses et tièdes, nous tapotons doucement pour faire une action.
Voyez donc quelle expérience nous préférons des interfaces :

  • les plus jeunes tapotent frénétiquement : ce sont les services de chat, de messagerie, les jeux, ils sont friands des boutons, des surprises et n’ont pas d’hésitation à chercher.
  • les plus âgés optent pour davantage de douceur et de circonspection : ils vont utiliser le bout du doigt pour taper un message et l’envoyer, jouer avec les surfaces et laisser leurs doigts glisser doucement pendant qu’ils lisent, qu’ils regardent des images et des photos, n’osant pas toujours se plonger totalement dans l’interface.

D’ores et déjà, ce rapport physique avec une application ou une interface détermine l’usage que vous en aurez et de la culture digitale que vous avez déjà acquise.

Pourquoi nos mains bougent-elles ainsi ?

Regardez l’extrait de House of Cards : les différences entre hommes et femmes, entre les générations, les statuts.
Leur façon de toucher la technologie n’est pas un jeu d’acteur.
C’est le vôtre, le nôtre.

Lorsque chaque interface propose des actions que nous sommes amenés à répéter dans nos usages réguliers, s’installe aussi un comportement inhérent à celle-ci.
Nous faisons des choses sur Facebook, que nous ne faisons pas sur un site d’actualité, un site d’e-commerce, ou un blog, ou un jeu…
Notre implication en faveur d’une interface est intimement liée à notre façon de toucher l’écran, mais également à notre culture de la technologie et par conséquent à nous-mêmes (âge, sexe, intérêts, profession, statut, etc).

Il en va de la même logique pour le choix d’une marque de téléphone qui ne propose pas le même cheminement de pensée (de navigation et d’usage) pour agir dessus.
Chaque interface a sa propre réalité, et génère un mouvement bien particulier, avec lequel nous sommes plus ou moins à l’aise : intimes.

Le plus frappant dans House of Cards, c’est de constater qu’au-delà de l’intelligence de l’intrigue, finalement l’histoire se déroule au milieu d’écrans.
La technologie y est omniprésente !

Comprenons bien qu’il s’agit aussi d’un des ingrédients culturels du succès de la série : en effet miroir de nos propres usages quotidiens, une intimité se crée également avec notre propre identification de nos usages technologiques.

Underwood (l’homme derrière l’acteur) ne joue pas un rôle quand il est dans l’usage de son téléphone ou de sa tablette : il agit comme l’application lui dit d’agir…

La culture du logiciel fait aussi l’Histoire de la Sillicon Valley, mise en scène dans nos séries préférées.

Suivez Owdin.live.