Paris’ diary

Dan, étudiant hollandais, débarque littéralement dans la capitale française pour ses études. Il arpente Paris sans vraiment savoir où il met les pieds. Baroudeur libre aux talents de dessinateur (découvrez d’ailleurs une esquisse d’un de ses autoportraits), errant dans les rues avec son skate et son sac à dos, il profite égoïstement des plaisirs. Cependant, il a une grande particularité : celle de voir le passé des lieux et leurs fantômes. A travers ses péripéties parisiennes, il nous transporte ainsi dans le temps, nous faisant découvrir et redécouvrir les petits lieux inévitables de la capitale française et leur histoire.
Autoportrait by Dan ©ParisDiary

La maison des artistes

A la sortie de la gare, je demandai à un taxi de m’emmener au cœur de Paris. D’un anglais fortement marqué par son accent français, il me proposa de m’emmener au Marais. Enthousiaste, je suivis son conseil ; et ainsi démarra le voyage à travers le dédale des bouchons parisiens. Je me sentais déboussolé face à tant de voitures, étant habitué aux vélos d’Amsterdam. Un marais à Paris… Je n’en avais point entendu parler auparavant, mais l’idée me tentait bien. Je n’avais pas pensé qu’un petit bout de nature sauvage avait été épargné au milieu de la métropole. « It iz hir. Seurti five euros. ».

Je ne compris pas immédiatement ce que le chauffeur essayait de me transmettre. Puis je finis par saisir qu’il me disait être arrivé à destination, mais je ne voyais aucun zeste de végétation aux alentours, seulement des voitures, la foule et les magasins. Face à mon incompréhension, le conducteur m’expliqua que « le Marais » est tout simplement le nom du quartier. Perplexe, je lui laissai les trente-cinq euros demandés et me retrouvai sur le trottoir humide. Je n’avais pas remarqué la pluie, qui me déconcentrait dans mon observation des lieux. Je décidai de me réfugier dans le premier lieu qui s’ouvrait à moi.

A l’intérieur, je pris le temps d’observer les lieux. Je me sentais tout étourdi par les fumées de cigarettes qui embrumaient les moindres recoins. Je me retrouvais face à trois hommes et une femme, qui me dévisageaient, sans se détourner de leur conversation. Ils me mettaient mal à l’aise, aussi je décidai de m’enfoncer dans le lieu. L’un d’entre eux émettait une petite mélodie sur un piano couvert de dessins, de graffitis et divers petits mots qui accapara

59 rue de Rivoli ©Paris’ Diary

mon attention, mais je me retins de jouer à mon tour. Me tournant vers l’escalier, je compris immédiatement où j’étais; je venais de pénétrer dans un squat d’artistes. Je me sentais submergé par l’art. Des messages du sol au plafond, sur l’amour, sur Paris, sur le sens de la vie, des messages partout, accompagnés dans leur danse par des dessins étranges, des petits chefs-d’œuvre, des caricatures… J’avais l’impression de mettre le pied dans un univers lointain, de me couper du monde. Cette sensation me donnait le tournis, et je me sentis tomber au sol.

Lorsque je repris mes esprits, je fus surpris de ne pas reconnaître les lieux. Je me relevai et m’adossai au mur, les mains sur les tempes. J’avais l’impression que tout résonnait dans ma tête. Je tentai tant bien que mal d’inspecter les lieux, plissant excessivement les yeux. Le sol était étrangement recouvert de déchets et de seringues cassées. Le piano était toujours là, mais sans musicien, sans décors. Il faisait sombre et frais. Le lieu avait l’air abandonné, et l’atmosphère me devenait vite pesante, lorsque je me rendis compte que je n’étais pas seul. J’entendis des personnes discuter et descendre joyeusement les escaliers. Je n’eus pas le temps de me cacher et me retrouvai face à eux. Ceux-ci, cigarette en bouche, m’observèrent et me demandèrent qui je suis, à peine déconcertés de me découvrir dans leurs locaux. Tout en me présentant, je les observais attentivement. L’un d’entre eux était chauve, malgré son jeune âge, tandis que l’autre portait un béret, image parfaite du Français que je me faisais avant d’entamer mon voyage. Tous deux se cachaient derrière une barbe imposante, et présentaient des vêtements tâchés, troués, brûlés par les cendres de leurs cigarettes. Ils me rappellaient vaguement les artistes que j’avais aperçus plus tôt à l’entrée du bâtiment.

Ces deux jeunes se présentèrent à leur tour, respectivement Mike et Thomas. Ils m’expliquèrent qu’ils étaient des artistes en herbe à la recherche de locaux pour développer leur atelier. C’est en menant leurs investigations dans les rues parisiennes qu’ils ont découvert cet immeuble délabré, laissé à l’abandon. « ‘Y a des shootés qui sont passés par là, r’garde ces s’ringues partout, des vrais camés, commenta Mike, caressant son crâne nu.

- C’pour ça qu’on fait l’ménage, on va installer nos ateliers ici, complèta Thomas. Ca t’dit d’nous donner un coup d’main ? Y a des meubles à monter, et t’as l’air bien baraque mon pote. »

N’ayant rien de prévu pour la journée, j’acceptai de les aider, en profitant pour créer mes premiers contacts dans la capitale. D’un coup d’œil par la fenêtre, je me rendis compte que même Paris n’était plus la même. J’avais l’impression d’avoir réalisé un saut dans le temps, d’être retourné dans le passé. Pas un passé lointain, car la ville avait tout de même l’air d’être assez bien développée. Mais les voitures paraissaient tellement vieilles ! Avec des formes rectangulaires, des couleurs pâles, et beaucoup moins nombreuses. Sans parler de la mode… J’expliquai à mon nouvel ami sans cheveux le malaise qui m’était arrivé plus tôt, et lui demande de me rappeler la date d’aujourd’hui. « Ben on est le 30 octobre 1999 ! ». Il me regarda d’un air soupçonneux, avant d’ajouter « t’es sûr que c’est pas toi qui t’es piqué, en bas ? T’as l’air à l’ouest mon pote ».

Je fis comme si je n’avais pas entendu. J’avais l’impression de vivre un film de science-fiction. 1999 ? Je devais être en train de rêver… Je me pinçai même le bras pour m’en assurer, mais je me ressaisis sous la douleur. Je n’hallucinais pas. Par quel miracle aurais-je pu retourner dans le passé !? Désorienté, je continuais de déplacer les meubles avec mes nouveaux amis. Plus je les observais, mieux je comprenais cette impression de déjà-vu. Une vingtaine d’années plus tard, c’était bien eux qui résidaient encore dans ces locaux. C’était bien Mike que j’avais aperçu derrière le comptoir. C’était bien Thomas que j’avais vu jouer soigneusement sur le piano, ce même-piano actuellement encore vierge en bas des escaliers.

« Eh mon pote, ça t’dit d’venir à une soirée c’soir avec nous ? me proposa Mike. Une p’tite boîte de la night sympa, bien cotée ». Surpris de cette proposition soudaine, j’acceptai l’invitation. Je ressentais une joie secrète et profonde à l’idée de passer une soirée dans une fête qui a eu lieu dans le passé. C’était une occasion de vérifier les propos des parents critiquant la façon des jeunes de faire la fête, répliquant sans arrêt “c’était mieux à notre époque”.

Cela dit, enfoncé dans mon canapé à fumer avec mes congénères, je me laissais emporter par mes réflexions. J’étais retourné dans le passé. Cela signifiait-il que j’avais été présent à l’époque ? Que dans le passé, j’étais venu du futur, alors que pour moi j’étais dans le passé ? Etait-il possible que je fasse un saut dans le futur ? Si c’était le cas, dans le futur, je serai un personnage surgi du passé ? Toutes ces questions s’entremêlaient dans ma tête, et je me sentais étourdi. La sensation étrange qui m’avait frappé plus tôt semblait vouloir me rattraper et me replonger dans le présent. Ou dans le futur, je ne savais plus comment considérer le temps. Lorsque je me ressaisis, j’étais toujours assis dans le même fauteuil. Mais je fus tiré de ma somnolence par un brouhaha continu.

J’étais revenu dans le présent, et je retrouvais en face de moi un homme au crâne et à la barbe rasés. Mike. Mike vieilli. C’était bien lui. Voyant mon air déconcerté, celui-ci se mit à rire, cigarette à la main. « Tu devrais voir ta tête, mec, t’as l’air paumé ! On t’a r’trouvé par terre en bas ». Il me tendit une cannette de bière, que je m’empressai de vider d’une traite. Amusé, Mike prit son temps pour discuter avec moi, ne me reconnaissant visiblement pas. Mais je ne dis rien, de peur d’être pris pour un fou. Il me proposa de nouveau de l’accompagner à une soirée dans la capitale, proposition reçue évidemment sans refus.


Le Rex Club

Je suivais mes nouveaux amis Mike et Thomas lors de cette soirée agréable. Je ne comprenais pas l’ensemble de leurs échanges, mais ils avaient l’air amusés et heureux. Nous étions arrivés face à l’imposant bâtiment avec

Rex Club ©Piotr http://delightedblog.com

l’enseigne rouge « REX CLUB », lorsque j’aperçus un étrange personnage. Il se démarquait de la foule par son style sombre, fermé et sa solitude, et me fit signe de venir vers lui. Je regardais alors autour de moi et, paniqué, je vis les formes s’agiter encore, devenir floues et sentais ma conscience s’évanouir lentement. Je compris alors, non sans crainte, que j’étais en train de reproduire cet étrange évanouissement qui m’avait transporté plutôt dans l’histoire de Paris.

Par terre, assis en tailleur, je vomis. Je fus dérangé dans mon malaise par le fantôme, si je puis l’appeler ainsi, aperçu plus tôt, qui posa lourdement sa main sur mon épaule. « Ben alors mon pote ! On n’a pas supporté ? » se moqua-t-il. Il m’invita à le suivre rapidement. On descendit les escaliers de la boîte de nuit, qui se situait d’ailleurs sous un cinéma qu’on me disait célèbre, et on arriva dans une salle vide. C’était ici aussi un désordre déconcertant; je remarquais les néons de couleurs, des miroirs un peu kitch, les banquettes de velours rouge qui me faisaient doucement sourire. Ma tête tournait encore un peu, certainement l’effet de la drogue que Mike m’avait fournie plus tôt.

Un homme se tenait au fond, à côté de la salle des platines. Je reconnus immédiatement le grand DJ Laurent Garnier, mais il avait l’air tellement rajeuni, voire même juvénile! D’ailleurs, celui-ci paraissait légèrement énervé. En effet, le patron du cinéma ne voulait pas que “les jeunes fêtards anarchistes”, en reprenant ses mots, fassent une soirée électro ce soir, étrange. Mais les jeunes rebelles avaient l’air plutôt bien décidés à mener leur soirée à bien et à en profiter au maximum.

J’étais paumé, surtout que Mike et Thomas n’étaient plus à mes côtés. Les personnes présentes tentaient de m’inclure à leur organisation et pensaient me connaître, que je faisais partie de l’équipe. Je leur demandai quelques explications pour tenter de mieux m’intégrer. Mais les deux hommes me regardaient, choqués de mon ignorance, pensant que pour travailler avec eux je devais être déjà au courant de tout. Ils se mirent à douter de moi, de mon identité, et je commençai à stresser et à redouter leur réaction s’ils apprenaient la vérité sur mon imposture. Pris de peur mais excité à l’idée de participer à cette soirée, je décidai de mentir effrontément, et de me faire passer au mieux pour la personne qu’ils attendaient.

Finalement, gentiment, ils m’expliquèrent en détails les enjeux qu’ils défendaient, une liberté de penser et un art de vivre ensemble à travers cette nouvelle musique, une mixité sociale unie. J’étais porté par cette cause et je décidais de participer pleinement, oubliant presque que je n’étais pas de leur époque, et persuadé que ce moment était certainement une hallucination.

DJ et patron Dan ©Paris’ Diary

La soirée commençait à s’organiser, j’aidais à monter le système son, Laurent commençait à lancer sa musique. Nous étions emportés par l’euphorie générale et finalement, tout était prêt.

Les gens arrivèrent et la soirée commença à prendre son cour. L’ambiance atteignait son excellence, avec un léger sentiment d’illégalité, de rébellion et de fusion d’une nouvelle jeunesse rejetant l’exemple passé. J’étais véritablement transporté, et je dansais, euphorique comme je ne l’avais jamais été. Tout le monde dansait sur le même rythme, transportés, Noirs, Blancs, hommes, femmes, homosexuels, hétérosexuels, et c’était passionnant d’assister aux balbutiements de cette nouvelle tendance. Les drogues circulaient à foison. Je riais aux éclats, et Laurent Garnier semblait presque en transe, alors qu’il mixait depuis déjà trois heures. Je sentis brusquement un besoin de voir mes nouveaux amis, désormais investigateurs et organisateurs pour les remercier de m’avoir permis de participer à la soirée. J’en profitais pour leur demander une cigarette.

Je traversais difficilement la foule endiablée pour me rendre au fumoir. Beaucoup de personnes se tenaient dans cette minuscule pièce et la fumée y devenait insupportable. Petit à petit, elle se mit à envahir mes yeux, à me picoter allègrement, je sombrais dans un noir troublant et toutes les personnes autour de moi avaient disparues. Je sentais à nouveau ce tourbillon cérébral qui commençait à m’être familier et je tombai. Quand j’ouvris les yeux, j’étais assis par terre dans le fumoir, mais, vu les vêtements et les smartphones que j’apercevais, il s’agissait bien du fumoir du futur. Ou du présent, j’étais désormais désorienté et ne savais plus à quelle époque j’appartenais. Je souriais, finalement rassuré, et, plus motivé que jamais, je reprenais ma soirée de plus belle, pensant aux personnes merveilleuses que j’avais pu rencontrer, quelle que soit l’époque.


Chez Jacquemart André

La soirée se finit au levé du soleil. Seul, n’ayant nulle part où aller et abandonné par mes amis, j’errais dans Paris. Je marchais le long du boulevard Haussman quand je décidai de me rassasier et de dormir dans un coin discret. J’entrais dans une cour d’immeuble au hasard, mais fus surpris par cette vision. En effet, j’avais devant moi une grande maison, datant, au

Musée Jacquemart André © C.Recoura http://www.venezetvoyez.fr

vu de son architecture, du dix-neuvième siècle. Je m’aperçus tardivement qu’il s’agissait en fait d’un musée. J’observais attentivement les lieux, zieutant à travers les vitres. Un musée proposant un service restaurant ! J’étais sauvé, d’autant plus qu’il venait d’ouvrir ses portes pour la journée. Je traversais la grande cour pour pénétrer dans la demeure et rejoignis prestement le restaurant. Je m’installai à une table pour m’offrir un brunch que je méritais bien après ces péripéties. J’étais fatigué par le voyage et par ces folles aventures, de ces soirées et surtout de ces visions.

La serveuse arriva et me servit mon assiette. Le lieu était éblouissant et lumineux, avec ses murs blancs finement sculptés. De grands tableaux ornaient les pièces et venaient soutenir le rouge vif de la moquette et des chaises, d’une douceur infinie. Un imposant et ancien luminaire était suspendu au centre de la grande pièce, haute de plafond et donnant une impression de liberté et d’espace.

Nélie Jacquemart-André by Dan ©Paris’ Diary

Distrait, je fis tomber ma fourchette. Je me baissai naturellement pour la ramasser, mais en me relevant, la table n’était plus là et une femme inconnue se tenait devant moi, les bras croisés sur la poitrine, habillée d’une robe second empire. « Nélie ! Nous avons un nouveau serviteur ? » Une autre femme arriva, belle et élégante. Elle semblait étonnée de me voir. Alors, pour éviter tout quiproquo, je pris les devant, sachant qu’il s’agissait d’une autre de mes pertes de conscience. Je lui expliquai qu’effectivement, je venais en temps que serviteur. Je commençais à me prendre progressivement aux jeux de rôles, avec toutes ces mésaventures. Elle m’invita alors à la suivre et m’amena dans une pièce voisine, exposant des dizaines d’œuvres d’art, venant de toutes régions du monde. J’étais subjugué et très étonné de voir tant de cultures diverses réunies dans une même pièce, elle-même située à l’intérieur d’une demeure habitée de la capitale française. La prénommée Nélie me demanda de les répartir dans la maison à la façon d’un musée, avec l’aide d’autres serviteurs. Alors, je m’y appliquais et mémorisais soigneusement toutes les œuvres que j’avais l’honneur de toucher. Chaque toile et chaque objet que j’avais la chance dans mes mains avait une valeur inestimable. Des petites sculptures égyptiennes, des porcelaines japonaises, puis à mon fort étonnement, un magnifique Botticelli. Il était question, si j’avais bien compris son ancien français, d’une œuvre achetée par Nélie Jacquemart-André à Florence; il s’agissait de la fameuse Vierge à l’enfant. Cette œuvre somptueuse aux couleurs dorées et aux visages apaisants était profondément hypnotisante. Puis je découvris une autre œuvre de l’artiste, La fuite en Egypte. Merveilleux je ne pouvais me lasser de ce travail éphémère aux milles merveilles.

Au soir, Nélie nous offrait le repas, ce qui ne pouvait que me réjouir. Elle s’assit à mes côtés et nous commencions à discuter. Amusée par notre conversation plutôt loufoque, compte tenu de mes références futuristes, elle m’invita dans son salon personnel, et me raconta alors toute son histoire. Comment elle et son époux étaient si aisés, sa passion pour l’art, les voyages qu’ils avaient pu effectuer au cour de leur vie, jusqu’à la mort de son pauvre mari, et sa volonté de faire vivre et partager leur rêve à travers cette maison et musée. Elle me fit une visite de la maison et me montra même son atelier. Celui-ci se montra d’une beauté incomparable, avec la verrière, les pièces toutes différentes et somptueuses. Une envie de vivre éternellement en ces lieux s’éveilla en moi. J’étais on ne peut plus charmé, et pas seulement par le lieu. J’avais l’impression qu’elle l’était aussi. Soudainement pris de folie et euphorique, dans l’atelier, je tentai de l’embrasser. Cependant, elle se recula, choquée par mon comportement. Une bonne passant par là nous avait aperçus et un scandale commença.

Une crise éclata dans la maison et j’essayais tant bien que mal de me faire pardonner pour mon comportement déplacé. Je lui expliquais tout, mes origines, pourquoi j’étais ici, mon voyage, les différents malaises et cette fois-ci je passais vraiment pour un fou. J’avais conscience que si je ne partais pas dans les minutes qui suivaient, on m’aurait enfermé dans un asile ou envoyé en prison. Alors je me mis à courir, sautai par la fenêtre, m’enfuyant dans les rues. Je m’enfonçai dans des ruelles étroites, poussé par mon instinct, qui me fit atterrir chez un horloger. Il enfonça son regard dans le mien, et, indifférent, m’annonça: « C’est l’heure. »

Un sombre tourbillon de pensées m’envahit, et je me retrouvai allongé sur un banc du boulevard Haussman, mon skate et du vomis à ses pieds. Il était 15h et une journée était passée. Je soupirai, et vérifiai avec hâte si mes affaires étaient toujours en ma possession. A mon grand soulagement, c’était le cas, et, exténué, je décidai de rentrer dans mon pays. Paris m’avait épuisé.