Productivité: Le syndrome de la page blanche, version entrepreneur
La première des raisons qui nous empêche de réussir nos projets, et qui vient nourrir toutes les autres.
Le noir complet : l’action nous portera
Tout est parti d’une discussion animée. Le sujet? La peur de l’inconnu.
Confronté à quelque chose que nous n’avons pas l’habitude de faire, nous avons tendance à tomber dans une sorte de paralysie intellectualisée, à tergiverser en ressassant les “bonnes fausses” raisons, et à stagner.
A dire vrai, cet article n’est pas seulement pour les entrepreneurs: il est également pour les étudiants, salariés, toute personne qui aurait besoin, à un moment donné, d’être convaincue de la chose suivante: qu’il vaut toujours mieux faire quelque chose, même dans le noir complet.

Face à l’inconnu, j’aurais dû agir
Je vous parlais du syndrome de la page blanche: vous savez, cet état par lequel passe tout personne dans un processus d’écriture. Vous êtes face à votre feuille/écran, et rien ne sort. Mais alors, rien. Chacun de nous a déjà été dans ce cas.
Il y a un conseil que l’on donne à toute personne bloquée dans un processus d’écriture: “Ecris une ligne. N’importe quoi”.
Mais pourquoi nous conseiller d’écrire n’importe quoi (du moment que cela ait un lien avec notre projet initial)?
- D’abord parce qu’il est toujours plus facile de corriger et améliorer quelque chose de tangible et matérialisé, que quelque chose qu’on a gardé dans notre tête, qui reste informe, flou. Le fait de matérialiser sa pensée rend son appropriation et son amélioration bien plus facile que si l’on gardait cette dernière dans notre tête.
- A l’instar de tous les créatifs qui parlent du processus de créativité, il faut être capable de pondre n’importe quoi. A l’image de ces brainstormings où l’on vous dit qu’il n’y a pas de mauvaise idée: l’idée, c’est de créer des effets de rebond, en partant d’une idée sur laquelle il est possible de faire écho. Les mauvaises idées font donc office de support de rebond: il est toujours plus facile de trouver une idée meilleure ou différente d’une mauvaise idée que de trouver quelque chose à partir de rien.

- Enfin parce que toute idée suit un processus de retouches: si vous regardez bien toute activité dans votre vie, tout projet, cela a toujours commencé par une graine initiale, que vous êtes venue retoucher au fur et à mesure.
- Vous avez commencé un sport? Souvenez-vous de vos débuts, de vos premiers gestes, et regardez où vous en êtes à présent.
- Vous avez organisé un voyage? Rappelez-vous que tout cela est partie d’une envie simple: s’évader, visiter ce pays. Le programme qui en a découlé est
- Vous avez commencé un projet professionnel? Souvenez-vous de votre idée initiale, et regardez comme elle a changé.
Vous voyez le “pattern”? Si je vous demande d’écrire un livre maintenant, vous allez être paralysé. Si je vous demande d’écrire 1 ligne, là maintenant, d’un coup, cela devient digestible. Et vous allez réaliser que quand vous serez dans l’engrenage de l’action, vous serez lancé et que vous aurez envie de continuer, jusqu’à un certain point. Et vous recommencerez un autre jour.
Et dans notre vie personnelle et professionnelle, ça se traduit comment?
Vis, va et deviens
Prendre action, c’est faire avancer le “schmilblick”. En définitive, qu’importe si le pas suivant vous emmène dans un endroit qui vous parait toujours aussi brumeux: vous avancez, et cela s’éclaircira à un moment donné, c’est certain. L’idée centrale, c’est d’être plus à l’aise avec l’incertain et l’inconnu. Un peu plus chaque jour. Précisément en faisant quelque chose.
- Vous ne savez pas quoi faire? Tapez votre action sur Google. Créez un truc: une image, un début de site, un truc par écrit.
Un exemple tiré de ma vie? Au début de Slash, je ne savais pas par quoi commencer. J’ai décidé de faire très simple: j’ai fait un site sur Squarespace, j’ai écrit Slash. J’ai mis ensuite ma photo, un descriptif. J’ai fait une page évènement. La page évènement m’a donné l’idée de faire un meetup. J’ai crée un meetup. J’ai fait un évènement. Puis un deuxième. Qui m’a amené mon 1er client.
- Vous êtes bloqué? Ecrivez un article de 2 minutes résumant les premières pensées qui vous viennent quant à ce questionnement/projet.
Un autre exemple tiré de ma vie? Je n’arrivais pas à pitcher clairement Slash. Alors j’ai fait un petit article de 2 min en essayant de l’expliquer. Puis j’ai fait relire ça à ma copine, et on a ajouté des trucs. Puis j’ai re-corrigé. J’ai fait relire à un autre ami. Même process. Et ainsi de suite. A la fin, j’avais un article clair qui expliquait ma vision, et j’avais enfin un pitch de 10 secondes qui expliquait mon projet. Jamais je n’aurais réussi à atteindre ce résultat si j’avais décidé de réfléchir à un pitch de 10 secondes dans ma tête.
- Vous avez peur? Rencontrez des gens qui sont pertinents, qui sont déjà passés par là, et posez-leur des questions.
Rappelez-vous d’un truc: les gens sont déjà passés par là. Alors, autant leur demander. Vous n’allez pas forcément faire exactement ce qu’ils ont fait. Mais encore une fois, ça va résonner avec votre réflexion. Ca va vous permettre d’élaguer, d’éliminer, de copier.
Un exemple récent: je ne savais pas comment devenir life coach. Ca parait évident, mais du coup je suis allé voir des coachs. J’en n’avais pas dans mon réseau? J’ai demandé à mon réseau, s’ils en connaissaient. Parfois, on est juste à un pas, à un noeud de relation de ce que l’on cherche, mais on a tendance à s’arrêter à l’inventaire brut de nos assets
Toutes ces solutions paraissent évidentes, sur le plan de la conception intellectuelle, mais c’est avoir le réflexe de faire ça quand on est face à cette situation qui est vital: à chaque fois que vous flippez, à chaque fois que vous ne savez pas quoi faire, faites un de ces 3 trucs: créez un truc à l’arrachée, écrivez un article de 2 min, rencontrez quelqu’un et posez des questions.
Agir, agir, agir
Ce process est toujours très contre-intuitif au départ. Notre peur de mal faire nous paralyse, on commence dès lors à faire l’autruche et à trouver des arguments qui n’ont pas de fondement réel autre que notre irrationalité, et quand on ose, enfin, on réalise qu’on aurait dû commencer bien avant. Un genre d’éternel recommencement, un mauvais film que l’on re-visionne à chaque fois mais qui ne nous empêche pas de le revoir une fois de plus.
Résumons: toute première action vous fait rentrer ensuite dans un cercle vertueux — une sorte d’arborescence — qui vous amène rencontres, nouvelles pistes de réflexions et opportunités.

C’est seulement lorsqu’on est dans ce cercle vertueux qu’on se rend compte alors qu’on aurait dû commencer il y a longtemps.
Le fin mot de l’histoire est simple: la raison #1 qui nous ralentit, qui nous empêche de réussir, est souvent le manque d’action à un moment donné, pour des raisons plus ou moins vables. Et qu’on a tout à gagner à balayer toutes ces raisons, et faire les choses, quitte à se tromper, pour créer de nouvelles opportunités d’améliorer ce qui a été commencé.
