Deux mois d’aventure avec ma TiZYX EVY

Présentation et contexte

J’ai décidé de passer quelques heures à écrire mon retour d’expérience sur l’imprimante TiZYX EVY. Pour donner un peu le contexte, je suis dans l’impression 3D depuis plus de 3 ans. J’ai commencé avec une FlashForge qui a rendu l’âme, puis une Ultimaker 3 et je cherchais une seconde imprimante pour optimiser mes délais de production. Mon cahier des charges était plutôt simple : pas trop chère, multifonctions (pouvoir remplacer la buse par un Cutter, laser, ou peu importe) et surtout européenne (mon expérience FlashForge a eu raison de ma patience) voire française. Oui, soyons un peu patriotes…

Je ne vais évidemment pas comparer mon Ultimaker 3 à 3600€ et ma EVY à 499€. Les imprimantes ne sont évidemment pas dans la même gamme… Encore que suivant les besoins… Ça peut se discuter 😉

Montage

La livraison a pris quelques jours, je récupère mon colis et première tâche : montage. C’est ma première imprimante à monter moi-même. Je commence à être débrouillard et je me dis « pourquoi ne pas tenter l’expérience ». Voici à quoi ressemble la bête :

Déballage

L’imprimante est imprimée en PLA et PET suivant les pièces. La qualité est plutôt bonne et j’aime l’idée d’avoir une imprimante imprimée — #skynet. TiZYX fournit la documentation au format « slide ». Elle est sincèrement très claire. Les câbles ont un code couleur et je pense qu’en lisant correctement (RTFM ??) il est quasi impossible de faire une erreur de montage. Le montage m’a pris environ 6 heures avec les premiers tests. C’est long, mais le fait d’avoir monté mon imprimante est :

1. Très valorisant ;
2. Permets de mieux comprendre le fonctionnement d’une imprimante ;
3. Me permettra de la réparer moi-même en cas de soucis.

Voici d’autres images du montage :

Début de montage
Fin de montage

Et pour finir à côté de sa grande sœur :

Mes deux imprimantes côte à côte

Il y a quelques points à noter lors du montage de mon EVY :

1. Une pièce (l’écran) était manquante. Après un échange d’email, TiZYX me l’a envoyé chez moi sans aucuns frais et rapidement. Un peu frustrant, mais le SAV a été irréprochable ;
2. Ma carte SD était vierge. Normalement, elle doit contenir, la documentation, le firmware, le module Inkscape et des fichiers STL pour imprimer le dérouleur de filaments. TiZYX me l’a envoyé par email le jour même.

Avant impression, j’en ai profité pour mettre à jour le firmware, version 2.x à ce moment-là. Je suis aujourd’hui en 3.0.

Premières impressions

Première étape, réglez l’offset en Z pour que la buse soit correctement placée vis-à-vis du lit. Assez classique dans l’impression 3D. L’imprimante calibre Z à chaque impression, elle le fait sur chaque angle et le centre du plateau. Avant chaque impression, il faut donc attendre 2 minutes, mais vu la durée d’une impression je ne suis pas choqué.

L’imprimante dispose d’un plateau chauffant et d’un buildtak magnétique. L’adhérence est bonne. Je n’ai eu aucun souci avec un plateau à 60 degrés et du PLA.

L’imprimante dispose aussi d’un détecteur de fin de filament :

Détecteur de fin de filament

Le filament passe à l’intérieur et tant que le connecteur à l’intérieur est appuyé, l’imprimante sait que du filament est disponible, si celui-ci est vide, le connecteur est relâché et l’imprimante se met en pause. Simple et efficace.

Voici ma première impression, le logo TiZYX imprimé en 0.1 et avec la buse fournie en 0.4 :

Logo TiZYX — 0.1 avec buse 0.4

Le résultat est plutôt propre. Aucun traitement pour cet exemple. Pour comparer le résultat de l’EVY face à l’Ultimaker 3, j’ai imprimé le logo Ultimaker (hauteur 3.45cm) sans support. Avec l’Ultimaker :

Robot Ultimaker imprimé avec mon Ultimaker 3

Avec l’EVY :

Robot Ultimaker imprimé avec mon EVY

Le résultat sans post traitement est super proche. Il m’arrive même de mélanger les pièces imprimées par l’une et celles imprimées par la seconde.

Galerie d’impressions

Lorsque j’imprime des pièces, je fais généralement un gros travail de post traitement. Voici quelques images d’impressions réalisées avec l’EVY :

Épée

C’est une lame d’épée d’un peu plus d’un mètre. Les trois pièces grises sont imprimées avec l’EVY. Voici le résultat final avec quelques heures de post-traitement (ponçage, lissage, sous-couche, peinture):

Épée en version finale
Épée en version finale
Épée en version finale

La version finale mesure 1m30. Qui a dis qu’on ne pouvait pas imprimer de grands objets ?

Autre exemple, ce Tachikoma :

Tachikoma

Les pattes ont été imprimées avec l’EVY :

Jambes de Tachikoma

Vous l’aurez compris, je suis vraiment satisfait de la qualité d’impression de mon EVY. Pour compléter la galerie, voici un dernier projet plus orienté « ingénierie » cette fois-ci imprimé en 0.2 et sans le moindre post traitement :

Boitier Raspberry Pi
Boitier caméra

Outil Traceur

L’imprimante dispose d’un outil traceur très simple. Pour changer d’outil, il suffit de retirer le connecteur électrique et de faire glisser la buse et mettre le nouvel outil. L’outil traceur est simplement un « tube » où glisser un stylo ou un feutre. Il dispose d’une vis sur le côté pour bloquer le stylo. Rien de plus, rien de moins.

Mécanisme de changement d’outil

Tous les outils de l’EVY utilisent le format GCode. Celui-ci est généré par une extension InkScape développée par TiZYX. Pour avoir regardé le code de l’extension développée en Python, il s’agit d’une version modifiée du code de 305engineering disponible sur GitHub (https://github.com/305engineering/Inkscape). Voici le menu pour l’utilisateur :

Extension InkScape

L’interface est claire et parle d’elle-même. Voici un premier résultat :

Résultat du traceur

La découpe a été faite à partir du module Cutter décrit dans la prochaine section.

Outil Cutter

L’outil cutter est assez proche de l’outil traceur. La différence est la lame de cutter a la place du stylo :

Outil cutter

On ne voit pas grand-chose, mais une lame sort légèrement de l’outil (la sortie est réglable via une vis à l’arrière). J’ai réalisé des stickers avec cet outil. Pour cela j’ai utilisé des feuilles de vinyle autocollantes :

Découpe papier vinyle
Découpe papier vinyle
Découpe papier vinyle
Découpe papier vinyle

Comme vous pouvez le voir, il y a eu un petit raté que j’ai pu corriger en augmentant l’offset de Z lors du déplacement du cutter afin d’éviter qu’il ne coupe en se déplaçant entre deux points. La découpe est super propre et le rendu est nickel.

Outil Laser

Le dernier outil que j’ai pu tester est l’outil laser. À cause de la législation française sur la vente de laser, TiZYX n’est pas en mesure de fournir de laser, mais uniquement un support standard adaptable à l’imprimante auquel on peut visser un laser. J’achète donc un laser de mon côté (2.5W) et prends mon outil chez TiZYX. Pour la connectique, j’ai dû échanger avec TiZYX afin de bien comprendre comment alimenter mon laser. J’ai aussi décidé de rajouter un potentiomètre pour faire varier la puissance de celui-ci et de pouvoir le tester sans risque. Voici ma configuration finale :

Outil laser

Le laser a 3 fils :

- Le rouge sur +
- Le noir sur –
- Le blanc permet de dire si le laser est actif (0 == actif et 1 == inactif)

Voici le câblage que j’ai fait :

Câblage laser avec potentiomètre

Même principe que précédemment, GCode généré via InkScape avec l’extension de TiZYX.

Découpe laser
Découpe laser

Voici le résultat sur du papier :

Découpe laser sur papier

C’est propre. Le seul problème est que la découpe ne va pas jusqu’au bout. La cause : le laser a besoin de quelques millisecondes pour s’allumer et couper, mais l’imprimante s’est déjà déplacée. Bon point pour TiZYX, l’extension permet de régler ça et d’attendre quelques millisecondes avant de commencer à bouger. Ce qui a parfaitement résolu mon problème. Voici d’autres exemples sur du balsa 2mm (simple contour) :

Découpe laser sur balsa 2mm

Simple contour jusqu’à la découpe :

Découpe laser sur balsa 2mm

Pour finir, intérieur :

Découpe laser sur balsa 2mm

Comme vous pouvez le voir, le résultat est super propre.

Petit Mot sur le SAV

J’aimerais parler du SAV TiZYX. J’ai eu à faire à eux pour plusieurs questions : écran manquant, questions sur la connectique, type de laser à utiliser… De plus j’ai fait une bêtise et cassé les entretoises tenant le lit chauffant. Ils ont toujours été là. Ils m’ont répondu, aidé, envoyer les entretoises gratuitement, etc.

J’ai même reçu des réponses le samedi matin à 7h, c’est dire s’ils sont passionnés. Je ne sais pas exactement combien ils sont, mais un grand merci à Fred a qui j’espère offrir une bière si je le croise à un makerfaire ou si je devais me déplacer sur Lille.

J’ai eu dans le passé à faire à des terribles SAV et je peux vous dire que ça change la vie et la relation à sa passion d’avoir une équipe réactive, passionnée et disponible. Un grand merci.

Un Peu Plus de Techniques

J’ai regardé d’un peu plus près le côté électronique de la EVY. La carte mère est une MKS Base 1.5 de chez MakerBase. L’imprimante est donc une RAMPS (Reprap Arduino Mega Pololu Shield) à base d’Arduino comme son nom l’indique. Les mises à jour sont simplement des firmwares Arduino installées en série via le port USB. Le firmware est un Marlin personnalisé par TiZYX plus d’info sur Marlin ici : http://marlinfw.org/

Le positif avec ce choix c’est qu’il est possible de discuter avec l’imprimante via USB. La vitesse de communication est de 250000 bauds. Grâce à cette information, il est possible d’écouter l’imprimante, mais aussi de la contrôler. Une distribution Raspberry Pi a été créer dans ce but : OctoPi faisant tourner l’application Octoprint (https://octoprint.org/). Grâce à cette distribution, nous sommes capables de contrôler à distance notre machine.

Logo Octoprint

Voici la configuration que j’ai mise en place :

Configuration Octoprint

Cela me permet, de voir à distance via une caméra mon impression :

Capture d’écran Octoprint

Mais aussi de lancer des impressions, les interrompre en cas de drame, réaliser des timelapses, etc. Plus besoin d’aller à son bureau pour vérifier si tout ce passe bien. On peux gérer ça de son canapé.

Capture d’écran Octoprint
Capture d’écran Octoprint

Conclusion

Me voici à la conclusion de mon retour d’expérience. Je suis très content de mon EVY. Évidemment, il est compliqué de la comparer à mon Ultimaker 3 car elles ne jouent pas dans la même cour. Les deux tournent quasi en permanence. J’aurais tendance à privilégier l’Ultimaker 3 pour les objets complexes, en effet, elle a deux extrudeurs et supporte le PVA (support soluble). Certaines pièces seraient impossibles à imprimer sur mon EVY, ou le résultat serait affreux. Mais cela représente peut-être 10% de mes impressions. L’Ultimaker 3 nécessite moins d’attention, elle peut fonctionner toute seule sans que j’aie à faire attention à la première couche, etc. Un autre aspect était le fait que je ne puisse pas contrôler les impressions a distance, depuis une autre pièce ou de devoir copier mes GCode sur une carte SD, etc. Mais l’Octoprint présenté dans le chapitre précédent a résolu cette limitation a moindre coût (30€ pour le Raspberry Pi et 15€ pour la caméra).

Cependant l’EVY a des avantages sur l’Ultimaker 3, le premier, le principal : le coût, 7 fois moins cher… Elle a également le support de multiples outils : traceur, cutter et laser. Aujourd’hui je découvre seulement les possibilités de ces outils additionnels, mais j’aime les perspectives qu’ils ouvrent et j’ai beaucoup d’idées à explorer à ce niveau-là.

La dernière chose que j’aimerais évoquer en conclusion est un point négatif qui je l’espère est simplement du a la jeunesse de la société et disparaîtra très vite : il n’existe aucune communauté derrière cette imprimante. Ce n’est pas ma première imprimante 3D et je commence à maîtriser le sujet, mais je peux facilement imaginer que cela fasse peur à certains débutants. Le SAV est toujours présent et cela pallie à ce problème. Cependant, par exemple, pour l’aspect laser, il serait génial de pouvoir échanger avec d’autre utilisateur sur la configuration mise en place suivant le type de matériel, etc. Le but de cet article est un peu un message subliminal dans ce sens, envers TiZYX, mais aussi envers leurs clients. Si vous souhaitez créer quelque chose autour de ce sujet, n’hésitez pas à me contacter.

Je vais tenter de faire comme dans tout test qui se respecte placer les points positifs et négatifs.

Points positifs

- Coût
- À monter soit même
- SAV Premium
- Qualité d’impression
- Multifonctions (traceur, cutter et laser)
- En constante évolution, mise à jour etc.
- L’ajout d’Octoprint est un réel confort !!

Points négatifs

- À monter soit même (oui je le mets de chaque côté, car ça peut faire peur)
- Peu de documentation. Il serait super cool que toute la documentation, les firmwares, les extensions soient à un même endroit et qu’il soit facile de suivre les mises à jour, etc. Peut-être un wiki ou sur GitHub (message pour Fred 😉 )
- Pas (encore) de communauté pour s’entraider et échanger

Je pense que vous l’aurez compris. Je suis assez fan de cette imprimante. Si demain je devais ajouter une imprimante avec un coût maîtrisé, je n’hésiterais pas à acheter le même modèle pour compléter ma collection.

Paul.

Fan d’imprimantes 3D et de design 3D sur son temps libre…

Get the Medium app

A button that says 'Download on the App Store', and if clicked it will lead you to the iOS App store
A button that says 'Get it on, Google Play', and if clicked it will lead you to the Google Play store