la France, mes racines, mes valeurs …

Je me souviens d’une France, dans mon adolescence où je vivais dans une cité de l’est parisien. Toutes les ethnies et les religions y vivaient ensemble. Nous les jeunes, nous nous retrouvions en bas des immeubles pour jouer ensemble. Nul ne parlait de mixité sociale, le bailleur social, à cette époque, pensait bien faire en regroupant un maximum de locataires par ethnies dans chacun des immeubles de la cité. Nous les jeunes nous étions au dessus de toutes ces considérations, nous avions des projets en communs. Quelques soient nos origines ethniques ou confessionnelles nous nous retrouvions sur les parkings pour jouer au foot. Nous organisions des courses de vélo ou de patins à roulettes en surveillant un ensemble de rues de la cité pour assurer la sécurité de chacun. Nous allions dans le même collège.

Bien évidement, le racisme existait, des petits trafics et de petits larcins étaient organisés par une petite partie des jeunes de la cité. Mais ces individus ne représentaient pas la majorité des jeunes de la cité. La majorité d’entre-nous prenait du plaisir à se retrouver autour de jeux, de sorties au centre commercial d’à côté pour aller draguer les filles ou voir le dernier film de karaté de Bruce Lee.

Je me souviens de ce projet qui nous a mobilisé quelques semaines. Lorsque nous jouions au foot sur les parkings, les locataires se plaignaient des coups de ballons répétitifs sur leur automobiles. Ils appelaient le gardien qui lorsqu’il arrivait à courir plus vite que nous, confisquait provisoirement le ballon d’un d’entre-nous.

Un des espaces verts pas totalement aménagé nous est apparu un endroit idéal pour jouer au foot et organiser nos rencontres.

En revanche, cet espace ne permettrait pas de jouer sans risquer de casser une vitre des appartements situés autour. Nous avons donc entamer une discussion avec le chef des gardiens de la cité. Nous avions dessiné le plan de ce mini terrain. Nous demandions juste un grillage pour éviter de casser une vitre. Ce dernier ayant apprécié notre initiative collective a remonté notre demande au siège du bailleur social. En parallèle, quelques uns d’entre-nous sont allés négocier avec un menuisier local pour qu’il nous fabrique des buts en bois et avec l’usine de plâtre située aux abords de la cité, des sacs gratuits pour sceller les buts sur notre futur terrain de foot.

Peu de temps après, le chef des gardiens nous signale que notre demande était acceptée par le bailleur. Nous étions contents d’avoir franchi avec succès cette première étape. Nous lui avons, alors exposé notre projet de sceller des buts sur le terrain. Dés réception des buts, nous avons creusé les trous avec les outils de nos parents et nous avons scellé les buts avec l’aide bienveillante du gardien.

Quelques semaines plus tard, l’espace vert était clos par un haut grillage. Nous pouvions enfin jouer au foot ensemble sans gêner qui que ce soit.

Les jeunes dont je me souviens encore des prénoms, 45 ans après (Abdelh, Christian, José, Salif, Simon, etc.) dont je faisais parti avaient réalisé une œuvre commune sans se soucier de nos origines ou orientations spirituelles.

Nous étions fiers et heureux d’avoir réussi ensemble un projet qui apporte un plus pour l’ensemble des jeunes de la cité.

Alors, comment se fait-il qu’aujourd’hui des personnes se laissent embarquer dans une stratégie auto-destructrice ?

Qu’avons nous fait pour laisser s’installer un attachement au désespoir pour certains d’entre-eux ?

Bien que le contexte ait évolué, et que chaque époque nécessite de s’adapter, que faire pour éviter la barbarie que viennent de vivre ma patrie, mes compatriotes ?

Comment faire perdurer ces valeurs qui m’accompagnent depuis ma plus tendre enfance et que je viens en partie d’illustrer dans cette aventure banale de jeunes des cités ?

J’ai toujours évolué dans un environnement où je me sentais en sécurité, où la diversité culturelle ou ethnique est une force et non un frein à notre développement individuel et collectif.

La France porte ses valeurs depuis des décennies, cela fait partie de son histoire, de sa volonté d’intégration. Je suis bien évidemment conscient que cela n’a pas été toujours un long fleuve tranquille pour les construire et qu’elles imprègnent notre conscience collective.

En revanche, nous devons rester vigilant pour qu’elles résistent au coup de boutoir des terroristes de tout poil.

Je souhaite que nos valeurs perdurent quelque soit le contexte ou les actions des barbares qui essaient de nous affaiblir pour bafouer notre histoire, notre façon de vivre.

J’aimerai que mes enfants et petits-enfants puissent, comme moi à l’époque de cette histoire, vivre dans un pays où nous ne craignons pas de mourir en allant au restaurant ou à un spectacle.

Je n’ai pas envie de vivre dans une société où la culture, les femmes, et l’éducation sont orientées pour réduire l’humanité à de la servitude pour une cause qui n’a rien à voir avec les véritables valeurs de l’islam ou de quelques religions que ce soit.

J’aimerai que notre laïcité soit respectée et que la liberté du culte soit réservée à la sphère privée.

J’invite mes compatriotes à s’engager dans cette résistance au quotidien sans attendre que nos dirigeants commencent à chercher des solutions diplomatiques ou politiques qui à mon avis mettront un certain temps à porter leurs fruits.

Ne laissons pas cette forme d’obscurantisme gangrener notre civilisation. Organisons cette résistance en nous inspirant de nos aïeuls dans les années 40.

L’espoir les a motivé pour vaincre.

Les réseaux sociaux ont démontré hier la faculté de créer du lien social entre les personnes en grande difficulté.

Utilisons ces moyens modernes pour détecter les signaux annonciateurs d’individus ou d’événements pouvant perpétuer de tels actes.

Apportons notre soutien aux autorités compétentes pour qu’elles agissent dans le cadre de la légalité. Je ne parle pas d’institutionnaliser la délation, mais de créer des usages collaboratifs qui facilitent l’appropriation d’informations porteuses de sens acquises par nos actes stigmergiques sur les réseaux sociaux .

Si les autorités compétentes couplent ces informations à des solutions de type Big DATA, leur efficacité en sera que plus grande.

Profitons des ces opportunités technologiques pour partager et garantir nos valeurs.

Faisons ensemble tout ce qui est en notre pouvoir pour que nos enfants nos petits-enfants et nous tous puissions vivre encore longtemps dans la sérénité avec toutes nos différences.

Soyons fier de notre diversité ethnique et culturelle construite au fil du temps. Elle est le fondement de notre identité française, elle participe à faire de nous une nation qu’ont envie, un peuple qui essaie toujours de se distinguer par des points de vues différents, un peuple que l’on pense réfractaire au changement mais qui construit sa mutation sans perdre totalement ses valeurs, un peuple dont l’arrogance perçue parfois par les autres nations, n’est pas la volonté de se sentir supérieur mais un moyen d’alimenter une réflexion plus profonde.

Cette France là, c’est la mienne et j’en suis fier et je souhaite qu’elle continue à faire vivre et partager ses valeurs.

Résistons !!!