Sans Vision ni Leadership… C’est la mort !

Il est beaucoup question de transformation des entreprises, de la nécessité pour celles-ci de s’adapter au sens darwinien du terme : Muter, s’adapter ou mourir, c’est-à-dire disparaître.

Quand j’entends le mot “Transformation” je sors ma solution !

Le discours est convenu, les agences, les conseils comme les SSII se sont emparés du sujet, et à coup de « Digital » c’est-à-dire de plan marketing/com, best practices et de solutions technologiques il est proposé, voire poussé à toute entreprise de se lancer dans la transformation.

Souvent, pour beaucoup d’entreprises, de la PME au CAC40 en passant par les ETI, une étape manque : l’analyse des changements de leurs environnements et des impacts de ces changements. Impacts sur l’industrie et plus précisément la filière dont ces entreprises sont issues et également impacts de ces entreprises sur leur position dans la chaîne de valeur de leur filière.

Ces changements sont complexes et si le fait numérique touche aujourd’hui principalement les aspects économiques, ce sont aussi les aspects sociétaux et culturels dont il est question dans la transformation.

Deux caractères supplémentaires viennent s’ajouter à la complexité des changements d’environnements que connaissent les entreprises : d’une part la continuité de ces changements, et d’autre part leurs accélérations.

La conséquence est simple, tout modèle d’affaire existant et pérenne à ce jour est juste susceptible de ne plus l’être, dès aujourd’hui, dès demain, ou après-demain.

La question n’est pas de savoir si les modèles sont dépassés, parce qu’ils le seront tôt ou tard, et d’une manière ou d’une autre, mais juste d’anticiper, si faire se peut le moment où ils le seront, et donc de s’y préparer.

Se transformer, pour une entreprise, c’est se préparer à autre chose de non défini, qui n’existe pas, du moins pas encore. Se transformer, c’est se préparer à tout et surtout ce à quoi il n’a pas encore été pensé !

[…] Et au mépris du danger avancer vers l’inconnu…

Il y a donc pour se préparer à ces bouleversements cette impérieuse obligation de comprendre ce monde qui se construit, s’invente aujourd’hui pour un demain qui reste, il est vrai, bien inconnu !

Cet inconnu, qui trop souvent, au mieux fait peur, au pire est nié, ne doit pas empêcher la compréhension de ce qui se joue en ce moment pour les entreprises : à savoir leur entrée de plain-pied dans le XXIème siècle.

Pour réussir ce passage et malgré le facteur anxiogène, il est nécessaire pour l’entreprise d’établir sa feuille de route sur le long terme. Il lui faut construire une vision de ce qu’elle sera dans les cinq, dix, voire vingt années à venir… Il n’est pas question ici d’inscrire dans le marbre la direction, le positionnement ; il est question ici d’essayer de (re)positionner l’entreprise dans son cœur métier, de comprendre ce qu’il était hier, ce qu’il est aujourd’hui, et ce vers quoi il doit tendre demain.

De réponse, il n’y en a pas ! Plus exactement il y a autant de réponses qu’il y a de maillons dans la chaîne de valeur de chaque filière, d’où cette impérieuse obligation suscité pour l’entreprise de se connaitre et de comprendre ce qui se passe autour d’elle. Or cette obligation revient tout naturellement au dirigeant dont une des missions fonctionnelles est l’établissement de cette vision, prérequis à toute transformation.

Les choses changent. Mais si vite… Est-ce que les habitudes des Hommes pourront suivre ?

Aujourd’hui, trop souvent le dirigeant n’est pas en mesure d’effectuer ce travail. Il ne l’est pas pour diverses raisons, justes et vraies, quelle que soit la typologie de l’entreprise qu’il dirige ; il ne peut s’accorder le temps de la réflexion, trop occupé à faire tourner opérationnellement son affaire… Ou, il a délaissé le sujet en déléguant à la direction des Systèmes d’Informations, la direction de la Communication ou la direction Marketing.

Mais au-delà des raisons de ce qu’il faut bien appeler un renoncement, ce qui ressort pour beaucoup d’entre eux c’est, à leur corps défendant, un déficit d’acculturation au numérique. C’est ce déficit qui est un des premiers freins à toute transformation de l’entreprise, car avant même de parler de transformation, c’est de vision et de leadership dont ont besoin les entreprises.

Ce constat pour nos élites économiques est aussi vrai pour nos élites politiques.

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