Les 5 caractéristiques d’un moteur de recherche de site ecommerce

Le moteur de recherche a longtemps été considéré comme une roue de secours par le visiteur qui se noie dans une arborescence qu’il ne comprend pas. Comme une bouée de sauvetage par l’utilisateur qui aurait effectué plusieurs tentatives au sein des rubriques (pensant restreindre facilement la quantité de contenus qui lui serait alors proposé), après un usage abusif du bouton “back” du navigateur (la flèche qui pointe vers la gauche est un autre grand classique). Il est alors devenu de plus en plus un réflexe, une clé d’entrée privilégiée et systématique (l’utilisateur serait-il devenu fainéant? l’a-t-il toujours été d’ailleurs ?).

Pèse alors sur cet outil la majorité de l’enjeu de conversion d’un site (on parlera une autre fois de l’autre moteur de recherche — oui, Google — qui a l’avantage de mener directement sur la page produit dans le site).

Que faut-il donc prendre en compte lorsqu’une problématique autour du moteur de recherche surgit ?

1 — Sa visibilité et la place qu’il occupe dans la page

Que cela soit une roue de secours ou un réflexe systématique, le zoning de la page d’accueil doit le rendre rapidement accessible mais pas nécessairement au détriment des contenus, push produits et autres fonctionnalités. Par ailleurs, sa visibilité dépend aussi du device : le champ de saisi sera plus grand sur une tablette (et donc plus utilisé) que sur smartphone. Sur ce dernier, le burger menu y sera davantage utilisé par exemple. C’est une référence aujourd’hui très partagé par les utilisateurs et qui a tendance à cannibaliser le champ de saisie si les deux sont sur la même page.

Pour rendre davantage visible le moteur, le site mobile Sarenza a récemment fait le choix de le mettre en avant de manière assez radicale : lorsqu’on ouvre l’application (sur Android ou iOs) c’est la rubrique Rechercher qui s’affiche par défaut (cf ci-dessous).

2. Le type de format

Il peut aussi impacter sa perception et la manière de l’utiliser:

  • Un seul ou plusieurs champs ?
  • Un champ de saisie ou un menu déroulant ? (ce dernier est parfois appelé le “rouleur” par les internautes)
  • Quelle est la forme du call to action ? Un texte ? Un picto ?

Comme vous pouvez le constater sur le visuel ci-dessous, certaines tendances existent. Les 100 boutons rechercher listés il y a 4 ans parmi les 100 principaux sites français ont peu changé depuis et nous montrent que ni l’originalité ni la prise de risque ne sont de mise sur ce call to action. La loupe est le pictogramme le plus souvent utilisé et les termes « lancez la recherche » et « rechercher » sont sans équivoque. Les couleurs sont bien sûr adaptées à la charte graphique du site concerné

3. La gestion des résultats

La problématique du moteur de recherche ne s’arrête pas à la page d’accueil. Il s’agit aussi de fournir les bons résultats en fonction de la requête émise par l’utilisateur. Et la cohérence avec celle-ci sera un facteur d’évaluation très fort de la part des visiteurs sur l’efficacité du site voire même sur son utilité.

En effet si un visiteur ne trouve pas ce qu’il cherche alors même que le contenu est bien disponible, ce dernier ne pourra pas impacter positivement l’expérience de l’utilisateur sur le site. Au contraire. C’est d’ailleurs ce qui est arrivé lors d’une étude réalisée pour le CRT Picardie : selon la manière de saisir le terme « mini golf (minigolf ? mini-golf ?), le nombre affiché des campings qui en possédaient un était différent. Au mieux 11 campings (le résultat juste), sinon 7, 3, 1 voire zéro résultat. Nous avons alors pu observer que le réflexe de la majeure partie des participants fut alors d’aller sur Google pour saisir exactement la même requête (et accéder ensuite à des sites pertinents).

4. La qualité de la base de données

Dans ce dernier exemple il faut aussi accorder de l’importance à la qualité de la base de données : celle-ci aurait dû prévoir les différentes formulations possible du mot. N’oublions pas que dans une situation normale, un internaute ne se demande jamais comment le site a enregistré tel ou tel terme dans ses fichiers. Il ne se demande jamais comment le site souhaite qu’il saisisse sa requête.

5. Le guidage de l’utilisateur

Enfin, le guidage de l’internaute doit lui permettre d’accéder plus facilement au contenu qu’il recherche. Ainsi l’auto-complétion prend en compte la saisie de la requête mais peut être perçue comme réduisant la perception du choix possible (car affichée trop tôt).

Par ailleurs, des onglets par cible de visiteurs ou raison de visite peut apporter une personnalisation confortable.

Nabil Thalmann, Directeur études conseil et co-fondateur Personae User Lab