C’est combien par mois ?

Quelque part au siècle dernier les arts et les oeuvres sont devenus des produits culturels. Des produits de consommation.

Tendance plus récente, on ne les achète plus, on s’y abonne. Moyennant 9,99$ par mois, j’écoute de la musique en continu sur un service de radio par Internet. Lu à partir de mon navigateur pour être transmis à ma chaîne audio par l’entremise d’un serveur média branché sur une prise HDMI et fourni par le géant de la recherche web.

D’ailleurs, le «produit culturel» consommé n’a plus la même personnalité. En le moment, j’écoute la station de radio Blues (version instrumentale) qui m’est proposée à la section Lire au salon de l’option Découvrir. Je n’écoute pas Stevie Ray Vaughan ou John Mayall. J’écoute un genre, adapté à mon contexte.

Ce n’est pas tant le contenu qu’on achète, en fait, mais le service, la connexion. Parlez-en aux artistes qui reçoivent des millionièmes de fraction de partie de mes 9,99$ contre une écoute de leur oeuvre.

Il en va de même du cinéma dont une sélection m’est servie par le truchement d’un populaire service d’abonnement. Payant ou gratuit. Je construis moi-même ma programmation en choisissant mes sources en multiplexant toutes les technologies qui me sont disponibles, de Netflix à Tou.tv, via mon téléviseur intelligent, par mon terminal télé vendu par mon constructeur d’ordinateur ou encore par le même truc du géant de la recherche web qui gérait ma musique tout à l’heure.

Il y a aussi ce service de livres sur Internet, qui me fournit des résumés consommables en 15 minutes des bouquins d’affaires ou de tendances de l’heure (ou totalement inconnus), selon une formule d’abonnement annuel.

Il ne me manque plus que des écrans de veille pour mon ordinateur ou mon téléphone portable, genre de diaporama de tableaux des peintres les plus célèbres qui pourraient m’être offerts par mon musée des beaux-arts favori. Ce sera combien par mois, dites?