Non, la médecine ne se fera pas ubériser !

télé-consultation sur tablette

Le PLFSS 2018 (Plan de Loi de Finance pour la Sécurité Sociale) prévoit le remboursement de la télé-consultation médicale par la sécurité sociale, ouvrant la porte à un parcours de soin digital pour les patients français. Les nombreuses applications de e-santé qui émergent depuis 12 mois ne pourront pas « ubériser » la consultation médicale, leurs résultats mitigés montrant leurs limites, tant sur l’aspect médical, qu’économique. Ces plateformes, financées par des complémentaires santé qui promettent à des patients une réponse “24/7” en “moins de 3 minutes” d’un médecin de garde, ne permettent pas de réaliser un acte médical de qualité. Au contraire les solutions de télé-consultation doivent s’intégrer dans le parcours de soin et venir compléter les outils à disposition des médecins traitants, qui, seuls prescripteurs de l’acte, pourront proposer après une première consultation en cabinet, un suivi de meilleure qualité, plus régulier, et moins chronophage à travers un outil de télé-consultation.

Notre système de santé est à la croisée des chemins, présentant à la fois des atouts importants: qualité des soins croissante, espérance de vie prolongée, et des défis à relever notamment en ce qui concerne la réinvention des parcours de santé et la digitalisation des processus. Les innovations technologiques récentes (vitesse des communications, qualité des appareils photos numériques, cryptage et sécurisation des données) permettent de garantir une qualité et une sécurité des interactions à distance optimale pour les usagers : patients et praticiens.

Les établissements, les médecins et les patients sont de mieux en mieux équipés en matériel digital (tablettes, smartphones, 4G) et sont de plus en plus enclins à accepter leurs nouveaux usages. 85% des médecins possèdent aujourd’hui un smartphone et 42% des français sont prêt à avoir recours à un professionnel de santé en ligne. Le régulateur a récemment pris des actes forts pour permettre le développement rapide de la télé-consultation, ainsi, depuis le 1er novembre 2017, la télé-consultation est un acte médical remboursé à 100% en EHPAD, et doit devenir un acte médical généralisé à toutes les spécialités à partir de fin 2018.

Sans un dossier médical existant, hors parcours de soin, un médecin ne peut pas fournir de diagnostic médical de qualité à un patient qu’il ne connait pas et avec qui sa seule interaction est un visioconférence. La télé-consultation doit permettre de relier les patients à leur médecin traitant, ou à un spécialiste, dans le cadre d’un parcours de soin où l’examen clinique a déjà été réalisé dans le passé.

Le médecin traitant a, non seulement, en sa possession un dossier médical complet sur son patient, mais a noué également une relation personnelle de confiance « médecin-patient ». Pour réaliser une télé-consultation efficace et pertinente, ces deux éléments sont indispensables, et sont la garantie d’un acte médical à part entière.

A l’ère de l’ultra-technologie et des innovations qui promeuvent l’intelligence artificielle et la déshumanisation de la médecine, medway estime au contraire, que le rôle de l’innovation technologique est de rapprocher médecins et patients dans un échange de dialogue à caractère humain et personnel, dans lequel le rôle du médecin est d’écouter, conseiller, rassurer, accompagner et soigner son patient. La télé-médecine n’a pas pour vocation à se substituer à l’examen clinique complet, ni à intervenir exclusivement en cas d’urgence. Au contraire, elle doit être une réponse à une situation clinique clairement identifiée dans le respect de la vie humaine, de la personne et de la dignité.

L'interopérabilité des systèmes informatiques est cruciale. De la même façon qu’une télé-consultation repose sur un dossier médical existant, elle doit pouvoir mettre ce dossier médical à jour. Une application qui propose un médecin aléatoirement sans gestion harmonieuse du dossier patient ne peut pas répondre qualitativement aux besoins des patients. Alors que le projet national de Dossier Médical Partagé s’embourbe dans les méandres des lobbies informatiques, aujourd’hui une bonne coopération des éditeurs de logiciels médicaux est nécessaire. L’attitude collaborative des startups va permettre cette interopérabilité entre solutions pointues. Doctolib, MonDocteur, Medway, comme toute les solutions modernes disposent d’APIs à la fois sécurisées et ouvertes, permettant à chaque logiciel de communiquer avec son écosystème.

Convaincre les médecins d’adopter une solution pour éviter 20% des passages aux urgences, et mieux suivre plus de 10M de patients atteints de pathologies chroniques, tel est l’enjeu d’évangélisation des startups d‘e-santé française. Un passage aux urgences sur 5 ne nécessite aucun acte médical et pourrait être traité en télé-consultation par le médecin traitant du patient. Ces 3,6M de patients annuels coûtent plus de 160€ par passage à la sécurité sociale. A la sortie des urgences, les 80% de patients restants ne disposent pas d’outils de suivi. La télé-consultation doit, à l’instar des patients chroniques, permettre de poursuivre des parcours de soins et éviter les complications.

C’est dans cette optique que medway développe des solutions aux côtés des médecins pour leur permettre d’être pleinement acteurs de la médecine de demain.

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