GARMIN TRIATHLON DE PARIS 2015

LE BAPTÊME


Le triathlon est de retour à Paris ! La dernière édition de cette course s’était tenue en 2012. Pour que cela soit rendu possible il a fallu délocaliser la partie natation à Choisy-le-Roi, à quelques kilomètres de la capitale, dans un bassin dédié à l’aviron.

Il s’agit d’un triathlon au format courte distance qui propose aux concurrents de nager mille cinq cents mètres avant de pédaler pendant quarante kilomètres et d’en courir dix.

Il y a quatre semaines, lorsque j’assistais au triathlon longue distance de Deauville, je n’imaginais pas une seule seconde que je serais au départ duGarmin triathlon de Paris. Je n’ai d’ailleurs pris la décision de m’y inscrire que lundi dernier lorsqu’un dossard s’est libéré et qu’Isostar, partenaire de l’épreuve, que je remercie au passage me l’a proposé. J’ai aussi été largement motivé et challengé par Salvio pour l’accepter !

Le triathlon c’est avant tout une foule de petits détails logistiques à gérer.Trois disciplines rassemblées en une implique de devoir être rigoureux dans la préparation de son matériel et l’organisation de son déplacement. Dans le respect du règlement imposé par les arbitres. Le triathlon est un sport arbitré !
Pour cette première je pense n’avoir commis aucune erreur mais je dois avouer avoir été bien conseillé par des spécialistes.
L’épisode caniculaire que nous traversons a fait monter la température du plan d’eau à plus de 24°C, interdisant l’usage de la combinaison néoprène au grand dam de nombreux (mauvais) nageurs. Peu importait, je n’en posssède pas. J’ai donc fait la course avec une combinaison « trifonction » gentiment prêtée par Salvio.

Il était possible d’aller déposer son vélo la veille dans le parc. Nous avons préféré choisir la solution de nous rendre au départ dimanche matin aux aurores en pédalant, en compagnie de Yann, brillant finisher de l’Ironman de Zürich en 2014. Une petite vingtaine de kilomètres pour se mettre en jambes !

La dream team

Sur place nous croisons beaucoup de têtes connues. L’ambiance est plutôt détendue. Je ressens un léger stress mais quoi de plus normal ? Une fois le vélo en place et le matériel nécessaire à la première transition bien disposé, nous effectuons à pied le trajet vers le départ, qui consiste à parcourir les 1500 mètres du bassin que nous allons traverser à la nage dans l’autre sens.

Quelques minutes avant de nous mettre à l’eau je croise Didier, mon professeur de sport de collège que j’avais déjà revu il y a quelques mois pour une occasion particulière. Je suis assez fier qu’il me voit dans ma tenue de triathlète, lui qui a consacré une grande partie de sa carrière à ce sport.

Sur le papier, la stratégie est simple. Nous nous sommes entendus avec Salvio pour faire course commune jusqu’au stade Émile Anthoine. Dans la pratique il faut réussir à nager en eau libre sans se perdre de vue. Ce que nous avons fait et qui nous a peut être un peu ralenti.
Je sors de l’eau ravi de cette première expérience avec l’impression d’avoir bien glissé sans fournir trop d’effort. Il nous a tout de même fallu 37 minutes pour nager ces 1500 mètres, ce qui est très moyen. Mais nous ne le savons pas, nous avons décidé de courir sans artifice au poignet.

La transition est rapide et nous nous retrouvons très vite à pédaler sur nos machines. Avec prudence sur les premiers hectomètres légèrement sinueux au coeur d’une zone industrielle. Mais une fois que nous avons rejoint les bords de Seine, nous pouvons « mettre en route » et commençons à remonter des paquets entiers de coureurs. Nous sommes partis dans la troisième vague, il y a plus de 1500 triathlètes devant nous !
Le parcours ultra roulant et le drafting (l’abri derrière d’autres coureurs) autorisé permettent de tenir une moyenne élevée de plus de 35km/h. Malheureusement nous n’arrivons pas à évoluer avec un groupe rapide et bien organisé et nous devons rouler à deux la plupart du temps.



Le but est évidemment d’aller vite sans consommer toute son énergie. La course ne s’arrête pas une fois que le vélo est posé. J’essaie donc de pédaler en souplesse et de lever légèrement le pied dans les derniers kilomètres. De retour au pied de la tour Eiffel, je suis toujours dans l’euphorie de l’effort maîtrisé. C’est très plaisant. Un peu plus d’1h10′ a été nécessaire pour effectuer les 40 kilomètres de vélo. Salvio qui est plus puissant que moi a effectué un peu plus de travail et je compte bien lui renvoyer l’ascenseur sur la partie course à pied.

La deuxième et dernière transition est très rapide. Nous voilà lancés sur les dix kilomètres de course à pied (qui n’en feront que neuf apparemment). Les efforts consentis sur la selle de mon vélo m’empêchent de trouver ma foulée naturelle pendant les deux premiers kilomètres. Doucement je retrouve des sensations et imprime le rythme devant Salvio.

Nous doublons un nombre impressionnant de concurrents qui semblent scotchés au bitume. Je me sens enfin dans mon élément ! Le parcours en aller-retour sur des parties peu accueillantes des quais de Seine est sans intérêt avec en bonus la traversée de l’île aux Cygnes et son escalier à descendre.

Mais peu importe, nous continuons à slalomer entre les coureurs sur une chaussée étroite. La remontée au classement se poursuit.
Nous pénétrons sur le stade Émile Anthoine en plein virage. L’arrivée est au bout de la ligne droite. Nous franchissons la ligne ensemble après un peu moins de 2h30′ d’efforts. Crédités du 1719ème temps après la natation, nous nous classons finalement à la 887 et 888ème place d’une épreuve remportée en 1h51′ par son vainqueur !

La délivrance partagée !

Je viens de vivre un très beau moment de sport et de partage. J’ignore si il aura une suite mais j’ai pris énormément de plaisir du début à la fin. J’ai depuis longtemps beaucoup côtoyé le triathlon et les triathlètes, pris part à quelques petites épreuves mais après cette première sur courte distance, je me sens désormais un peu plus proche de ces amoureux du triple effort.

Crédits photos :

Laurent Devillechabrolle
Didier Abauzit
Frédéric Poirier

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