Courbevoie — Paris — Montreuil à Vélo : 5 réflexions

Habitant à Courbevoie et travaillant à Montreuil (il faut bien faire des économies sur le loyer !), j’ai eu le loisir d’affronter un quotidien fait de métros, RER, correspondances, attente…

Et un jour, j’ai décidé de tenter l’aventure à vélo. Pourtant, 17km, ça commence à faire ! Une traversée complète de Paris matin et soir, difficile de faire plus long.

A l’arrivée, pas mal de surprises…

1- Le vélo, ça va … vite !

C’est ma principale surprise. Jugez plutôt : 17km de Courbevoie à Montreuil, un trajet principalement sur le RER A, pour le moins rapide, peu de correspondances… Mon temps en transport en commun était donc généralement de 50mn environ, jusqu’à 1h en cas de problème. Impossible de mettre un temps équivalent en vélo non ?

Et pourtant, une fois le parcours maitrisé, mon temps en vélo s’établit autour de 55mn, équivalent à mon temps en métro.

Surtout, sur mon chemin, j’ai croisé plusieurs de mes anciens lieux de travail. Et à chaque fois le même constat : j’aurais mis autant, voire moins de temps, en vélo que je n’en mettais en transports !

La raison est simple : le vélo permet d’aller relativement vite du départ à l’arrivée, et les distances dans Paris sont réduites. Traverser Paris d’est en ouest en vélo ne prend que 35 / 40mn. En transports en commun, le déplacement va vite, mais les correspondances et parcours à pieds font perdre une bonne partie du bénéfice.

Bonus additionnel : le temps de parcours est totalement maitrisé. Lorsque je pars, je suis certain de mon heure d’arrivée, ce qui est loin d’être le cas avec les autres moyens de transports.

2- Paris, ami du Vélo ?

Bon, ok ça va vite, mais par où passer ? Impossible de faire tout ce parcours sans passer une bonne partie du temps exposé au milieu de la circulation, non ?

Fort heureusement, ça n’est pas le cas. Paris dispose maintenant d’un réseau de pistes cyclables, zones protégées, voies de bus… qui permettent de faire une bonne partie du chemin en sécurité. Et ça fait toute la différence, notamment au niveau de la vitesse. Les pistes cyclables séparées de la route étant le must, l’autoroute du vélo.

Et au final, sur mes 17km, j’en passe :

  • 2km au milieu de la circulation (les pires, de très loin)
  • 4km en pistes cyclable sur le coté de la route (moyen mais déjà mieux)
  • 3km en voie de bus (ça va aussi longtemps que vous roulez plus vite que les bus)
  • 8km en pistes cyclables protégée isolée de la route (le top)

Au final donc, il est possible de faire un long parcours à vélo dans Paris tout en restant en zone sécurisée une bonne partie du temps.

Reste à connaitre les emplacements des pistes cyclables, zones protégées… Quand vous êtes en selle, on apprend vite... Pour faciliter la tâche, l’application Géovélo est fort utile et permettant de faire une sorte de Waze du vélo, c’est à dire en optimisant les trajets non pas sur la base de la circulation mais des types de zones cyclables.

3- Nous ne sommes pas seuls…

Pour l’univers, je ne sais pas, mais dans Paris clairement, nous ne sommes pas seuls.

Circuler dans Paris à vélo, c’est se rendre compte à quel point la ville est envahie par des gros tas de ferrailles mobiles bruyants, encombrants et polluants, poliment appelés voitures.

Il faut les voir, les voitures en questions, avancer à fond sur 50 mètres avant d’être bloquées à un feu, puis à fond sur 100 mètres avant de rester immobilisées dans un embouteillage. Il faut avouer aussi le plaisir vicieux de se faufiler en vélo dans un embouteillage en pensant au temps où les tas de ferraille vont y rester coincés avant de foncer vers l’embouteillage suivant…

Rouler à Paris à vélo, c’est se rendre compte que la voiture est un moyen de transport totalement abérrant, inadapté à la ville. Cher, bruyant, polluant, encombrant… Une image vient naturellement en tête :

Une autre métaphore pour décrire cette situation : celle de la Grenouille Ebouillantée. Si nous ne nous étions pas habitués au fil de temps à cette situtation qui n’a fait que s’aggraver, nous la trouverions tous totalement abérrante.

Impossible de faire autrement ? Que l’on pense 2 minutes aux miliards investis dans l’industrie automobile, dans la chaussée, dans les accidents, dans la pollution… Avec une infime partie de cette somme, il y aurait de quoi inventer une ville avec des moyens de transports bien différents. A lire à ce sujet un article passionnant sur les investissements faits par la ville de Copenhague dans des “autoroutes” à vélo : “chaque kilomètre parcouru à vélo à Copenhague rapporte 1,62 couronne (20 centimes d’euro) à la société ; un déplacement en voiture coûte 5,63 couronnes par kilomètre”

Enfin, comme une image vaut 1000 mots, à l’heure où l’espace publique est hautement contraint :

4- Il y a vélo et vélib

Envie de vous lancer ? Attention, il y a un piège ! Celui du Vélib’.

Comprenons-nous bien : le Vélib’ est une innovation géniale, qui a fait énormément pour le développement de la place du vélo dans la ville. Mais, il s’agit d’un vélo lourd, peu maniable, et avec peu de vitesses.

Ainsi, le Vélib’, c’est un peu la voiture sans permis du vélo. Quand on est coincé derrière, on rage tellement il n’avance pas vite.

Si le Vélib’ est adapté pour des déplacements occasionnels, pas trop longs et pas trop en pente, il est à déconseiller pour un trajet quotidien de plus de 20mn.

5- Que des avantages ? Vraiment ?

Alors, le vélo est-il à ce point la panacée ? Malgré tous ces bénéfices, il reste encore quelques inconvénients.

  • La chaleur : c’est souvent la première question que j’ai. “Tu as une douche au bureau ?”. Et la réponse est non. Mais tant qu’il ne fait pas trop chaud, et avec l’entrainement, j’arrive au bureau sans transpirer. Par contre, impossible de faire le trajet s’il fait trop chaud en effet.
  • La pluie : à l’opposé, la pluie est aussi un sérieux obstacle. Pensez à bien regarder la météo avant de partir. Et pourquoi pas un jour des pistes cyclables couvertes ?
  • Le non respect : c’est le vrai problème et le plus gros danger. Sur la route, la voiture se considère partout comme chez elle. La piste cyclable devient donc vite un parking annexe, zone de livraison… Et derrière, un réel danger pour les cyclistes qui doivent être particulièrement prudents.

Il y aurait encore beaucoup à dire, tant traverser Paris à vélo est une expérience intéressante. Mais il reste surtout la surprise de découvrir à quel point le vélo est le mode de transport le plus adapté à un environnement urbain dense comme Paris. Et plus les équipements seront développés, plus il sera possible d’aller vite et en sécurité à vélo. Paris, par sa petite superficie, s’y prête particulièrement bien.

Le vélo, avenir du transport en ville ?

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