Rond puis carré

le retour de la trame


La plus haute, première tour BBC, sans parking

Les caractéristiques de la nouvelle tour lyonnaise In City ne manquent pas. Et pourtant, il est est une qui est rarement citée mais qui est pourtant majeure pour tout observateur de Lyon :

Elle est carrée.

Des gratte-ciel à Lyon ?

A part les immeubles de Cateland ou ceux de Môrice Leroux, Lyon n’en compte aucun jusqu’à 1977.

Cette année là, la tour du crédit lyonnais vient marquer le paysage et signaler la présence du nouveau centre de la Part Dieu.

169 mètres de haut, surmontée d’une pyramide en verre (son architecte Cossutta a travaillé chez Pei, celui de la pyramide du Louvre…), la tour présente la caractéristique aussi d’avoir une forme cylindrique. Et là est toute l’affaire.

De loin, la tour offre au regard toujours le même visage.

Un repère d’autant plus singulier qu’il est unique mais constant.

Impossible de savoir si on la voit de face ou de trois-quart, elle n’a ni avant ni arrière, son cylindre présente toujours la même image à l’observateur lointain.

En s’insérant dans un urbanisme de dalle, la tour avait déjà supprimé la rue. En optant pour une section ronde, le “crayon” balayait la trame.


Une trame pourtant bien présente sur la rive gauche de Lyon.

Le plan Morand, conçu fin XVIII, a produit une ville orthogonale, bien ordonnancée, des rues Servient à Duquesne, et dans lequel le nouveau quartier de la part Dieu s’est organisé.

Mais de loin, point de trame visible.

Un tube identique de tout points de vue.

La nouvelle tour In City n’est donc pas simplement plus haute. Elle est surtout carrée.

Et de ce fait, elle donne à nouveau à voir la trame de la ville.

Erigée à un carrefour, sa section s’offre même le luxe de rattraper au nord le léger angle qui existe entre le cours Lafayette et la rue Garibaldi.

Coté sud, tout est carré, angle droit et rectitude.

Et cela change tout à la perception de la ville.

Vue de loin, de la route de Vienne ou de Rillieux, de Bron ou de Sainte-Foy, la trame réapparaît grâce à la section carrée de la nouvelle tour.

A l’aide d’un rapporteur, calculez l’angle entre la rue Garibaldi et le cours Lafayette

Grâce aux angles et à leur variation, l’observateur peut alors mieux se situer.

Il sait plus facilement là où il se trouve en percevant désormais le plan dans lequel s’insère ce nouveau bâtiment.

La tour du crédit lyonnais était un repère aérien qui ne disait rien au piéton.

La tour InCity, en donnant à voir l’orthogonalité de la cette partie de la ville, permet au passant de mieux s’orienter.

Rassuré, le lyonnais peut alors sans crainte affronter l’avenir et la skyline qui l’attend.

Un ensemble de tours et de gratte-ciels qui ne s’inséreront sagement dans une trame retrouvée, au sein d’un quadrilatère bien ordonnancé.

alles in Ordnung