Une belle rencontre

Une belle rencontre

Emmanuel se balade dans les rues de Paris à l’ Île de la cité, entre Saint Michel et Notre Dame de Paris. Emmanuel est un jeune étudiant très curieux.

Il vit à Paris, une ville verdoyante, les voitures sont électriques, il y a des jardins partagés partout.

Paris est une ville où l’intelligence collective se manifeste quotidiennement, un groupe de personnes reste debout pour parler de sujets politiques. Contribuer à des communs est une chose banale et ordinaire. Les habitants ont le sourire, ils sont très heureux de pouvoir partager leurs savoirs et connaissances.

Emmanuel va dans un café au Marais pour faire réparer son téléphone écologique et réparable. Il rencontre une multitude de personnes passionnées par la débrouille et les rencontres qu’ils font. Comme à chaque fin de session, le responsable de la communauté invite les participants à boire un verre avec une personne qu’ils ne connaissent pas. Un membre de la communauté donne une carte couleur à tous. Emmanuel a choisi le bleu par hasard, il a rencontré Léa.

Léa est une personne un peu âgée qui a connu toutes les phases de transitions dans les années 2010.

-Bonjour Léa, enchanté de vous connaître.

- Bonjour Emmanuel, ravie également.

- Pourquoi êtes-vous venue ici ?

- Ah, ces événements me rappellent le bon vieux temps, on était en plein changement !

- Car avant c’était différent ?

- Oui, le monde en 2016 était rempli d’individualisme, d’égo personnel, d’ultra-consommation. Bref je vais m’arrêter, je peux être aigrie si je continue. Et toi qu’es-tu venu faire ici ?

- Comme tout le monde, réparer mon téléphone et surtout rencontrer des personnes qui partagent les mêmes valeurs que moi. Désolé, Léa, mais pouvez-vous m’en dire plus, vous savez que je n’ai pas connu cette époque ! questionna Emmanuel.

- Pour résumer, le monde d’avant était sous le prisme de quatre idéaux : l’argent, la consommation matérielle, le pouvoir et l’individualisme.

Emmanuel très surpris répond.

- Attendez, pouvez-vous m’expliquer ces termes, ils n’existent plus aujourd’hui !!

- Bien sûr : l’argent car, pour la majorité des humains, c’était le seul objectif de leur vie, la consommation matérielle, c’était le seul moyen d’avoir une bonne image, le regard des autres était une norme, le pouvoir était le moyen de contrôler des groupes mais aussi la vie personnelle ; l’individualisme, à l’époque on pensait qu’il fallait « satisfaire son besoin individuel ».

Emmanuel médusé par cette réponse s’exclame :

- C’était vraiment cela à l’époque !!! Je suis bien content de vivre aujourd’hui, le collectif et le partage priment sur le reste. Existait-il des initiatives qui essayaient de proposer autre chose ?

- Bien sûr, il y avait des associations qui faisaient partie de l’économie solidaire…

- Des quoi ? Associations ! ! Mais qu’est-ce que c’est ? interrompt Emmanuel.

- C’était des organisations qui prônaient des valeurs de partage, de respect et de solidarité, mais souvent étaient gangrénées par les idéaux de l’époque. Souvent dans ces structures, il y avait de l’égo des personnes qui les dirigeaient avec une gouvernance bien verticale. Un des gros soucis de ces associations, c’est qu’elles n’échangeaient pas entre elles. Bref, c’était l’ancien monde.

- Je suis très surpris que cela ait existé, vous le savez maintenant, toute la société a évolué. Nous sommes vraiment dans une vie ou tout se partage, s’échange, le travail difficile est laissé aux robots et nous prenons le temps de vivre. Nous sommes dans de vraies relations humaines. Nous avons cette possibilité d’être libres sur notre créativité et de pouvoir tester toutes les choses qui peuvent impacter la société.

- Tu as bien de la chance, mais fais attention, vous avez réussi à construire quelque chose de fragile, à tout moment cela peut rebasculer dans l’autre sens.

Heureux de se connaître tous les deux, ils firent entrer leur contact à leurs robots pour pouvoir continuer à un autre moment leurs échanges mutuels.

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