Le mémoire, l antichambre du trou noir
Avant le temps de la naissance, le grand réservoir de ta mémoire est vide. Au début, six mois ressemblent à toute une vie et à la fin six mois en arrière ressemblent à hier. La maladie nous donne le sentiment parfois qu’elle endort la mémoire. Peut-être que, finalement, le réservoir ne peut plus contenir.
La mémoire est cette magie nous permettant de communiquer pour se comprendre et se rappeler ensemble. Grâce à elle, l’on se reconnaît entre nous et devant le miroir. C’est la mémoire de la vue puis il y a celles de l’ouïe et du toucher. Ainsi l’on apprend à ne plus tomber et à marcher dans le savoir de ceux qui ont appris avant nous. Certains parlent une seule langue et d’autres cinq. Certains vont à l’école du savoir que l’on appelle l’université, mais ne peuvent se souvenir du prénom de leur enfant.
La mémoire peut être la source de la haine et de la compassion. Elle n’est qu’un réservoir sans pouvoir comme une mer où nous naviguons selon notre bonne volonté. Elle est aussi l’océan où notre bateau droit devant au bout du chemin revient toujours en ces paysages connus à l’intérieur de nous. Le vent du grand large est ce destin où le nouveau jour peut devenir la nuit. Mais sans lui le voyage ne pourrait nourrir la mémoire pour finalement rencontrer notre conscience et comprendre que le réservoir du temps se vide en même temps.
Puis, il y a le grand départ où le nord est le sud, l’est et l’ouest. L’espace où naviguent les étoiles est-il le réservoir de tout le savoir de toute vie ou le trou noir effaçant la mémoire avant de pouvoir la remplir à nouveau. En nous il y a le yin et le yang, il y a la force de la haine, de la compassion et de l’amour. Notre instinct est le souvenir lointain fuyant le trou noir pour voir plus loin. La semence est bonne pour un très long voyage. Je ne suis qu’un visiteur ici parmi vous et j’espère que vous allez vous souvenir de moi dans votre cœur et non dans votre tête. Car il y a ce grand réservoir de l’amour universel. Elle est celle qui se souvient de toi. C’est ainsi que notre voyage pour dix milles ans vers l’infini ressemble et un océan d’étoiles pour réchauffer celui qui y voyage. Quel beau réservoir rempli de possibilités.