Réponse à un article entre drôle et tristement drôle visant à (essayer) de décrédibiliser / marginaliser mes témoignages sur la situation à Alep.


Je me doutais qu’un jour je dérangerais certaines personnes, je publie une réponse donc à un article écrit pour dégommer le travail que l’on se tue à faire ici et essayer de décrédibiliser les témoignages humains que je transmets et la situation ici en essayant de créer des liens qui légitiment une sorte de diabolisation comme en essayant de me connecter au FN ou au gouvernement Syrien comme propagandiste, en remettant en cause ma vie etc. Dans un sens c’est drôle en prenant du recul car tellement vide, mais je tiens à rectifier ceci pour ceux qui vivent ici et affrontent la guerre pour de vrai, pas derrière un clavier.

Je tiens à préciser une chose, que je présente mon travail à l’Ouest, que je dénonce les morts dus aux attaques gratuites sur la population ne signifie pas que je dénie l’Est ou ce qui se passe, les gens souffrent terriblement et cette guerre est une horreur, d’un coté comme de l’autre. Pour moi les civils d’Alep font 1, malgré ce commentaire visant à me faire virer d’un côté, je suis neutre politiquement et religieusement, il n’y a pas de raison qu’il en soit autrement, la situation est assez difficile comme ça ici.

@l’auteure Je souligne également que vos articles, étant donné que je travaille en zone de guerre, de par leur création et diffusion sur des réseaux dédiés visent à me désigner comme cible, c’est une mise en danger, je vis en zone de guerre, ce n’est pas anodin. Vous avez cherché à marquer des points tout au long de l’article pour détruire ce que je fais, le plus triste c’est que ça se voit, ce qui ne lui donne de la valeur qu’à ceux qui voudront y croire.

Je copie — colle “l’article” en question. EN GRAS mes réponses à l’article délicieusement intitulé:

Ici l’article original en lien : Pierre le Corf, dans l’enfer de la propagande du régime de Bachar al Assad
La photo la plus tappe à l’oeil de tous mes albums juste histoire de bien décontextualiser, marginaliser ce que je fais et me faire passer pour un trou du cul au vu du contexte de vie que j’ai aujourd’hui. Pas grave, juste ridicule.

“On pourrait le prendre pour un de ces illuminés comme les guerres en attirent immanquablement, un garçon en mal d’aventure venu se payer le grand frisson en Syrie. On pourrait être seulement désolé pour lui et passer son chemin sans plus d’un haussement de sourcil. Il aurait dû rester une anecdote sordide dans une histoire qui le dépasse. Seulement voilà : le bougre est diablement moins ingénu qu’il ne veut le laisser paraître et s’est fait en quelques mois une place coquette sur les réseaux sociaux et dans la presse. On a même vu sa ganache faire l’objet d’un sujet du JT de France 2 le 5.10.2016, un de ces « grands médias » qu’il vilipende pourtant à l’envie à coups d’ « on vous ment, on vous manipule », credo qu’il partage avec la fachosphère 2.0. Alors face au succès, Dieu merci tout relatif, d’un story telling séduisant et au moment où Bachar et Poutine mettent à mort le peuple syrien, je ne pouvais pas rester sans réagir.

Evidemment, heureusement que de bonnes âmes comme vous pleines de bonnes intentions passent des heures entières derrière leur clavier (hors de la Syrie) pour remettre en question le travail de ceux qui viennent en aide sur le terrain aux Syriens. Mais je comprends, le vilain méchant pas beau humanitaire qui ne recrache pas la version prédigérée aux yeux du monde, bien que pourtant, malgré votre insistance à me harceler sur mes posts, ne prends pas de position et ne fait que transmettre ce que je vois, parfois un peu à cran, mais témoin d’une réalité que vous ne voyez pas et que vous ne pouvez pas vraiment comprendre. Quant à la “fachosphère 2.0” vous voulez probablement dire des médias de droite, il écrivent sur ce que je fais comme de nombreux de toutes affinités, c’est pour ça que l’on appelle ça des médias. M’enfin, vous ne pouviez pas rester sans réagir, quelle bravoure, je comprends.

Pierre le Corf, français de 28 ans, se trouve à Alep depuis avril 2016, nous dit-il, dans la zone contrôlée par le régime de Bachar al-Assad. Auto-proclamé travailleur humanitaire, il est venu pour « aider les jeunes » et « les accompagner à travers la guerre ». Concrètement, qu’est-ce que ça veut dire? Il reste très vague sur ses activités et carrément silencieux sur ce qui l’a mené en Syrie.

Ayant une association humanitaire et ayant travaillé sur de nombreuses zones comme la Syrie auparavant en montant des programmes de plus courte durée dont certains existent toujours pourtant (en Afrique, Vietnam, Inde, Argentine, Brésil, …) je me permets en effet d’être là pour aider, c’est une continuité. Concrètement ça veut dire 1) être là 2) construire des projets dédiés aux jeunes et aux familles qui consistent particulièrement en un accompagnement émotionnel sur place via 3 programmes: médical, émotionnel, culturel. En amont, donner une voix à ceux qui vivent ici en collectant et transmettant leurs histoires. Simple comme bonjour, pas besoin d’être diplômé de l’ENA ni agréé par vous-même pour aider que je sache, ça se saurait.
Les 3 programmes qui mobilisent 5 volontaires Syriens dont 2 médecins.

Le jeune homme court les lignes de front, nous dit-il, pour délivrer des kits de premier secours. Devant la caméra de France 2, il hésite et utilise le mot vague d’ «outils », pour décrire le contenu d’une boîte qu’il semble découvrir en même temps que les téléspectateurs.

Ca s’appelle la pression. Venez tourner une scène pour votre TV nationale sur une ligne de front à 500 mètres de Jabhat al-Nusra avec snipers et armée qui échangent des tirs autour de vous, vous verrez ce que pression veut dire, ça change de derrière un clavier.

Sans formation médicale sinon un brevet de secouriste, il affirme qu’il soigne les populations civiles. Il se présente comme infirmier (post Facebook 16.03.16), ce dont il est permis de douter : cela ne figure nulle part dans son CV pourtant bien renseigné sur la toile.

Pardon, j’avais oublié que pour enseigner il aurait probablement fallu que je sois agréé par vous à nouveau. Et bien non, j’enseigne car je sais le faire et je le fais au mieux ici. J’étais en effet infirmier, formé au dispensaire pour les gardes de nuit. Un CV bien renseigné c’est un pléonasme.
1,5 an à la protection civile de Paris ça aide on dira.

Sans formation d’enseignant et sans parler arabe, il prétend également enseigner. Qu’est-ce qu’il enseigne, dans quelle structure et à qui ? Il ne donne jamais aucune précision sur cette question.

J’enseigne dans des groupes de jeunes et associations locales ainsi qu’à l’école Amal ou j’ai 110 enfants dans 4 classes de 2 X 3è et 2 X 1ère chaque semaine, ce qui comptabilise 130 à 160 enfants par semaine, enfants qui parlent Anglais ET Français, et oui, la guerre ça donne du temps au-delà de la culture que nous avons apporté ici pendant le mandat Français. Quant à l’Arabe, je ne suis pas encore bon mais me débrouille pas si mal vous savez, khatwat khatwat.
Mes étudiants de terminale à l’école Amal (Espoir) avant leur bac. J’ai 4 nouvelles classes.

Mais que diable fait vraiment Pierre le Corf à Alep ?

Mais que diable oui ! Je me pose la question parfois aussi … mais j’aime Alep et j’aime ceux qui y vivent, c’est un choix comme pour les autres endroits ou j’ai pu aller, vivre, des endroits tout aussi difficiles et étranges comme Dharavi, Rocinha ou Fukushima, ou il s’agissait aussi d’aider, enseigner et donner une voix à ces communautés marginalisées. Mais je suppose que votre question n’en était pas une.
Sur le site web, Alep et les autres pays http://wearesuperheroes.fr

Seule chose certaine : il publie à tour de bras sur les réseaux sociaux et donne des interviews. Il évoque très peu ce qu’il fait au quotidien mais il nous « explique la situation » et nous assène des discours propagandistes pro régime totalement vides de faits.

Pourtant il précisera bien dans chaque ITW qu’il ne détient aucune vérité et qu’il n’est pas là pour vous dicter quoi penser sinon témoigner, j’ai le droit de témoigner non? Ne pas dire la même chose que vous c’est tenir un discours propagandiste? Ca s’appelle la diversité d’opinion. Quant à “vide de faits”, c’est un terme “fourre-tout”, plus je lis plus je me rend compte que vous éparpillez vos “fourres tout”.

Pour quelqu’un qui se targue d’être un témoin privilégié qu’il faut croire sur parole parce qu’il est sur place, ses dires sont tous dépourvus de données factuelles et parfaitement invérifiables.

Ou comment choisir LA (sur 200 / 250) publication la plus simple publiée quand mes gamins sortent de l’école, en colère et avec le besoin de le faire savoir, 95% son illustrées de photos que je prends.
J’ai fait quelques 200–250 publications, c’était la meilleure pour illustrer vos “propos”, rien à redire, mais vos méthodes sont flagrantes et sincèrement faciles. Toutes les publications que je fais à 95% je les illustre de photos que je prends, toutes les attaques sont parfaitement vérifiables sur les médias Syriens et surtout locaux, mais vous le savez déjà, encore une fois vous vous parlez à vous même. Je publie quotidiennement les situations ici, les photos des personnes rencontrées, leurs histoires, les victimes et mes sentiments, qu’ils vous plaisent ou non ça s’appelle encore une fois témoigner et je le fais toujours avec le maximum d’éléments à l’appui.
Des petites filles que je visitais, explosion de 2 bouteilles de gaz, toutes mortes

Dès son arrivée au Liban en mars 2016 (post FB 16.03.16), sa connaissance de la région nous éblouit quand il décrit « des hommes qui portent le tchador » et affirme en avoir rencontré d’autres « qui se sont battus contre DAECH en 2012 » (la proclamation du « califat »par l’organisation Etat islamique à Raqqa date de juin 2014).

Ça commence bien.

Bravo ! Vous avez décelé une erreur que je ne peux que reconnaître, à ce qu’il paraît ça peut arriver. En effet l’attaque de Raas Baalbec date d’Aout 2014 et non aout 2012.

Il se prend aussi beaucoup en photo avec un art certain de la mise en scène morbide et sensationnaliste, comme sur le cliché de ses mains couvertes de sang, avec la même prise de vue que celle des jeux vidéos de guerre où le joueur adopte le point de vue du personnage.

Juste honteux d’utiliser cette unique photo dans ce contexte.
Alors là on va rentrer dans le vif du sujet, ce commentaire, étant donné que vous avez la publication originale qui est ici, est purement honteux, je n’ai pas de mots assez forts pour le décrire autrement. En fait j’ai l’impression que vous ne vous intéressez pas beaucoup aux faits, c’est facile de détourner la mort de 3 personnes que j’essaye de sauver en un stéréotype pour le banaliser. Ca ne vous plaît pas quand je raconte que les gens meurent ici hein? En attendant vous n’avez aucun honneur pour ceux qui meurent ici, vous qui vous présentez comme la défenderesse du peuple Syrie, il semblerait qu’il y ait des exceptions.
J’ai pris cette photo parce que c’était justement la seule chose qui me permettait de transmettre ce qui arrive ici

Dans le sujet de France 2, on le voit se mettre à courir tout d’un coup, expliquant au journaliste que l’endroit est dangereux à cause des snipers. Dans sa course il dépasse deux femmes qui marchent tout à fait normalement. Pas de sniper donc, mais une mise en scène ridicule.

Ces deux femmes sont avec moi, vous les retrouverez dans la vidéo, dans le pire des cas elles font civiles dans la lunette d’un tireur potentiel, car ils s’agit de ça, de potentialité, elles sont plus bas que le drap qui cache de Bistan Al Qsr que l’on voit clairement, ce n’est pour faire joli vous savez. Moi je suis plus en hauteur et j’ai un convoi de 2 journalistes de FR2 derrière moi avec caméras à la main, plus visible tu meurs, vous pensez bien que je nous fais courir, mais encore une fois vos arguments qui n’en sont pas, ne sont que démonstratifs → et vides.
Ce n’est pas fait pour décorer, beaucoup de gens sont morts ici ces denières années.

Le projet affiché de Pierre le Corf est de « donner la parole à ceux qui n’en ont pas ». En réalité, il trahit ceux qu’il prétend aider et maquille l’histoire de ces familles qui ont fui Alep-est pour se réfugier à l’ouest. Ainsi, un homme raconte : « Avant, nous vivions entre Mashhad et Salahaddin [quartiers tenus par l’opposition]. Nous avons tout abandonné, nous n’avons même pas pu prendre de vêtements, les mortiers tombaient sur nous et nous avons couru sans rien. » Pierre le Corf commente le témoignage en accusant les « rebelles-terroristes ». Or les quartiers rebelles sont bombardés par le régime de Bachar et ses alliés russes.

Evidemment, je maquille ces témoignages, ça sort d’ou ça? On appelle ça de la diffamation, affirmer sans savoir. vous avez rencontré ces familles? Sinon pour répondre à votre commentaire, cette famille dont le témoignage est ici a vu arriver les terroristes (car je suis désolé, je maintiens et maintiendrais que je ne reconnais pas Jabhat al-Nusra comme des révolutionnaires et ce sont eux qui étaient sur toute cette zone, opposition? Montre moi?). Prière de lire jusqu’au bout. Ou est le problème? Oui ce sont les mortiers de l’armée, en effet, je ne suis pas là pour dire le contraire bien que vous sous soyez mis ça dans le crâne, mais c’est la cause que vous oubliez de préciser:
Avez-vous idée du courage et de la confiance que ça demande pour des familles musulmanes, de plus une femme seule — pour témoigner ainsi et accepter d’être prise en photo? A quel point c’est honteux encore une fois de m’accuser de manipuler sans aucune autre preuve que celle d’être bornée?
Par ailleurs je dispose de tous les enregistrements des rencontres avec les familles, évidemment c’est un travail fou au quotidien et comme mon arabe n’est pas assez bon, les volontaires me traduisent au fur et à mesure mais pour ne RIEN déformer, nous réécoutons ensemble les enregistrements le soir ou les jours qui suivent pour extraire le message, qui dans chaque famille, parle de la cause, mais surtout véhicule un message vital d’espoir plus que de parler de la guerre elle-même, chaque histoire a un message. On ne modifie rien, on range les idées pour donner 25-45 minutes de discussion en 1 minute de lecture humaine, toujours sans politique ni religion. Les questions que je pose toujours sont: votre histoire, quels sont les moments les plus difficiles dont vous vous souvenez, la chose qui vous manque le plus, ce qui vous rend heureux aujourd’hui et quel message avez vous à passer au monde. Oser utiliser le terme trahir c’est porter un message hypocrite et haineux.

Il décrit la maison d’une famille à qui il rend visite (FB 8.11.16) : « Dans leur toit, une bouteille de gaz montée en roquette envoyée par les terroristes a dessiné un cœur mais enlevé quelques âmes au passage dans le voisinage. » Passons sur le style douteux et essayons de comprendre : une roquette, dans sa course aérienne, aurait tué des gens avant de se planter dans un toit ? C’est un scenario totalement improbable mais admettons. En ce cas combien y-a-t-il eu de victimes ? Qui sont-elles ? Où cela s’est-il passé ? Encore une fois, aucun fait précis ni vérifiable dans ses affirmations.

Ou ais-je dit que la bombe avait tué dans gens dans le ciel (?) relisez. Et si vous ne comprenez pas encore, relisez. C’est le quartier de Ashrafié, en bordure de Banizeid, toute personne qui vit dans ce quartier ou même à Alep pourra vous raconter, mais évidemment je ne publie pas la biographie, les noms l’adresse et le numéro de téléphone de ceux que je rencontre, déjà qu’ils acceptent d’être pris en photo (comme sur cet article qui joint la photo du toît) c’est déjà très courageux, je vous rappelle que c’est une zone de guerre dans un pays en guerre. Mais encore encore encore, vous faites de la réthorique, vous n’attendez pas de réponse. Quant à ma manière d’écrire ça me regarde, je suis fatigué d’écrire la guerre et je ne veux pas pourrir la vie des gens au quotidien alors j’essaye d’autres formes pour arrondir.

On peut en revanche vérifier bien souvent qu’il ment, par exemple quand il affirme le 24.10.16, photo à l’appui, que les rebelles ont bombardé le couvent des carmélites à Alep-ouest. S’il se trouve vraiment là-bas, il ne peut pas ignorer que c’est une intox. Un simple logiciel spécialisé confirme qu’il s’agit d’un photomontage. Qui plus est, le missile en question, un 9M55k est une roquette de fabrication russe « le plus gros type de roquette à sous-munitions puissantes et meurtrières, une arme interdite par une convention internationale de 2008 et utilisée par les Russes en Syrie depuis 2014 » selon Human Right Watch, rapporté par la Croix le 9.02.14 et selon Ares : http://armamentresearch.com/9m55k-cargo-rockets-and-9n235-submunitions-in-syria/Les rebelles ne disposent pas d’un tel armement.

Donc vous pouvez vérifier que je mens, je vous écoute, mais à vos risques et périls, vous riquez de bien faire rire les soeurs Carmélites qui en parlent encore. D’une auteure experte en diffamation vous passez à experte en armement et en logistique rebelle. Cette roquette existe bien je vous le confirme. C’est drôle, moi je n’ai même pas le droit d’enseigner sans être diplômé, probablement l’exception qui confirme la règle donc. Alors je vous invite à nous montrer le photo-montage puisque je suis surpris, vous préférez miser sur le photo-montage plutôt que sur le tir Russe, car quoi que vous puissiez dire, ces roquettes existent et elles se sont abattues ici. Le même jour une autre sous un autre angle, mais votre expertise y trouvera à redire. Les stocks militaires quant à eux ne sont l’apanage de personne et je peux remettre en question la provenance éventuellement, je ne l’ai pas vue tomber, mais pas son existence ni ma sincérité.
Firas Lutfi, Franciscain Syrien, c’est le supérieur du Holy Land College d’Alep si vous avez encore des doutes.
Quoi qu’il en soit la question ne soit pas là n’est-ce pas? En fait ce qui vous dérange probablement c’est que je ne reconnaisse pas la présence rebelle à Alep Est, sinon des groupes extrémistes, je n’ai en effet trouvé que des drapeaux noirs en “courant sur les lignes de front” comme vous dites. Y avez-vous été? Connaissez vous réellement les combattants qui sont sur place ou finalement ne faites vous plus de distinction entre ceux qui auraient pu vouloir un peu plus de liberté, dénoncer des injustices au départ jusqu’à l’instrumentalisation de ce combat … et ceux qui aujourd’hui prêchent le djihad, la mort contre la différence depuis quelques années? On fait la confusion quand on parle du conflit: on dit que les minorités terroristes se trouvent au milieu des rebelles. Non. Les minorités rebelles (aujourd’hui en tout cas) se trouvent au milieu des terroristes. Je ne détiens pas la vérité encore une fois, elle est partielle, mais c’est mon droit de témoigner, je le fais avec précautions et par ma présence ici en apportant des faits, des photos, des vidéos et tout ce qui peut appuyer ce que j’avance. Vous, à part vos mots?
Depuis la fenêtre d’une de mes familles, ce quartier sois-disant uniquement rebelle qui envoie des dizaines de roquettes par semaine, et ce n’est qu’une ligne de front, elles sont nombreuses et uniquement équipées ainsi.
Oui pardon, petit agrandissement, allez y, faites chauffer le “simple logiciel spécialisé”.

Pour ce porte-voix de la propagande officielle, le peuple syrien n’existe tout simplement pas. Face aux forces du régime il n’y a que des terroristes. Son discours simpliste, manichéen à l’extrême, ne souffre aucune nuance. « Cette guerre est importée par des terroristes étrangers qui veulent détruire la Syrie. »Les 300 000 morts sont de leur fait, les 7 millions de déplacés également, qui ont dû fuir leur maison « à cause de l’avancée des terroristes ». Daesch, Al Qaida, Al Nosra, armée libre, soi-disant rebelles : « ce sont des noms virtuels, ils font la même chose, sont la même chose ». C’est faire preuve d’une ignorance profonde, d’une bêtise crasse, c’est une insulte faite aux Syriens, à nous tous, aux musulmans, à l’intelligence et à la dignité humaine. C’est nier l’aspiration d’une société civile à exister, la lutte des Syriens qui ont manifesté dès mars 2011 pour demander la fin de la dictature et qui l’ont pour beaucoup payé de leur vie.

Voilà ce que l’on appelle un procès d’intention, vous savez ce que c’est? Wikipedia: “consistant à invoquer le discrédit sur une personne en lui prêtant des intentions inavouables et condamnables. Le caractère invalide de cette construction existe si ces intentions ne sont pas prouvées, ou même qu’elles sont invérifiables”. Je vais passer outre la mauvaise intention et lire entre les lignes, vous me dites que je ne reconnais pas “l’aspiration d’une société civile à exister” et que je simpifie à l’extrême la situation en classant tout le monde sous la notion de terroristes. Il y a quelque chose que vous ne pouvez comprendre qu’en parlant avec les civils ici et de l’autre côté d’Alep, qu’en vivant ici, je ne peux pas parler pour tout le territoire Syrien mais je peux parler pour ALEP. Les combattants ici sont à très forte majorité Djihadistes ici, point, personnellement je les appelle terroristes. Je vois venir le truc: et les bombardements etc oui et? Ne simplifions pas si simplement, il n’y a pas les gentils d’un côté et les méchants de l’autre, mais je clarifie avec mon regard, j’ai me droit d’avoir mon regard, je ne l’impose pas. Je fais un travail qui priorise l’humain et c’est l’objectif de ma présence ici, même si vous essayez de détruire ça aussi
Le programme Rising Voices qui consiste à donner une voix à ceux qui vivent la guerre, une manière de leur montrer qu’ils existent étant donné que le monde a oublié les gens qui meurent ici des attaques, ce qui ne signifie pas que nous oublions les bombardements mais chacun sa mission, je vis à L’Ouest.
Vous pouvez dire ce que vous voulez, je ne démorderais pas, c’est une situation que je vis, que les gens vivent, les témoignages de familles qui ont vécu de l’autre côté jusqu’à récemment qui se recoupent toutes au même endroit n’est pas un hasard. Venez leur raconter ce que vous me dites, vous les ferez rire ou pleurer. Je suis le civil européen qui vous emmerde, pour vous je n’ai rien à faire là à mettre mon grain de sel, et oui, probablement une opportunité pour d’autres, mais si je suis une opportunité je le suis en tant qu’humanitaire, même si vous me refusez de l’être, en tant qu’observateur neutre malgré les efforts que vous menez pour briser cette neutralité avec des arguments vides et allant jusqu’à fouiller et décontextualiser des histoires sur mon passé. C’est sale

Son égarement n’a pas de bornes. Il n’hésite pas à faire un parallèle délirant entre la seconde guerre mondiale et la guerre en Syrie, comparant l’opposition syrienne aux nazis, « une armée [qui] s’est levée à la conquête du Moyen-Orient et de l’Europe », et le régime de Bachar et ses alliés russes aux Résistants. On croit rêver. (post FB 10.10.16).

En fait, plus j’écris, plus je me souviens de vos commentaires incessants. En relisant la totalité du texte, nulle part vous avez utilisé le terme terroriste mais seulement opposition Syrienne. C’est comme si je disais qu’il n’y avait pas d’avion à Alep. Vous défendez donc ces hommes et la révolution sans visage, quels qu’ils soient, à contrario, je n’ai jamais pris de position. Je suis désolé, je ne peux pas vous suivre sur ce terrain, j’ai vu trop de gens mourir ici.

« Je suis du côté de l’humain » martèle-t-il. On en doute devant une vidéo virale qu’il publie et repartage régulièrement sur son mur FB où il se met en scène dans une salle de classe, exalté, disant qu’il « prie pour que les avions russes arrivent ». Les avions russes, ceux-là même qui bombardent et brûlent Alep et ses habitants depuis des mois, les avions russes qui commettent quotidiennement des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité, Pierre le Corf, soit-disant travailleur humanitaire, appelle de ses prières des avions de guerre pour bombarder des civiles ?

Martèle, se met en scène, exalté, vous ne manquez pas d’adjectifs pour détruire et marginaliser un témoignage qui ne vous plaît pas. Vous esperez probablement que votre “opposition” sans visage donc prenne Alep mais les 1,2 millions de personne qui vivent ici ne le veulent pas, ils ont annoncé la couleur de l’autre côté sur ce qu’ils feront des “infidèles qui ont choisi Bachar Al Assad” (simplement en vivant ici) les avions ont protégé les frontières qui nous séparent des combats, de la mort. Sur ces zones pas de civils mais des combattants bien décidés à en finir. Vous me mettez au pilori donc, attaquant mon témoignage, mais en faisant ça vous mettez tous les civils qui vivent ici au pilori, ce sont plusieurs centaines de milliers de personnes qui ont vécu ça au quotidien et bien pire au départ. Revenons à cette vidéo, non pas exalté mais épuisé par les combats et les roquettes ici chaque jour dans le quartier de Midane ou je vivais qui est le quartier le plus touché.
Vidéo à l’école ou j’enseigne, pas beaucoup de mise en scène à faire, c’était MA salle de classe.
Vous remarquerez que je prends le temps de vous partager calmement ce que nous vivons, avec l’espoir que vous ayez à minima l’esprit un peu plus ouvert que vous ne l’avez démontré jusqu’à maintenant. Pendant de nombreuses nuits cet été par exemple les gens dormaient habillés la nuit et un sac prêt malgré la chaleur car les attaques contre la ville étaient tellement violentes que beaucoup pensaient devoir fuir le plus rapidement possible, les combats ont tués beaucoup de civils ici pris par les feux extérieurs sur la ville à chaque fois, comme chaque jour finalement. C’est quelque chose que vous ne pouvez probablement pas comprendre sans être ici: dans la vidéo dont vous parlez, j’appelle les avions. Quand ils sont là, peu de tirs sur les civils, … parce que lorsque les avions effectuent un turn-over, s’absentent, ce sont des dizaines de roquettes et mortiers qui s’abattent sur la ville, pas d’armée ici, des civils qui meurent encore encore et encore, et j’ai la prétention de le dénoncer pour avoir vu assez de gens mourir ici. Vous?

Sous le verni, bien fin, de l’humanitaire au grand cœur, au ton de prédicateur enflammé, interpellant ses fidèles, pardon, ses lecteurs à coups de « ouvrez vos cœurs », proclamant « Je ne suis rien ni personne. Je suis prêt à sacrifier ma vie »… sous ce verni-là, Pierre le Corf est un pro de la communication.

Oui, je dois avouer que c’est une compétence que j’ai toujours eu, m’exprimer mieux que d’autres, mais vous savez ce qui fait que j’y arrive si bien? C’est parce que je ne me ment jamais sur mes sentiments, quand je m’exprime mes sentiments sont vrais et le message s’en ressent. Vous appelez ça un verni, j’appelle ça de la sincérité. Je ne suis rien ni personne et suis en effet prêt à sacrifier ma vie, aussi lyrique que cela puisse paraître, je le prouve chaque jour. Quand je vous lis, je me sens triste pour vous, pourquoi vous vous acharnez sur moi?

Avant d’arriver en Syrie, il s’est offert un petit tour du monde aux frais de la princesse. Sous prétexte de mener un projet humanitaire (récolter les histoires des gens qu’il rencontre), il a monté une organisation, We are superheroes, et réussi à lever des fonds auprès de particuliers et de sponsors professionnels.

Alors là je n’ai pas pu m’empêcher de sourire, au-delà du procès d’intention qui continue de plus belle, vous voilà mon comptable maintenant. Il n’y a aucun prétexte sinon un choix que j’ai fait pour ma vie, pour me dévouer aux autres, chose que j’ai eu tendance à oublier ces dernières années en quelque sorte et je me suis rattrapé à temps, c’est avec un profond amour que je fais ce que je fais tous les jours. Je finance tout depuis le départ personnellement, je ne vois pas la princesse dans tout ça, mais à part un petit Kickstarter au Canada après la mission au Mexique — USA je n’ai pas de sponsors professionnels financiers, sinon de nombreux partenaires qui au départ étaient des soutiens moraux / logiciels, je suis indépendant de tout financement publique ou privé sinon de maigres donations car je ne touche pas d’argent, n’ai jamais vendu les contenus créés, au contraire les ai mis à disposition de médias par centaines gratuitement pour pouvoir montrer la vie, oui parce que je ne suis pas là pour parler d’opposition ou de gouvernement, je parle de la vie

Le personnage qu’il s’est créé à cette occasion est digne d’un roman pour ado. « J’ai vendu tout ce que j’avais et je suis parti » affirme-t-il. Sur son mur FB, il poste pourtant deux mois avant le grand départ une annonce pour louer son appartement en son absence, « à Charles de Gaulle-étoile », quartier ultra huppé de Paris.

J’ai effectivement vendu tout ce que j’avais de valeur et que j’avais accumulé pendant des années de peur de manquer un jour. Je ne suis d’ailleurs pas propriétaire de mon appartement, bien essayé.

Issu d’une famille qu’il nous présente comme pauvre, Pierre affirme qu’il fouillait les décharges à l’âge de 12 ans avec son grand-père. Dans une interview donnée en 2014, l’histoire qu’il raconte lui-même est pourtant bien différente : il sonnait aux portes récupérer des objets inutilisés chez les gens et les revendait. Il affirme qu’il gagnait ainsi beaucoup d’argent. « Mon plus gros marché, j’avais fait 1200 francs. » Pas mal pour un gosse de 12 ans. On est loin du personnage de Dickens qu’il veut nous vendre aujourd’hui.

Haha alors là on s’enfonce profondément, quiconque m’a connu depuis petit connaît mon environnement modeste. Histoire de rectifier toutefois, je vivais la majorité de mon temps chez mes grands-parents et j’allais en effet collecter des choses dans les décharges, c’était notre vie et j’aimais cette vie, pour être tout à fait honnête cela fait partie des meilleurs moments de ma vie. L’été cependant j’aidais mes parents sur les parcs, ils étaient ostréiculteurs et chaque mardi et samedi je faisais les marchés, je frappais chez les gens durant la semaine pour récupérer tout ce qu’ils avaient chez eux et ne voulaient plus et je le vendais, quand les gens en ont eu marre de me voir venir piller leur maison, je me suis mis à faire des poupées en coquillages puis quand j’en ai eu marre, des scoubidous que je vendais au porte-à-porte le matin, etc. vous cherchez la petite bête.
Avec mes parents en travaillant en mer. Je suis sûr que vous vous dites que c’est encore du storytelling, mais non, c’est ma vie et il va bien falloir apprendre à respecter les gens.
Je ne sais pas ce que vous attendez de ma vie, ce que vous cherchez à démontrer sinon essayer d’accumuler des jeux de sémantique pour, après avoir essayé de décridibiliser mon travail, essayer de salir un peu ma vie pour donner plus de sens à votre discours passablement agressif et sans sens sinon la frustration de voir que ce que je fais a un impact, mais pas celui que vous voudriez voir.

Après un passage par une école de cinéma, il monte une agence de production audiovisuelle puis une boite de nuit à Lyon. Il confie encore au journaliste de pourquoientreprendre.fr : « [ma carrière audiovisuelle] c’est sûr que je vais la reprendre. Je la reprendrai, ça c’est une évidence.”

Force est de constater qu’il a tenu parole.

Ca y est, la suite d’idées que vous avez essayé d’enchainer commence à prendre du sens, je précise que j’ai d’abord monté une boite de nuit (startup visant à innover au niveau humain dans le milieu de la nuit) puis après d’autres expériences et projets en 2014–2015 une entreprise de production audiovisuelle, gardons les choses dans l’ordre, vous semblez avoir passé pas mal de temps sur mon “Cv bien renseigné sur la toile” aussi intitulé LINKEDIN. On remarque vous êtes écrivaine, vous savez prendre vos lecteurs en haleine, leur en donner petit à petit mais pas trop à a fois, assez pour les tenir et créer le personnage mentalement. Pourtant vous tirez un peu à vide quand même.

La raison de l’engagement du jeune entrepreneur en communication dans la propagande pro régime en Syrie est à chercher du côté de l’organisation SOS chrétiens d’orient. Présidée et animée par des militants d’extrême-droite (Benjamin Blanchard et Charles de Meyer du FN, Damien Rieu, porte-parole de Génération identitaire, etc.) qui ne cache pas son soutien inconditionnel au régime syrien et à ses alliés russes. Pierre le Corf mentionne ses liens avec cette organisation dès son arrivée au Liban en mars 2016. C’est très probablement grâce à eux qu’il obtient un visa pour rentrer en Syrie.

Ca y est, enfin, nous arrivons vers la fin, enfin, la conclusion, le petit goût que les lecteurs devront garder dans la bouche. Alors, commencons par SOS Chrétiens d’Orient, puisque c’est chose que j’ai communiqué dans la moitié de mes ITW n’ayant rien à cacher, Benjamin Blanchard que j’ai rencontré il y a 8 ans à Lyon a été touché par ce que je faisais à travers le monde et m’a envoyé un message un jour en me disant que si je venais à vouloir aider ici aussi de la même manière, je pourrais probablement venir en Syrie, tout simplement ! Si vous regardez bien mon profil, mon parcours, la diversité des personnes que j’aide et les discours que je tiens, vos arguments pour essayer de me mettre dans votre petite boite à diabolisation tombent à l’eau.

Ca a toujours été de notoriété publique, je ne m’en suis jamais caché.

Je suis arrivé en Syrie avec le regard d’un Français, encore plus ignorant que je ne le suis maintenant car à votre différence je n’ai pas la prétention de savoir, sinon de donner mon avis à travers des faits que je vis et vois au quotidien. Initialement j’étais un peu perdu, voire contre le gouvernement car ayant été abreuvé pendant des années avec les mêmes images. Dès mon arrivée en Syrie je suis parti pour Alep, pour essayer de comprendre. C’est en arrivant ici que j’ai rapidement découvert des situations qui dépassaient de loin la fiction, des réalités que les familles vivaient au quotidien. Très rapidement j’ai travaillé avec des organisation locales de charité et j’ai été touché par la vie et par la mort qui plane sur les gens ici aussi (ce qui ne signifie pas que j’oublie les familles de l’autre côté, pour moi les civils ne font qu’un ici). Enfin, je suis en Syrie totalement dissocié de SOS, en tant qu’humanitaire indépendant avec visa à l’imigration Syrienne. C’est facile de tirer à boulets rouges comme ça en lançant des “et si” et on laisse chacun en retirer ce qu’il veut.

Pas étonnant, en ce cas, qu’il arrive en Syrie non pas avec un regard neutre d’humanitaire mais avec une vision et un discours tout prêts à nous déverser dans les oreilles. Pas étonnant de le voir, à peine entré dans le pays, poster des photos du dictateur (FB 25.03) et poser près d’un drapeau du régime de Bachar dans la ville dévastée de Maaloula (FB 30.03).

Force a été de constater que je ne savais rien de la Syrie et du conflit avec le regard extérieur que j’avais, celui d’un Français qui regardait la guerre sur la télévision et pouvait tourner le bouton OFF a tout moment, jai changé d’avis et me suis fait ma propre idée du conflit en partageant tout comme ceux qui vivent ici et l’affrontent tous les jours. “Poser près d’un drapeau du régime de Bachar dans la ville dévastée de Maaloula”. Je ne pose pas devant un drapeau de Bachar, je suis debout sur le toit d’un immeuble détruit par des fanatiques qui ont massacré les gens, les mêmes que nous avons ici à Alep, je pose sur le toit d’un immeuble ou flotte le drapeau de la Syrie, cela que ça vous plaise ou non c’est une réalité.

pas étonnant, enfin, de découvrir un énergumène narcissique, entrepreneur infatigable, acteur raté, affabulateur éhonté et parfait ignorant de la société syrienne choisir pour décor le théâtre d’un conflit auquel il ne comprend rien pour jouer ce qui semble être le rôle de sa vie, celui d’un rouage à visage humain de la propagande du régime de Bachar al Assad.”

Et bim, dans les dents, c’est le dernier tour du toréro, l’excitation, il doit piquer la pauvre bête, un arrière gout de sadisme et de méchanceté gratuite, quoique aujourd’hui tout ça n’a pas eté fait gratuitement, il y a un objectif dans tout ça n’est-ce pas? Je vais vous dire, je me bat ici, et je sais que vous n’en avez rien à foutre parce que vous n’avez même pas la décence de vous exprimer avec respect, vous êtes un canon à haine dans cet article alors que je ne vous connais même pas (sinon vos commentaire incessants) vous n’avez ni respect pour le travail que je fais, pour moi, ni les gens qui doivent affronter la guerre ici, ici oui ICI. Ou êtes-vous?? En ecrivant cet article et en le faisant partager vous me menacez directement, vous m’identifiez comme une cible sur des réseau dont vous connaissez les tenants, vous faites preuve de diffamation. Sur ce je vous demande de cesser ce harcèlement pour le bien de tous, si vous n’aimez pas ce que je fais alors n’y portez pas d’attention, point.

Cdt.