La fin des La La La…
Montréal, 3 septembre 2015 08:04
La fin de La La La Human Steps ce soir me rappelle ma génération, ceux qui avaient plus ou moins 20 ans autour des années 80. Cette compagnie est née de ces années. Comme celle que j’ai participé à construire aussi dans ces années (Buzz 1988). Of course nous ne dansions pas, même si, des fois. :)
Ce fut une époque « charnière » ici comme ailleurs.
Une époque de vivacité culturel
Tout marchait, tout fonctionnait.
MTV « pétait » le moule de la radio avec le videoclip et créait une onde de choc planétaire. Video Killed the radio STAR clamait les Buggles.
On innovait, bousculait, changeait les normes, les formes, pendant que la techno (même lourde) nous donnait des ailes. C’était un courant. Un courant d’air frais ou tout était possible.
En pub, les « writers » carburaient d’histoires (les McDo,Bell & cie), les réalisateurs tournaient les caméras à l’envers, les clients embarquaient, le spectateur en redemandait.
La musique se transformait du « prog » au dance, les cheveux des gars montaient et descendaient comme les jupes des femmes.
Le rêve se vivait en temps réel, comme si la frontière n’existait pas entre les deux.
La possibilité de faire, de défaire, de casser la baraque, de signer sa marque était le day to day.
« La machine » carburait au « Super Fuel »
Nous consommions la culture des « nôtres » et « l’externe » était accessible qu’à un public restreint.
La presse internationale était offerte que dans certains kiosques spécialisés.
Même le journal Le Soleil de Québec arrivait en fin d’après-midi à La Malbaie mon patelin.
Nous n’avions pas le choix de consommer « régional » et ce dans tous les domaines.
La techno a évolué et fait tourner la planète avec un grand « spin ».
L’Europe est devenue notre voisin, les « states » nos frères.
Nous pouvons maintenant consommer tout de tous en tout temps et ce presque instantanément.
Fou de même!
Pourquoi écouter le band du coin quand on a accès aux « top of the line » de la planète?
Et vlan!
Le beau-frère sert sa bombarde et se met à autre chose. On a perdu un « bombardeux » .
Puis ça grossi comme ça et nous devenons de plus en plus global de jour en jour.
On écoute les news à la BBC, regarde les gens crever en direct sur des sites inconnus.
Les chanteurs arrêtent de chanter, les jongleurs partent au Japon avec la troupe au complet.
« Ça ne vaut pas la peine de laisser ceux qu’on aime pour aller faire tourner un ballon sur son nez » disait la chanson des Beau Dommage. Et bien c’est dommage, mais ça devient la norme.
Nous ne consommons plus local, mais global.
Et pendant ce temps, le danseur du coin, arrête de danser.
Notre nouvelle ère.
Pierre Moffatt