Approvisionner les grandes et moyennes surfaces, un défi relevé par les transporteurs

Les grandes et moyennes surfaces commerciales (GMS) sont aujourd’hui les lieux privilégiés de la consommation des Français. Ce secteur pèse environ 430 milliards d’euros. Sa définition n’est pas évidente à arrêter mais on distingue d’une part les distributeurs qui réalisent l’essentiel de leur vente dans l’alimentaire (Carrefour, Auchan, etc…) et les distributeurs spécialisés qui se concentrent sur un type de produits non-alimentaires (Fnac, Conforama, etc…). De plus, il faut distinguer les moyennes surfaces qui vont jusqu’à 2500 m² et les très grandes surfaces de plus de 2500 m². Du point de vue des distributeurs, la logistique est un levier de compétitivité qu’ils se doivent de parfaitement maîtriser. Lorsqu’on traitent des millions de tonnes de fret, le moindre % gagné peut être décisif ! Le transport est un des éléments de la chaîne logistique et pèse, par exemple, environ 500 millions d’euros pour le numéro 1 français Carrefour (sources Logistique Magazine). Face à une typologie aussi diverse, il est difficile de traiter du transport de façon globale, et nous ne pouvons que donner un aperçu, que nous espérons le moins lacunaire possible.

Quelle place pour la fonction transport chez les GMS ?

Devant de tels enjeux, les directions logistiques doivent arbitrer entre conserver une flotte en propre ou externaliser la fonction transport en la prestant à des transporteurs indépendants. Selon les études du Ministère du Transport, on remarque une vrai différence entre les flux en amont des entrepôts des distributeurs et en aval de ceux-ci. Les flux en amont des plateformes sont quasiment exclusivement confiés à des transporteurs indépendants quand les flux aval sont assez souvent encore en propre (sources : Sétra 2008).

Les transporteurs doivent répondre à la diversité des produits

Quel est le point commun entre une machine à laver vendue en magasin spécialisé de centre-ville et un plat surgelé vendu dans un hypermarché de centre commercial ? Le transport : toutes ces marchandises vont devoir être transportées d’un industriel à un magasin par des camions. Ainsi, les GMS impliquent des transporteurs extrêmement divers pour traiter parfois plus de 150 000 références dans le cas d’un hypermarché. Pour prendre un seul exemple, les grandes enseignes de l’alimentaire mettent en place des circuits logistiques spécialisés dans certaines familles de produits telle que :

  • l’épicerie
  • les DPH (droguerie, parfumerie, hygiène)
  • les liquides
  • le frais
  • les surgelés
  • les “marchandises générales” (bazar, textile, électroménager…)

C’est autant de process et de transporteurs spécialisés à chaque fois. Au bon produit, le bon transporteur. A cette diversité de produits, répond une diversité de temporalité. Dans l’alimentaire, 75% des produits suivent un circuit logistique long quand dans les magasins de bricolage, les produits suivent en majorité des circuits courts.

Une prestation toujours plus qualitative

La grande distribution a progressivement établi des process qui sont devenus très exigeants en matière de qualité de service. Il y a ainsi de nombreux litiges entre des transporteurs qui considèrent ne pas être en tort et des distributeurs qui refusent la marchandise. On se souvient du procès entre Liddle et le transporteur Ebrex en 2013 autour de la livraison de produits surgelés.

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