En Marche vers les Jours Heureux

Pourquoi Nicolas Sarkozy n’a-t’il pas réussi à faire disparaître ni les 35 heures ni l’ISF? Pourquoi François Hollande n’a-t’il ni mis en place le droit de vote des étrangers, ni anéanti son ennemie la Finance ?

Peut-être parce qu’ils sentaient qu’ils n’en avaient pas le mandat, même si ces thèmes figuraient dans les débats pré-électoraux.

Alors qu’il s’agit de partis implantés depuis des années, les renoncements des différents quinquennats montrent que la légitimité des Socialistes ou des Républicains est finalement fragile. Ces deux partis se rattachent à des traditions historiques dont ils se servent pour mobiliser leur camp lors des élections qui comptent mais, une fois élus, ils n’ont, en revanche, pas de mandat réel pour mettre en oeuvre un programme en ligne avec leur idéologie fondatrice.

De de Gaulle à Jaurés ou Blum, les fidélités historiques des candidats actuels sont glorieuses mais sans forcément d’impact sur leur politique. Cela dit toute ascendance prestigieuse est bonne à prendre, faut-il rappeler que Jules César se présentait aux élections sénatoriales comme descendant direct de Vénus.

A l’inverse, abandonner le clivage gauche-droite ne signifie pas l’eau tiède. Dans un autre contexte, dans un autre temps, le Conseil National de la Résistance adopta un programme ambitieux, le programme des Jours Heureux, qui fonda la sécurité sociale et la logique des participations stratégiques de l’Etat. Pourtant, il n’était pas issu d’une tradition idéologique, mais de la rencontre entre des volontés, historiquement adverses, d’adapter les lois et l’organisation de leur pays. Ce parallèle avec le mouvement En Marche, osé et contestable sur bien des aspects, est néanmoins inattaquable sur un fait historique : le clivage gauche-droite peut être dépassé pour des décisions structurantes.

Le mouvement En Marche n’est pas qu’une histoire de une des journaux ou de bulle médiatique. Il y a un an, 190 000 citoyens évoluaient entre l’inaction et la frustration. Ils appartiennent désormais à un mouvement qui, premièrement, les écoute, deuxièmement, les fédère, troisièmement, se donne les moyens de les représenter.

L’empreinte médiatique d’Emmanuel Macron participe bien sûr à la dynamique du mouvement. Mais elle ne s’y substitue pas. Dans les faits, dans le quotidien des presque 4 000 comités locaux qui se sont créés en moins d’un an, soit largement plus de 10 par jour dans le pays, les citoyens échangent et collaborent, créant une vie démocratique dans son acceptation la plus athénienne du terme : une participation de chacun à la vie politique, dans une logique de proximité et de fraternité.

Certes, la répartition géographique de ces comités locaux montre une sur-pondération des centres urbains. En ce sens, il ne serait pas un mouvement représentatif de la population française au sens sondagier du terme. Cependant, même si son intensité varie, l’implantation sur le territoire est complète et l’engouement visible lors des meetings organisés partout dans le pays. Par ailleurs l’engagement du rat des villes aurait-il moins de valeur que celui de son cousin le rat des champs? Chaque voix est égale et, en l’occurrence, les thèmes portés par le programme d’Emmanuel Macron traversent toute la société.

Mutation technologique et liberté des échanges dessinent une division internationale du travail qui met sous pression la population active française et nos territoires. Emmanuel Macron est le seul dans cette campagne à proposer une sortie par le haut. Sur les quatre thématiques que sont l’éducation nationale, la santé, la fiscalité et la formation professionnelle, les propositions d’En Marche visent à donner le maximum d’atouts aux français pour qu’ils puissent vivre de leur travail.

L’avenir de la France n’est ni dans le shoot du revenu universel de Benoît Hamon ni dans le repli carcéral d’un FN qui veut tout fixer en France, même l’innovation (véridique, engagement 41 du programme de Marine Le Pen) mais dans la libération des forces vives du pays, promesse initiale du mouvement En Marche. L’adaptation à la mondialisation n’est pas non plus un prétexte pour ouvrir la saison de la chasse aux 500 000 fonctionnaires promise par François Fillon.

Ce combat pour faire avancer le pays court-il vers une victoire certaine? Non, bien évidemment, comme toute bataille, elle est indécise. Le défi de l’organisation de la production est présent au quotidien pour toutes nos entreprises, toute reconversion professionnelle représente une part du risque, les choix éducatifs de maintenant porteront leurs fruits dans dix-vingt ans, notre modèle social est à la fois un atout et une source de coûts. Dans ce contexte, face aux renoncements court-termistes proposés par les autres candidats, voter Emmanuel Macron, c’est la priorité donnée à l’égalité des chances, c’est le choix de l’émancipation de chacun par le travail, et c’est le pari d’une France qui participe au développement du monde sans le subir, ni s’en exclure.

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