Comment les femmes aident à renforcer les systèmes de santé

Une bonne gestion des déchets médicaux contribue à combattre COVID-19 en Afrique

ONU Développement
Apr 16 · 5 min read
Des formations sur les pratiques de tri et d’élimination des déchets médicaux sont dispensées par des canaux accessibles aux infirmières et aux groupes vulnérables tels que les travailleurs sanitaires. Photo : PNUD Madagascar

Quotidiennement, la crise du COVID-19 nous rappelle à quel point nous avons besoin d’établissements de santé efficaces et durables. Mais moins d’attention est accordée à la bonne manipulation et à l’élimination des déchets contaminés comme les seringues, gants et équipements de protection.

À Wuhan, cœur de l’épidémie en Chine, les hôpitaux ont généré six fois plus de déchets médicaux qu’avant le début de la crise (RFI), nécessitant une nouvelle usine de traitement et le déploiement d’installations mobiles.

Un problème de santé publique

Souvent, les établissements de santé des pays en développement peinent à respecter les protocoles d’élimination des déchets médicaux , confrontés à des problèmes plus urgents ou au manque de fonds pour acquérir l’équipement adéquat. Les hôpitaux éliminent parfois leurs déchets en les enfouissant, en les incinérant à ciel ouvert ou même en les jetant avec les ordures ménagères, exposant ainsi leur personnel, patients ou communautés voisines à des risques de contamination.

« Nous utilisions un système d’incinération qui polluait l’environnement et exposait notre personnel et nos patients. Depuis, nous avons reçu deux autoclaves qui stérilisent nos déchets infectieux et les transforment en déchets ordinaires », explique Evans Asamoah, leader du projet sur les déchets médicaux au CHU de Cape Coast au Ghana.

Depuis 2016, avec un financement du Fonds pour l’environnement mondial, le PNUD met en œuvre un projet visant à éliminer les produits chimiques toxiques et à améliorer l’élimination des déchets dans le secteur de la santé en Afrique.

En partenariat avec les ministères de la Santé du Ghana, de Madagascar, de la Tanzanie et de la Zambie, le projet encourage l’adoption de meilleures pratiques en matière de gestion des déchets médicaux. Des hôpitaux dans les 4 pays ont ainsi été équipés d’autoclaves, de matériel de nettoyage et de tri des déchets médicaux tels que des poubelles, des coupe-aiguilles, ainsi que de thermomètres et de tensiomètres sans mercure.

Éduquer et responsabiliser

Fanjaranirana Raholiarimanana est une sage-femme spécialisée en pédiatrie à l’hôpital Mère Enfant de Tsaralanana à Madagascar. Avant, elle jetait ses seringues et aiguilles usagées dans le même sac, au risque se piquer les doigts et de contracter une maladie infectieuse.

Aujourd’hui, Fanjaranirana a pu changer sa façon de faire et enseigne ces nouvelles pratiques à ses collègues et aux familles dont elle s’occupe. « Nous avons installé un distributeur de solution hydro-alcoolique et des poubelles colorées pour le tri des déchets tout autour de l’hôpital. Lorsque j’entre dans une pièce pour parler aux parents, je leur rappelle immédiatement la nécessité de disposer correctement des couches, par exemple. »

En tant que femme et infirmière, Fanjaranirana fait partie de l’un des groupes les plus à risque de contact avec les déchets médicaux. À l’échelle mondiale, les femmes représentent 70% du personnel soignant et d’assistance sociale et ont tendance à être plus exposées que les hommes aux produits chimiques toxiques et aux infections nosocomiales.

Les nettoyeurs et ramasseurs de déchets, ou même ceux qui font les poubelles, sont aussi particulièrement à risque car ils n’ont généralement pas accès à l’information sur les menaces que peuvent représenter les déchets médicaux.

« Les formations comprennent sept parties différentes telles que le lavage des mains, le traitement des déchets médicaux et l’élimination du mercure. Les hôpitaux publics collaborent avec nous en organisant des vidéoconférences et en mettant à disposition des experts », explique Simon Hilaire, vice-président d’une association d’agents paramédicaux privés à Madagascar.

Depuis 2017, plus de 250 professionnels de la santé et spécialistes de l’environnement ont été formés sur les questions de gestion des déchets de soins à Madagascar, tandis qu’au Ghana, plus de 600 agents de santé ont été formés aux meilleures pratiques ainsi qu’au fonctionnement et à la maintenance des autoclaves.

« J’ai appris à bien séparer les déchets et j’apprécie que cela puisse empêcher des infections nosocomiales et maintenir l’environnement sain », explique Edith Amuttiy, infirmière en santé publique au centre de soin de Tegbi au Ghana.

Au-delà des hôpitaux

À Madagascar, les déchets traités à l’autoclave, y compris le plastique et le verre, sont recyclés en pavés, briquettes, chaises et autres articles utiles, et fournissent une source alternative de revenus aux hôpitaux publics.

La Dre Hectoria Awekeya, médecin généraliste à l’Hôpital régional de l’Est à Koforidua, au Ghana, dit que ses compétences en tant que formatrice régionale en prévention et contrôle des infections (IPC) l’aident également à la maison : ses garçons sont maintenant conscients de la nécessité de se laver les mains régulièrement et trient leurs déchets dans des conteneurs séparés — de simples gestes qui revêtent une importance cruciale en temps de pandémie.

Praticiennes et mères bien informées comme Hectoria et Fanjaranirana peuvent ainsi combattre efficacement le Coronavirus et sensibiliser les générations futures non seulement à la santé et à la sécurité du personnel et des patients des hôpitaux, mais de façon plus générale à la santé humaine et environnementale.


Texte: Myriam Harilala Vololonarivo / PNUD Madagascar et équipe de projet PNUD-FEM UPOPs à Istanbul

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