En Haïti, la reconstruction après Matthew


Les communautés touchées par l’ouragan Matthew ont commencé à dégager les arbres abattus et les décombres, avec le soutien du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), tout en gagnant un revenu bien nécessaire au relèvement après la catastrophe.

« Je peux enfin gagner ma vie pour payer les frais de scolarité de mes trois enfants, » dit Yolette Aristil. Cette jeune femme de 27 ans est l’une des participantes à un projet du PNUD visant à soutenir les communautés touchées par l’ouragan.
Yolette Aristil.

La tempête de catégorie 4, avec des vents de 230 km/h, a dévasté le sud-ouest d’Haïti le 4 octobre. Plus de 500 personnes auraient trouvé la mort et au moins 175 000 sont hébergées dans des abris. Les villes sont inondées et plus de 120 000 maisons ont été endommagées ou détruites.

Cette famille a trouvé refuge dans une école à Arcahaie. © UNICEF/UN034985/Moreno Gonzalez

L’ouragan Matthew a emporté le toit de la maison de Yolette, et détruit sa plantation de manguiers, une épreuve pénible de plus pour la famille qui avait déjà du mal à joindre les deux bouts avant la catastrophe. Le mari de Yolette est sans emploi et le couple ne pouvait déjà pas se permettre d’envoyer leur troisième enfant à l’école.

Photo Logan Abassi UN/MINUSTAH

Les vents violents et les inondations ont submergé les terres agricoles et anéanti le bétail, ce qui aura un impact dévastateur sur la sécurité alimentaire à long terme.

Comme Yolette, jusqu’à 90 pour cent des personnes dans certaines communautés ont vu leurs moyens de subsistance emportés par l’ouragan.


Formation des participants au projet ‘Argent contre travail’.

Avant de reconstruire, les communautés haïtiennes impactées doivent d’abord évacuer les décombres et les déchets qui jonchent le sol.

« Notre objectif est de fournir des emplois à court-terme au cours des 40 prochains jours, pour évacuer les arbres tombés et les décombres provenant des maisons détruites, tout en soutenant les communautés afin de les aider à recouvrir leurs moyens de subsistance. » - Rita Sciarra, responsable de l’unité de lutte contre la pauvreté du PNUD.
Participants au projet ‘Argent contre travail’. Photo: PNUD en Haïti/ Ruvens Ely Boyer

En collaboration avec les autorités locales et l’ONG Association des Irrigants de Fauché (AIFA), le PNUD a déjà fourni des emplois d’urgence à 1 416 personnes à Grand Goave — dont 60% de femmes — pour évacuer, récupérer et recycler les déchets.

Pour nous, femmes, ce travail permettra d’améliorer les choses. Nous pouvons peut-être démarrer une petite entreprise “, dit Yolette. “Si nous ne travaillons pas, nous ne pouvons rien faire.”,
Photo: PNUD en Haïti/ Ruvens Ely Boyer

L’initiative permet de débarrasser la communauté des déchets et de rétablir les sources de revenus pour un maximum de 4 257 participants durant les 40 prochains jours.

Elle fait partie intégrante d’un vaste programme de relèvement que le PNUD prévoit de mettre en œuvre sous peu. Le PNUD a déjà procédé au déploiement d’experts en relèvement rapide, et a engagé 500 000 dollars en fonds d’urgence.

Il se concentre également sur l’appui à la coordination des efforts de relèvement rapide et à long-terme par le biais du Département de la protection civile.

Photo: PNUD en Haïti/ Ruvens Ely Boyer
“ À la demande du maire de Grand Goave, nous veillons à ce que la communauté prenne le processus de reconstruction en mains propres », dit Rita Sciarra.

Pour Yolette, l’objectif est très clair : voir son troisième enfant inscrit à l’école. « Si je peux garder ce travail pendant deux semaines ou plus, j’y arriverai », dit-elle.

Photo: PNUD en Haïti/ Ruvens Ely Boyer

Les Nations Unies ont besoin de 6,15 millions de dollars pour appuyer les efforts de relèvement précoce, reconstruire les infrastructures et aider à rétablir les moyens de subsistance des Haïtiens touchés par Matthew.

Le PNUD récolte également des fonds pour Haïti. Faites un don ici: undp.org/helpHaiti

La ville de Jeremie, le 11 octobre 2016. © Logan Abassi UN/MINUSTAH

Texte: Silke von Brockhausen (PNUD); Photographe: Ruven Ely Boyer (PNUD en Haïti); éditeur photo: Freya Morales (PNUD), éditeur texte: Laurence Lessire (PNUD).

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