En Jordanie et au Liban, communautés d’accueil et réfugiés syriens s’unissent

« J’ai gagné la confiance de mes voisins, » dit Maha Tilawi, un large sourire aux lèvres.

Originaire de Homs, en Syrie, Maha s’est réfugiée en Jordanie à cause du conflit qui frappe son pays. La guerre lui a pris un de ses fils, et cette couturière de 51 ans doit subvenir seule aux besoins de sa famille.

Avec ses 35 années d’expérience, elle avait conscience de pouvoir délivrer un savoir et a rejoint un programme d’échange de compétences pour apprendre les ficelles du métier aux jeunes Jordaniennes.

« Au départ, les contacts avec les Jordaniens m’angoissaient mais j’ai vite noué des liens d’amitié », raconte-t-elle.

Al-Zeina (à droite) et sa marraine syrienne, Maha

À travers ce programme, des réfugiés syriens forment de jeunes locaux. Le partage des savoirs aidant, les relations professionnelles et l’amitié ont pris le pas sur les préjugés et la peur.

« Ce projet m’a permis de gagner la confiance de mes voisins, » explique Maha. « Avant personne ne me proposait du travail, mais une fois qu’ils ont su que j’étais formatrice dans le cadre du projet d’échange de compétences du PNUD, ils ont commencé à me solliciter. »

Maha parraine Al-Zeina Salem, une jeune Jordanienne passionnée de mode qui rêvait de développer son activité. Zeina a ainsi pu ouvrir un atelier de couture, tout en continuant à collaborer avec sa ‘‘marraine’’ « Je veux continuer à travailler avec Maha car elle est très qualifiée et nous sommes devenues de très bonnes amies. »

Islam à propos de son expérience dans ce Programme d’échange de savoirs : “Nous sommes maintenant une famille”

Islam Zu’bi participe également au projet. « Tous les formateurs syriens sont très coopératifs, » dit-elle. « Ils se sont toujours montrés disponibles. Aujourd’hui, nous ne faisons plus la distinction entre Jordaniens et Syriens. »

En août 2017, la Jordanie avait déjà accueilli plus de 650.000 réfugiés syriens. Dans les Gouvernorats de Mafraq et d’Irbid, les échanges de savoir-faire entre Jordaniens et réfugiés syriens sont financés par le Gouvernement du Japon et l’Union européenne en collaboration avec le Programme alimentaire mondial et la National Microfinance Bank. La mise en œuvre des activités du projet est assurée par le PNUD, et des partenaires jordaniens comme le Business Development Center, l’université d’Al Quds et Migrate.

Une scène de la pièce “Nous restons ensemble” racontant comment les réfugiés syriens et la communauté libanaise cohabitent en harmonie

Au Liban, la jeunesse libanaise et syrienne fait front commun pour la paix: avec l’appui du projet Peacebuilding in Lebanon (Consolidation de la paix au Liban), elle exprime à travers ses pièces de théâtre, sa vision d’une coexistence pacifique tout en créant un espace de dialogue.

Ola qui joue dans la pièce « Nous restons ensemble (Maa’an Nabka) » explique que « le but de cette pièce est de susciter l’empathie du spectateur et d’exposer la situation des Syriens déplacés et de leurs communautés d’accueil libanaises. Les répétitions ont été l’occasion d’un apprentissage mutuel. Tous les préjugés se sont dissipés, et nous sommes plus ouverts les uns envers les autres ».

À Ghazzeh, plus de 700 spectateurs ont assisté à la première représentation de la pièce qui est en tournée du côté de la Békaa à l’ouest du Liban. Cette région compte plus de 500 000 habitants qui sont libanais pour moitié ou pour l’essentiel des réfugiés originaires de Syrie, de Palestine et des rapatriés libanais.

La réalisation de la pièce a été possible grâce à la nouvelle ONG « Darb El Salam » (Tremplin pour la paix), créée avec l’aide des acteurs locaux et du Mécanisme de Stabilité Sociale mis en œuvre par le PNUD et financé par la KfW Development Bank.

Pour Ali Bitar, le metteur en scène, cette pièce dépeint la réalité des villages de la Békaa occidentale. « Malgré la crise, nous nous efforçons de promouvoir la coexistence pacifique.

“ Et nous vivrons ensemble, dans le respect et la solidarité. »

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