Les apiculteurs du Liberia

Les populations d’abeilles sont en déclin partout, mais de petites communautés participent à leur protection et prospèrent.

La petite communauté de Meinpea Mah se situe non loin de la frontière entre la Guinée et du Liberia. De part son isolement, ses quelques centaines de résidents ont parfois du mal à subvenir financièrement à leurs besoins. Ils ont donc saisi l’opportunité de s’initier à l’apiculture et lancé une petite entreprise de production de miel.

Avec l’aide de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), la communauté a reçu 13 ruches et une formation en apiculture de David Memakeh, un technicien de Green Grow, une ONG locale. Après quoi le PNUD a fourni au groupe une formation en commerce et en comptabilité.

Dans l’obscurité, David Memakeh enfile son habit d’apiculteur qui le protège des piqûres.

Constitué de 22 femmes à sa création, le groupe compte aujourd’hui plus de 100 membres, principalement des femmes. Selon sa présidente Marth Belleh, leurs débuts ont été difficiles :

“Quand nous avons débuté notre activité, nos maris n’étaient pas en faveur de ce projet […] Mais après avoir vu la façon dont les choses évoluaient, ils se sont mis à soutenir et à encourager leurs femmes à participer à toutes les initiatives de l’organisation.”
Yei S. Cooper se tient près d’une ruche dans sa communauté du nord du Liberia.

Yei Cooper, l’une des membres du groupe, acquiesce. Avec 10 enfants à charge, il lui fallait un revenu à la hauteur de sa situation familiale.

“J’ai aujourd’hui le soutien total de mon mari. […] Il est lui-même impliqué, avec d’autres hommes dans la ville ” explique Cooper.

Le groupe est très vite devenu une association villageoise d’épargne et de crédit (VSLA) où les profits provenant de l’apiculture et d’autres ventes agricoles permettent à la communauté de prospérer. Le groupe compte à présent 22 ruches et prévoit de s’étendre à 30, 40, voire plus.

“Nos ventes de miel sont très fructueuses, notre but est de rendre notre communauté stable financièrement”, explique Saye Meator Tuagbain, apiculteur junior. “Nous voulons maintenant construire un ensemble de ruches éloigné des maisons”.

Il explique que les abeilles peuvent être très agressives et que des ruches éloignées assureraient la sécurité des résidents.

Memekah et son assistant collectent des rayons en prenant soin de ne pas déranger la reine des abeilles, pour que la ruche continue de fournir du miel.
“ Si la reine meurt ou est dérangée, toutes les abeilles partiront. Nous devons être très prudents”.

Le lendemain matin, Memekah et Tuagbain se rendent à la salle d’extraction près de Ganta. La pièce est protégée par un filet pour éviter que plus d’abeilles ne pénètrent à l’intérieur lorsque le rayon est haché pour laisser s’écouler d’épaisses quantités de miel. À l’extérieur, des centaines d’abeilles bourdonnent autour des fenêtres grillagées.

Le processus d’extraction du miel prendra toute la journée, mais lorsqu’ils auront fini, ils auront obtenu au moins 15 gallons de miel.

“Nous vendons le miel pour environ 20 dollars le gallon, et nous obtenons environ 15 gallons par ruche”, explique Tuagbain. “Avec toutes nos ruches, nous obtiendrons environ 3 000 $ par récolte”.

Cet argent sera investi dans l’entreprise et participera au développement de la communauté. Les apiculteurs souhaitent construire un entrepôt en plus de leurs ruches. La communauté est bien partie pour continuer à prospérer.

À l’occasion de cette Journée mondiale des abeilles, le PNUD invite les sociétés à découvrir la façon dont les abeilles permettent aux communautés vulnérables de générer des revenus, en plus d’assurer notre sécurité alimentaire grâce à la pollinisation. En répondant au déclin des populations d’abeilles, les communautés telles que Meinpea Mah jouent leur rôle pour protéger l’environnement et aident au développement de populations en bonne santé.


Texte et photos: Sam Zota et Lesley Wright / PNUD Liberia

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