Madagascar, 4 mois après le cyclone Enawo

Des emplois temporaires contribuent à relever l’économie locale.

Plus de 200 femmes âgées de 27 à 60 ans contribuent au nettoyage de la plage d’Antalaha à Madagascar.

Lorsque le cyclone tropical Enawo a frappé Madagascar de plein fouet le 7 mars 2017, Claudine, 55 ans, a tout perdu. Ses enfants ne pouvant la soutenir financièrement et sans aucune qualification pour obtenir un emploi, elle ne pouvait compter que sur elle même pour s’en sortir.

Identifiée comme personne vulnérable, Claudine a été sélectionné pour participer au programme « Argent contre Travail » lancé par le PNUD pour aider l’économie locale à se relever.

« Avant le cyclone, je récoltais du riz dans la rizière familiale, mais notre plantation a été détruite et le peu que nous avons pu sauver nous a été volé. Travailler sur la plage me permet de me nourrir en attendant la prochaine récolte. » — Claudine

Avant — après : l’heure est à la reconstruction pour ces résidents de la côte nord-est de Madagascar, la plus durement touchée par Enawo.

Pour la ville d’Antalaha, capitale de la vanille, les 350 emplois temporaires “Argent contre travail” créés pour déblayer et recycler les débris laissés par le cyclone représentent une bouffée d’oxygène.

Située face à la trajectoire du cyclone, Antalaha a essuyé pendant 36 heures des vents violents de 200 à 300 km/heure et vu échouer sur ses plages plus de 170 000 tonnes de débris végétaux et animaux.

Leur dégradation présentait non seulement un risque sanitaire pour la ville, mais limitait aussi l’accès à la mer pour les secours et la reprise de la pêche.

Plus de 170 000 tonnes de débris se sont échoués sur la plage de la ville d’Antalaha au lendemain du cyclone.

Une aide humanitaire prioritaire. Et après ?

Les zones portuaires et de pêche ont été les premières à être nettoyées pour permettre l’accessibilité à la mer et réduire les risques sanitaires. Les troncs d’arbres les plus gros sont découpés à la tronçonneuse afin de faciliter leur évacuation de la plage.

Pour Francky, 35 ans et père de 5 enfants : « ce travail me dépanne. Je veux aussi que la plage de la ville soit propre. C’est important pour le tourisme et l’image de la ville ».

Ces emplois temporaires permettent non seulement de survenir aux besoins de base, mais relancent les activités et boostent l’économie en promouvant l’épargne.

Franky (centre) fait partie des 5 machinistes qui découpent les troncs d’arbres à la tronçonneuse avant leur évacuation vers le centre de compostage.

Des débris au compost

Les activités ne se limitent pas au nettoyage de la plage. Des camions évacuent ensuite les débris vers un site de décharge où d’autres travailleurs se chargent du tri et du compostage.

Une approche écologique qui réjouit les cultivateurs de vanille, intéressés par ce compost naturel qui va leur permettre de fertiliser leurs champs.

12 à 15 tonnes de débris végétaux sont acheminés chaque jour vers le centre de tri et compostage situé à 5 km de la ville d’Antalaha.

Alertes précoces

Marie Beby, 50 ans, travaille à la décharge. Pour elle, l’alerte précoce diffusée à la radio trois jours avant le cyclone a permis de limiter les dégats.

« Pour ce cyclone, on n’a pas été pris au dépourvu : on s’était préparés en mettant des sacs de sable sur le toit de nos maisons » — Marie Beby.

Ces emplois temporaires « argent contre travail » ont également pour objectif de promouvoir l’épargne auprès des bénéficaires afin de permettre la création d’activités génératrices de revenus et booster l’autonomie.

Marie Beby, dont la maison a été partiellement détruite par le cyclone Enawo.

L’accompagnement du PNUD dans la gestion des risques de catastrophes a été crucial pour doter Madagascar d’outils et de dispositifs de préparation et de réponse.

Des programmes de formation ont été élaborés à destination des élèves des écoles primaires et secondaires, et des exercices de simulation menés pour mieux préparer les institutions et les communautés à faire face en cas de catastrophe naturelle.

Ces initiatives permettent d’améliorer la préparation des institutions et de la population à faire face aux catastrophes et limite les pertes humaines et matérielles, une nécessité pour cette île vulnérable aux cataclysmes.


4 mois après le passage du cyclone, Antalaha se remet lentement de ses plaies et reprend le chemin du développement.

Texte : Ramatoulaye Moussa Mazou / PNUD Madagascar — Photos : Raj Hassanly / PNUD Madagascar

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