Neutralité carbone : 5 stratégies

ONU Développement
Sep 8 · 6 min read
Une photo de la NASA montre les lumières des principales zones urbaines du sud-est des États-Unis vues de l’espace. Crédit : Elena11/Shutterstock.com

Depuis la révolution industrielle, la technologie a stimulé le développement de nos sociétés comme jamais auparavant. Nous nous sommes attaqués à certains des plus grands défis de notre époque : la production alimentaire, l’éradication des maladies et l’expansion des systèmes de transport et de communication. Mais cette forme de développement a un coût et est peut-être devenue la plus grande menace de notre temps.

Pour produire, nous brûlons des fossiles comme le pétrole, le charbon ou le gaz et libérons dans un même temps des millions de tonnes de gaz carbonique dans l’atmosphère. Ces émissions de gaz à effet de serre (GES) sont en partie réabsorbées par les océans et les forêts mais leur augmentation drastique au cours des 50 dernières années, combinée à la déforestation, a provoqué un effet de réchauffement planétaire : la température moyenne de la Terre est 1°C plus chaude qu’elle ne l’était avant la révolution industrielle.

Une augmentation qui apparaît peut-être minime mais qui a déjà des effets dramatiques. Les glaciers fondent et font monter le niveau des océans, les récifs coralliens et la biodiversité marine disparaissent… Des événements climatiques extrêmes de plus en plus fréquents mettent en péril la sécurité alimentaire et nos modes de vie.

La combustion de charbon nécessaire à la production d’électricité provoque d’importantes émissions de carbone (à gauche). Ces émissions ont un impact direct sur la hausse des températures mondiales et la fréquence, de plus en plus régulière, de phénomènes météorologiques violents comme le cyclone Kenneth qui a frappé le Mozambique en avril 2019. (a droite)

Les experts ont tiré la sonnette d’alarme. Si la tendance au réchauffement climatique se poursuit, les températures de notre planète pourraient augmenter de 3 à 5 °C par rapport au niveau préindustriel d’ici 2100. Dans ces conditions il serait extrêmement difficile, voire impossible de maintenir la vie sur Terre. Pour échapper à ce scénario, 195 pays ont signé l’Accord de Paris en 2015. L’accord prévoit des mesures claires pour réduire les émissions de carbone, atténuer les risques liés aux changements climatiques et maintenir la température de la planète bien en deçà de 2 °C. Pour rappel, la limite recommandée par les scientifiques est de +1,5 °C.

Quatre ans après l’accord, force est de constater que très peu de pays sont encore dans la course pour limiter le réchauffement climatique à une température sûre. Mais certains prennent des initiatives ambitieuses pour faire face aux pires impacts du changement climatique.

Au Bhoutan

Les politiques du Bhoutan sont jugées “compatibles” avec un monde en dessous de 2 °C et le pays a déjà atteint la neutralité carbone. Ce petit pays moins développé a pu atteindre l’objectif de zéro émission de CO2 grâce au programme de reboisement du pays.

Une maison typique du Bouthan, entourée de verdure. Credit: Mathias Berlin/Shutterstock.com

Les forêts absorbent intégralement les quantités relativement faibles de gaz émis par les véhicules et les industries. Face aux défis posés par la croissance économique du pays, le gouvernement s’engage à maintenir cette neutralité.

Au Chili

Le prochain pays hôte de la Conférence des Parties de l’ONU (COP) représente moins de 1 % des émissions mondiales de carbone, et pourtant, c’est l’un des pays les plus vulnérables aux changements climatiques en raison de sa géographie et de son climat. Le pays est prêt à prendre des mesures climatiques dans l’espoir qu’elles serviront d’exemple à d’autres pays développés.

Un des 200 bus électriques de Santiago du Chili, Chili Crédit: Silva Villalobos/Shutterstock.com

Santiago du Chili compte désormais 200 bus électriques, la deuxième plus grande flotte du monde en développement, après celle de la Chine. Le gouvernement chilien a annoncé une flotte de transport public à 80 % électrique d’ici 2022.

En juin 2019, le Chili a révélé l’élaboration d’un plan d’action pour la fermeture de 28 centrales à charbon d’ici 2040 et la neutralité carbone d’ici 2050. Compte tenu de la forte dépendance du pays à l’égard d’une ressource qui représente un tiers des émissions de gaz à effet de serre, ce plan est considéré comme extrêmement ambitieux. Le gouvernement a annoncé la fermeture de huit centrales au charbon au cours des cinq prochaines années.

Au Costa Rica

Le Costa Rica a été un pays exemplaire en matière de protection de l’environnement. Il a inscrit dans sa constitution le droit à un environnement sain pour ses citoyens, un quart de son territoire est protégé et c’est le seul pays tropical à avoir réduit la déforestation.

La forte circulation dans la capitale du Costa Rica, San José, a conduit le pays à mettre en place un plan de décarbonisation drastique d’ici 2050. Crédit : Luis Alvarado/Shutterstock.com

Cette année, le gouvernement du Costa Rica a lancé un plan renouvelé pour éliminer les combustibles fossiles d’ici 2050.

Voici quelques-unes de ces initiatives :

25 % des voitures particulières électriques
70 % des transports publics électriques d’ici 2035
100 % des véhicules sans émissions d’ici 2050.

Bien que ces pays donnent un exemple à suivre, les pays plus développés doivent eux aussi jouer leur rôle. L’Accord de Paris tient les pays riches pour responsables de la réduction de leurs émissions et de leur soutien aux pays pauvres.

En Norvège

Depuis de nombreuses années, la Norvège donne le ton en matière de neutralité carbone. Son objectif est de réduire les émissions de carbone de 40 % et d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2030. Contrairement au Chili, la Norvège n’a pas besoin de fermer de centrales à charbon, la majeure partie de son énergie étant renouvelable. En 2017, près de 96 % de l’électricité était produite par des centrales hydroélectriques et environ 2 % par des parcs éoliens. Le pays est passé à l’énergie propre grâce à la taxe carbone, qui lui a permis de financer des sources alternatives.

Des véhicules électriques remplissent un parking qui sert également de station de recharge à Oslo, en Norvège. Le pays a la plus forte concentration de véhicules électriques au monde. Credit: Victor Maschek/Shutterstock.com

Les principales émissions de carbone de la Norvège viennent du transport et de l’exploitation pétrolière.

Même si presqu’une voiture neuve sur deux vendue en Norvège est électrique, on ne compte que 7,9 % de véhicules électriques sur l’ensemble du pays. Pour neutraliser les émissions de CO2 générées par le transport, le pays nordique s’appuie sur les arbres : la Norvège augmente la taille de ses forêts et contribue à des programmes visant à réduire la déforestation dans d’autres régions.

Maroc

Le Maroc est l’un des 2 seuls pays sur la bonne voie pour maintenir le réchauffement climatique à 1,5 °C selon le Climate Action Tracker. Il obtient ainsi la note la plus haute dispensée par l’organisme de recherche.

Le pays d’Afrique du Nord veut aller encore plus loin et arrêter la croissance des émissions de GES. Mais le Maroc aura besoin de fonds internationaux accrus pour aller de l’avant et augmenter sa production d’énergie renouvelable : le pays prévoit toujours d’agrandir ses centrales au charbon, tout en sachant que la réalisation de l’Accord de Paris passe par l’arrêt progressif de la production d’ici à 2050 au plus tard.

Le parc éolien de Koudia Al Baida au Maroc. ©Nicolas_photo/Shutterstock.com

Le PNUD fournit un appui à long terme aux pays qui souhaitent poursuivre un développement durable sans carbone grâce à ses 280 projets et programmes répartis dans 110 pays. Nos approches incluent l’accès à une énergie propre et abordable, la finance carbone, le transport et l’infrastructure durables, les technologies alternatives respectueuses du climat et la foresterie durable. Toutefois, des politiques concrètes au niveau national sont encore nécessaires pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris.

En prévision du sommet action climat de l’ONU le 23 septembre à New York, le Secrétaire général, António Guterres, a invité chaque chef d’Etat à présenter des propositions concrètes pour accélérer la décarbonisation. Il a exhorté les pays à intensifier l’action en faveur du climat pour parvenir à un monde durable et inclusif.

A la veille du Sommet des Nations Unies sur le climat du 23 septembre, le Secrétaire général António Guterres a invité tous les chefs d’Etat à présenter des propositions concrètes pour accélérer le rythme de la décarbonisation. Crédit : Alexandros Michailidis/Shutterstock.com

Recherche et texte de Daniela Peris, stagiaire en communications du PNUD à New York. Édition de de photos par Rico Cruz, stagiaire en photographie.

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Compte Twitter officiel du Programme des Nations Unies pour le développement. Le PNUD œuvre pour les peuples et la planète depuis plus de 50 ans.

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