“Nous faisons partie d’un village global”

La rénovation écologique d’une académie de police a eu pour effet de rendre une région isolée du Soudan du Sud plus sûre.

Des techniciens installent des panneaux solaires à l’académie de police de Rajaf au Soudan du Sud. Photo: PNUD Sud-Soudan

L’école de police Dr John Garang, à Rajaf au Soudan du sud, prépare chaque année quelque 1 260 élèves-officiers. Depuis plus de 10 ans, elle fonctionne sans électricité, et dans un environnement sanitaire pour le moins spartiate, ce qui rendait difficile le recrutement en particulier des femmes. De ce fait, la capacité de la police à assurer la sécurité des citoyens dans cette région rurale était compromise.

Afin de palier à ces écueils, Le PNUD au Soudan du Sud a rénové et modernisé les dortoirs et latrines grâce à des fonds allemands et norvégiens. La division des Solutions Vertes de l’Office de la gestion de l’information et de la technologie du PNUD, a recâblé le complexe afin qu’il puisse être alimenté en grande partie par des cellules solaires. L’investissement initial de 220 000 dollars comprend des panneaux solaires, un ensemble de batteries, des lampadaires solaires, le câblage électrique du réfectoire et trois ans de maintenance. La maintenance annuelle après trois ans devrait coûter un peu moins de 1 270 dollars.

Une innovation qui change la donne

Le projet électrique est conforme aux directives sur les installations intelligentes du PNUD, qui renforcent la sécurité et la fiabilité énergétiques, améliorent le stockage de l’énergie, renforcent la sécurité et réduisent l’impact sur l’environnement.

Selon le colonel James Dak Karlo, porte-parole du Service national de la police du Soudan du Sud, ces améliorations ont changé la donne.

“Avant, nous avions des groupes électrogènes mais pas de carburant», a-t-il déclaré. « Ce projet a changé notre vie. Maintenant, nous avons de l’électricité et de la lumière et nous procurons de l’eau à notre communauté. Nous nous tenons au courant avec la radio et la télévision — nous faisons maintenant partie d’un village global.”

Le centre de formation dispose de trois salles à manger, douze dortoirs, sept latrines, six toilettes, un hôpital, une crèche et d’une école primaire, mais il est loin du réseau électrique.

Le courant passe

Maintenant les ventilateurs fonctionnent 24 heures sur 24, toutes les lumières intérieures sont allumées entre 17h et minuit, les téléphones mobiles chargent à tout moment et les radios, téléviseurs et ordinateurs sont toujours opérationnels.

Afin de lutter contre la violence à l’égard des femmes, il est primordial, pour le Soudan du Sud et à Rajaf en particulier, de recruter plus de policières . Avec de nouvelles installations spécialement conçues pour les femmes, il est plus facile pour l’académie de police d’accueillir des cadettes en formation.

Recruter des policières dans la région est plus facile maintenant que l’académie a un accès satisfaisant l’électricité. Photo: UN Julie Pudlowski

« Il s’agit d’un projet unique qui montre comment les technologies et les énergies renouvelables peuvent drastiquement améliorer la sécurité dans un lieu éloigné — dans ce cas précis, cela a permis de former un service de police hautement professionnel auquel la communauté fait confiance », dit Gerald Demeules, conseiller TIC du PNUD. « Les entreprises locales acquièrent de nouvelles compétences qu’elles peuvent utiliser pour reproduire ces solutions respectueuses de l’environnement. Cela pourrait déclencher un mouvement vert à l’échelle nationale, ce qui est notre objectif ultime. »

Le PNUD a également utilisé des panneaux solaires pour alimenter le centre d’appel d’urgence de Juba, la capitale du pays, et ouvrira prochainement un centre d’appel fonctionnant à l’énergie solaire dans la ville de Wau, dans le nord-ouest du pays, une région qui a connu des niveaux de violence et d’insécurité alarmants ces dernières années.

En outre, des plans sont en cours pour former des techniciens locaux à l’installation et à la maintenance de ces équipements, qui créeront des emplois dans l’un des pays les plus défavorisés du monde.

Bâtir la confiance

Le Soudan du Sud a accédé à l’indépendance en 2011, mais la pauvreté extrême, les infrastructures insuffisantes, les problèmes de gouvernance et les luttes entre factions ont couté la vie à des centaines de milliers de personnes et contraint des millions d’autres à fuir leur foyer.

Appuyé par le PNUD et d’autres partenaires, le gouvernement a mis en place une demi-douzaine de comités de police communautaire, qui organisent des réunions mensuelles pour partager leurs préoccupations, établir un climat de confiance et élaborer des solutions.

Créer une relation de confiance entre la police et les communautés est essentiel. Photo: UN Julie Podlowski

« Créer une relation de confiance entre la police et les communautés est essentiel. Cela contribue à la paix et au développement durable au Soudan du Sud », déclare Kamil Kamaluddeen, directeur de pays du PNUD.

Cet effort, qui donne la priorité à l’éducation des cadets et des officiers en matière de procédure pénale, d’éthique, de code pénal, de droits de la personne, de comportement de la police, de police de proximité et de contrôle des foules, s’inscrit dans le cadre du projet d’accès à la justice et à l’état de droit du PNUD, au Soudan du Sud.

Avec le soutien des Pays-Bas, du Japon, des États-Unis, de la Norvège et de l’Allemagne, ce projet renforce l’intégrité de la police, les prisons et le ministère de la Justice en réduisant l’arriéré des procédures, en s’attaquant aux détentions longues et arbitraires et en harmonisant les mécanismes de justice coutumière et formelle.