Produire du charbon propre en Ouganda

Des technologies de conversion efficaces et une gestion durable des terres permettent de sauver les forêts et de préserver les moyens d’existence.

Gladys, trésorière de l’Association des arboriculteurs de Tulina Esubi, dans le Centre de l’Ouganda, avait l’habitude d’acheter ses bananes — un aliment de base de la région — au marché. Aujourd’hui, elle produit l’intégralité de la consommation de sa famille, et parvient même à en mettre de côté pour en vendre.

« Je ne m’inquiète plus pour l’avenir de mes enfants depuis que je fais partie de l’association. Nous travaillons et promouvons notre production énergiquement, et les fruits de nos efforts sont déjà visibles. Je suis également membre de l’association locale de crédit, qui m’aide à économiser de l’argent régulièrement ».
Gladys (à gauche), prend une pause avec une des membres de l’association. © PNUD Ouganda

L’Association des arboriculteurs de Tulina Esubi regroupe 35 petits exploitants agricoles, dont 20 sont des femmes. L’association a commencé à planter des arbres à croissance rapide pour la production de charbon après quelques séances de formation sur l’agriculture de conservation et la gestion forestière dispensées par le projet « Charbon Vert » (anglais) du FEM/PNUD.

Pépinière d’arbres à croissance rapide pour la conversion en charbon. © PNUD Ouganda

Sauvegarder les forêts

Avec un taux de déforestation de 1,8 % par an, les forêts de l’Ouganda sont en train de disparaître à un rythme alarmant. Plus de 80% de la population ougandaise dépend de la biomasse en tant que source d’énergie principale. Le charbon est souvent privilégié, car il est bon marché, se consume en dégageant peu de fumée et est plus facilement transportable.

Les forêts de l’Ouganda sont en train de disparaître à un rythme alarmant. © PNUD Ouganda

Selon certaines estimations (anglais, PDF), 16 millions de tonnes de bois sont transformées annuellement en 1,8 million de tonnes de charbon. Mais la production est destructrice, les producteurs de charbon abattant souvent des arbres entiers en pensant que plus les rondins sont gros, plus la qualité du charbon est bonne. Cela a des conséquences importantes, telles que la perte de la faune, les émissions de gaz à effet de serre, l’érosion des sols et l’augmentation des inondations.

Pour favoriser la conservation des forêts, le PNUD, en partenariat avec le ministère de l’Énergie et l’Autorité forestière nationale, forme des producteurs de charbon de 4 districts sélectionnés en vue de leur faire adopter de nouvelles techniques respectueuses de l’environnement qui leur permettent d’épargner les arbres tout en gagnant leur vie.

Produire des briquettes

Dans le district de Nakaseke, au Nord-Est de Kampala, les producteurs de charbon qui utilisaient des fours en terre traditionnels — dans lesquels le bois est recouvert de terre puis se consume lentement pendant une durée pouvant aller jusqu’à une semaine — se sont vus présenter de nouveaux fours à conversion, jusqu’à 40 % plus efficaces pour convertir le bois en charbon.

Les fours sont généralement fabriqués à partir de simples tonneaux en métal, un tuyau faisant office de cheminée. Le fait d’utiliser des épis de maïs et d’autres résidus agricoles avec des branches et bouts de bois séchés pour confectionner les briquettes permet de réduire l’impact sur l’environnement. © PNUD Ouganda
« Avec 100 kg de bois, vous pouvez produire jusqu’à 40 kg de charbon. En utilisant les méthodes traditionnelles, vous n’obtiendriez que 10 kg de charbon. En plus, vous réduisez les émissions de gaz à effet de serre », souligne le Dr. Samuel Bagabo, un expert en charbon travaillant sur le lancement du projet.
La conversion de bois en briquettes a un impact moindre sur l’environnement. © PNUD Ouganda

Des femmes et des jeunes entrepreneurs de 16 associations ont été formés à la fabrication et à la commercialisation de briquettes de charbon, ce qui a permis d’augmenter sensiblement leur production et revenu.

Planter des arbres

Afin d’encourager les producteurs à planter et cultiver leurs propres parcelles boisées en vue de leur transformation en charbon, les participants ont reçu de jeunes plants d’arbres à croissance rapide. Les communautés locales ont accueilli le projet avec enthousiasme, en particulier les femmes, qui sont activement impliquées dans le commerce du charbon, tant en qualité de productrices que d’utilisatrices finales.

Les agriculteurs sont encouragés à faire pousser des cultures et des arbustes entre les arbres destinés à la production de charbon. © PNUD Ouganda

Jusqu’à maintenant, près de 5 millions d’arbres ont été plantés et plus de 1700 membres de la communauté ont bénéficié directement des activités du projet, tandis que plus de 300 bénéficiaires indirects se sont convertis à l’agriculture de conservation et à la plantation d’arbres. Dans certains cas, ces mesures ont permis de tripler les rendements agricoles.

Les techniques de récolte durables, telles que la coupe des branches mortes plutôt que l’abattage d’arbres entiers, assurent la récupération des forêts naturelles et permettent de sauver des variétés d’arbres indigènes de l’extinction. © PNUD Ouganda

Des projets similaires sont gérés par le PNUD au Kenya, enSierra Leone et en Côte-d’Ivoire, entre autres. Au cours des vingt dernières années, le PNUD a aidé plus de 100 pays en développement à fournir des solutions énergétiques durables, et à faire en sorte que l’énergie devienne une priorité de développement.

Article/Photos de : Faris Khader, Adey Tesfaye et Andrea Egan

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