Qui sont nos meilleurs buteurs pour les Objectifs?

Photo: PNUD/Freya Morales

Pendant la Coupe du monde de football 2018, il est difficile d’attirer l’attention sur une réunion des Nations Unies. Ma famille, mes amis et même certains de mes collègues ne comprennent pas mon problème à ce sujet. Il me tarde pourtant de voir le coup d’envoi du Forum politique de haut niveau (HLPF en anglais) ce 9 juillet. C’est l’événement de l’année pour les Objectifs de développement durable, a.k.a. les ODD.

Une fois par an, les gouvernements, la société civile et les chefs d’entreprise se réunissent pour rendre compte des progrès accomplis dans la réalisation des Objectifs. Cette année, nous recevons des pays aussi divers que Kiribati, le Mexique et le Sri Lanka…

Voici les cinq équipes à surveiller :

  1. Les meilleurs buteurs

Bien qu’il n’y ait pas de gagnants ou de perdants au HLPF, il y a pour sûr de la concurrence. Les gouvernements veulent être les meilleurs parmi leurs pairs. Certains présenteront des vidéos tape-à-l’œil et des rapports en papier glacé; d’autres obtiendront une « bonne note » pour l’effort et le nombre de pages consacrées à leur rapport de progrès. Comme pour la Coupe du Monde, les pays plus grands et plus riches feront l’objet de toutes les attentes, mais les surprises ne sont pas à exclure.

Photo: PNUD Laos

Cette année, je parie sur le Laos. Le pays a déjà fait preuve de son engagement en ajoutant un Objectif 18 sur les munitions non explosées (UXO). Avec environ 80 millions de bombes non explosées laissées dans le pays depuis la guerre d’Indochine (1964–1973), il s’agit clairement d’un problème de développement durable.

2. Les meneurs de jeu

Près de trois ans après l’adoption des Objectifs, de nombreux pays ont mis en place leurs plans de réalisation, examiné leurs données et souvent même leurs budgets. Mais il est temps d’aller au-delà et de passer d’une approche du développement axée principalement sur le « bien-être économique » à une vision plus centrée sur les problèmes environnementaux et sociaux.

Photo: PNUD Bhoutan

Après un premier examen des contributions nationales volontaires, le Bhoutan se révèle être le pays le plus prometteur avec son approche du bonheur national brut. Pour encourager les autres à emboîter le pas, nous devons placer cette initiative sous les projecteurs.

3. Une ligue à part

Pour la première fois cette année, une ville s’engage pour les ODD. Et pas n’importe quelle ville, puisque c’est New York qui entre sur le terrain.

Photo: Nations Unies

Comme nous l’avons vu dans le domaine du changement climatique, les villes prennent les devants même si certains gouvernements nationaux hésitent. En effet, les villes peuvent devenir les pionnières du développement durable.

4. Pas de spectateurs passifs

Photo: PNUD Afghanistan/ Rob Few

Si les gouvernements dominent toujours le terrain au Forum, les autres participants ne seront pas en reste. Le secteur privé aura un jour dédié le 17 juillet, et devrait prendre en charge le gros du financement et de la mise en œuvre des Objectifs.

La société civile canalise les voix et défend les intérêts des groupes sous-représentés. L’année dernière, la présentation des Pays-Bas s’est distinguée par l’inclusion d’un créneau horaire spécifique pour un jeune délégué. Qui sera notre joueur vedette cette année?

5. Les règles du jeu

Photo: PNUD/ Dylan Lowthian

Pouvons-nous considérer le Forum un succès si les véritables compromis entre les préoccupations économiques, sociales et environnementales ne sont pas abordés? Si la notion de « ne laisser personne de côté » reste un slogan plutôt qu’une directive? Si les secteurs économiques et financiers du gouvernement ne participent pas? Si les apports de la société civile peuvent être mis de côté?

Ici, je brandis un carton jaune. Ce forum, et les contributions nationales volontaires qui le constituent, doivent devenir plus rigoureux et plus responsables vis-à-vis des parties prenantes. Mes espoirs sont vers les « Amis de la gouvernance pour le développement durable » (en anglais), coprésidés par les ambassadeurs de la République de Corée, du Mexique et de la Roumanie.

A ce stade, je n’ai plus de métaphores de football. Mais si vous avez lu ce billet jusqu’ici, j’espère que vous accorderez au HLPF toute l’attention nécessaire. Ce n’est pas seulement pour un trophée, mais pour l’avenir de la planète quee nous jouons.

Et nous pourrions ne pas avoir de prolongations….

Remerciements spéciaux à Mahtab Haider et Nicole Igloi

A propos de l’auteur:

Hannie Meesters est une spécialiste des politiques au bureau régional du PNUD de Bangkok, elle est spécialisée dans l’Agenda 2030 et les ODD. Suivez-la sur Twitter: @Hanniemeesters

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