Travail et espoir au Yémen

Alors que le conflit se prolonge, les femmes se font les gardiennes du développement humain

ONU Développement
Mar 10 · 5 min read
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Samiah, une mère célibataire de deux enfants, a été contrainte de fuir son domicile à Hodeidah lorsque le conflit a éclaté. Elle a quitté son emploi et sa maison à la recherche d’une vie plus stable.

En 2019, le du Forum économique mondial classait le Yémen comme le pire endroit au monde pour être une femme pour la 13ème année consécutive.

Les inégalités sont depuis longtemps de véritables barrières pour les femmes et les filles yéménites, mais le conflit qui dure depuis près de 5 ans a empiré la situation. Les femmes doivent maintenant faire face au déplacement, à la famine, à un système éducatif défaillant, à la pénurie d’emplois, à l’insécurité économique, et au manque d’électricité, d’assainissement et d’eau. À cela s’ajoute leur exclusion de tout processus décisionnel au sein de leur communauté.

Plus exposées aux violences et aux privations

Les déplacements massifs de population dans le pays accentuent leur vulnérabilité. Les femmes représentent plus de la moitié des 3,5 millions de personnes qui se déplacent constamment en quête de sécurité et de logement, et plus d’un quart d’entre elles ont moins de 18 ans.

Samiah, une mère célibataire de deux enfants, a été contrainte de fuir son domicile à Hodeidah, une ville portuaire dans l’ouest du pays : « Je veux que la guerre se termine. Je veux pouvoir vivre en sécurité avec mes enfants », dit-elle en larmes.

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En plus des inégalités auxquelles elles font face depuis longtemps, les femmes yéménites doivent maintenant faire face au déplacement, à la famine, à la pénurie d’emplois, etc…

« Nous avons dû dormir le ventre vide plusieurs nuits de suite car il n’y avait pas assez à manger. Je mens parfois et dis à mes enfants que je n’ai pas faim pour qu’ils mangent à leurs gré », explique Samiah.

Avant que la guerre n’éclate, la famille de Samiah vivait de la pêche. Mais depuis, tout a changé : « La violence est devenue omniprésente, il n’y avait plus d’endroit sûr, y compris en mer. Ma famille ne pouvait plus pêcher, et nous n’avions aucun moyen de gagner de l’argent. »

Placer les femmes au cœur de la réponse

La situation de Samiah est loin d’être unique. C’est pourquoi le partenariat entre le PNUD, la Banque mondiale et leurs partenaires nationaux — le Fonds social pour le développement et le projet de travaux publics — ont placé l’autonomisation et la protection des femmes au centre de leurs programmation.

Avec 400 millions de dollars de financement, le projet d’intervention en cas d’urgence au Yémen (Yemen Emergency Crisis Response Project, ou YECRP en anglais), vise à combattre les obstacles socio-économiques auxquels les femmes sont confrontées. Près de 40 000 femmes ont ainsi été soutenues pour répondre aux besoins urgents de leurs communautés en tant que partenaires égales aux hommes. Elles sont impliquées dans près de 3 700 projets, de la construction de citernes au pavage de routes, ou de la réfection d’écoles à la protection des terres agricoles… tout un éventail d’initiatives qui aideront le Yémen à se reconstruire en mieux.

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Le projet reconnait l’importance du leadership des femmes dans les processus de prise de décision au niveau communautaire.

Près de 800 de ces projets offrent une source de revenus indispensables à plus de 63 000 femmes, ce qui leur permet de soutenir leur communauté, mais aussi de s’approvisionner en eau, nourriture, logement, santé et éducation.

Le YECRP a également formé et employé près de 3 600 jeunes femmes au soutien de centaines de milliers de mères de familles et d’enfants dans le besoin, en fournissant des services éducatifs indispensables à ceux touchés par la malnutrition.

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La nécessité financière pousse les femmes à entrer sur le marché du travail, et à effectuer des tâches qui leur étaient auparavant interdites.

En entraînant la fermeture d’un tiers des entreprises et une perte de revenu pour huit millions de personnes supplémentaires, le conflit a porté un coup fatal à une économie déjà fragile. Aujourd’hui, plus de 60% des Yéménites sont au chômage, et la pénurie d’emploi a bouleversé les secteurs i traditionnellement dominés par les hommes, poussant les femmes à entrer sur le marché du travail.

Dans un pays où l’occupation professionnelle des femmes est l’une des plus faibles au monde, le conflit a modifié les perceptions et préjugés traditionnels qui limitaient les perspectives des femmes.

En effectuant des travaux qui leur étaient auparavant interdits, les femmes yéménites ont commencé à endosser des responsabilités supplémentaires pour subvenir aux besoins de leur famille.

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Les femmes sont impliquées dans près de 3 700 projets qui aideront le Yémen à se reconstruire en mieux.

Samiah est devenue ouvrière. « Je travaille depuis quatre mois au service de ma communauté et beaucoup de choses se sont améliorées. Je peux maintenant payer le loyer et nourrir mes enfants ; tout le monde est heureux et en bonne santé. »

Le YECRP épaule par le biais de subventions financières et de soutien technique environ 3 200 entreprises détenues et exploitées par des femmes.

Beaucoup sont devenues des entreprises clés au sein des communauté, en contribuant à la création d’emplois et en fournissant des biens et des services dont le marché a désespérément besoin.

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Le YECRP formé près de 3 600 jeunes femmes, qui fournissent des services éducatifs indispensables à ceux touchés par la malnutrition.

« Je continue de travailler aussi dur que possible »

Il y a encore de gros progrès à faire au Yémen en matière d’égalité des sexes, mais le PNUD et ses partenaires s’efforcent de faire une différence — une femme, une famille et une communauté à la fois.

« Quand j’entends parler de la souffrance des autres, je continue de travailler aussi dur que possible, pour ne me retrouver dans cette situation. Je ne veux plus jamais avoir à demander l’aide de personne. Je ne dépends que de moi et de mon travail pour gagner de l’argent et subvenir aux besoins de mes enfants », dit Samiah.

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Samiah : « Le travail me rend heureuse et pleine d’espoir pour un avenir meilleur. »

Histoire et photos par PNUD Yémen

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