Un tour du monde de la lutte contre la désertification

La désertification n’est pas un phénomène permanent et peut être inversée. Photo: PNUD Kenya

La désertification est un phénomène global, conséquence de variations climatiques et d’activités humaines entrainant la dégradation de la végétation et l’érosion des sols.

Aujourd’hui, pas moins d’1,2 milliard de personnes sont menacées par la désertification dans une centaine de pays et 10 millions d’hectares de terres sont gagnés chaque années par ce phénomène.

Pourtant, la désertification n’est pas nécessairement permanente. La Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification déclare que la restauration d’à peine 12 % des terres agricoles dégradées pourrait augmenter les revenus des petits exploitants à hauteur de 35–40 milliards de dollars par an et nourrir 200 millions de personnes chaque année dans les 15 ans à venir.


Kenya

Au Kenya, diverses cultures résistantes à la sécheresse ont été développées. Photo: PNUD Kenya

Au Kenya, les communautés rurales et agricoles ont vu leurs terres s’appauvrir ces dernières années et s’inquiètent de ce phénomène.

Les responsables de la communauté Meisori discutent la mise en place de projets.

Pour assurer leur survie et leur sécurité alimentaire, elles se sont regroupées en associations pour renforcer leur capacité de production et investir intelligemment dans la terre. A travers cette initiative, elles contribuent à la lutte contre la désertification dans la région, mais aussi à leur autonomisation.


Tchad

Hommes, femmes et enfants, tous les membres de la communauté s’impliquent dans la lutte contre la désertification. Photo: PNUD Tchad
Un des piliers du projet est de reboiser les zones gagnées par le sable.

Au Tchad, jeunes, femmes, hommes, tous se mobilisent au quotidien pour protéger les polders du Lac Tchad de l’ensablement. Près de 40 000 plants d’espèces tolérant un milieu semi-aride ont déjà été plantés sur les sites de Merea, Liwa et Tantaveroom.

Dans chacune de ces zones pilotes, la communauté a élu un comité pour superviser la mise en œuvre et assurer le succès du projet.


Somalie

Création de sillons dans les plantations afin de maximiser l’irrigation des champs du village. Photo: PNUD Somalie

En Somalie, pour les petits agriculteurs qui dépendent presque exclusivement de l’agriculture pluviale pour survivre, les sécheresses répétées sont une catastrophe.

Deqa, jeune agricultrice bénéficiaire du programme

Depuis sa formation sur les techniques agricoles adaptées au climat, Deqa a abandonné la culture peu rentable des tomates et du sorgho, et plante maintenant des herbes fourragères à haut rendement :

« Ce que j’ai appris sur la rotation des cultures, la production fourragère et la gestion commerciale à petite échelle a changé ma vie , dit-elle. Mon revenu a triplé. »


Érythrée

La région de Tsilima est particulièrement fertile et d’importance capitale pour l’approvisionnement en produits agricoles du reste du pays.

La région de Tsilima, sur les haut-plateaux au centre de l’Erythrée, est le “grenier à blé” du pays.

Mais ce “grenier” a vu sa croissance et sa production décroître au cours des dernières années. Malgré un sol relativement fertile, l’activité agricole a décliné en raison d’une pression démographique croissante, de l’utilisation non-durable des terres et de l’eau, et des effets du changement climatique.

Les paysans de Tsilima ont pris en main la réhabilitation de leurs terres.

Des Erythréens soucieux de ces changements se sont mis au travail de façon proactive pour redonner vie à leurs terres. Plusieurs projets de conservation des sols et de l’eau ont été mis en place avec succès, et aujourd’hui, plus de 9 000 hectares de collines dénudées ont été terrassées et reboisées, des barrages et réservoirs d’eau construits et 17 000 familles ont vu leur production agricole plus que doubler.


Chili

C’est en mêlant tradition et technologies modernes que les paysans des zones rurales du Chili sont venus à bout de la désertification.

Au Chili, le changement climatique, associé à des pratiques agricoles et d’élevage non durables, a conduit à un processus désertification qui affecte 79% du territoire chilien, principalement dans les zones rurales.

Cependant, 88 communautés ont été en mesure de concevoir et de mettre en œuvre des projets pour inverser l’impact de leurs activités sur l’environnement et améliorer leur qualité de vie (en anglais).


Myanmar

Autrefois une terre fertile, cette partie du Myanmar est aujourd’hui considérée comme une zone aride.

Au Myanmar, le défi consiste à reverdir la zone aride qu’est devenue le nord-ouest du pays. Les projets se concentrent donc sur l’amélioration du captage et du stockage d’eau dans 280 villages, afin de fournir de l’eau potable en permanence. Les pratiques agricoles et d’élevage sont également optimisées pour maximiser les rares ressources en eau de la région et approvisionner davantage de personnes.

Apprendre à stocker et à maximiser l’usage de l’eau sont les clés de la lutte contre la désertification dans cette région du monde.

L’eau est indispensable pour conserver la traditionnelle méthode de la culture en escalier dans cette région du Népal.
L’accès à l’eau courante à révolutionné la vie de tous les villageois, en particulier des femmes

Au cours des années, les sources d’eau se sont asséchées. Mais grâce à la mise en place d’un réseau d’eau courante, la vie des membres de cette petite communauté a drastiquement changé. Moderniser les infrastructures d’accès à l’eau a permis de renforcer la résilience face aux effets néfastes du changement climatique.


Texte : Histoires compilées par Emma Rouan / Stagiaire communication PNUD