Les ressorts caches d’une revolution.

Dans leur quête de liberté, les révoltés de Lybie, d’Egypte, de Tunisie ou d’ailleurs,trouveront au bout de leur chemin de Damas une société calquée sur le modèle consumériste occidental, transformant l’homme en une sorte d’individu sans substance, protégé toutefois, au nom d’un égalitarisme de façade, par une série de droits valorisants n’ayant d’autre but que de garantir le processus de consommation pour le plus grand bénéfice des entreprises multinationales. En effet, ces dernières ne voient dans ce genre de révoltes populaires dirigées contre une caste dirigeante s’accaparant en partie les richesses d’un pays en voie de développement, que l’étroitesse du marché que ce type d’organisation sociale induit en termes de débouchés pour leurs productions.De leur point de vue,une répartition plus égale des richesses est le gage non pas tant d’une amélioration du sort des populations d’une région du Monde, que d’une augmentation de leurs parts de marché à l’échelle mondiale. Le renseignement américain agissant, depuis la chute du Mur de Berlin, au service des intérêts économiques des Etats-Unis, dont le sort dépend pour partie du pétrole, recrute et forme des agitateurs au sein des pays disposant de la manne pétrolière, en vue de leur confier la mission d’organiser la rébellion contre les instances étatiques via une propagande savamment distillée, exaltant le désir de liberté de foules avides de s’affranchir des liens qui entravent l’avènement d’une société d’abondance,conçue à l’image de celle générée par les économies occidentales. Bien qu’ayant fait miroiter l’accès à un marché colossal de 100 millions de consommateurs à ses concepteurs, cette technique éprouvée de déstabilisation des forces gouvernementales en place a échoué dans un premier temps en Iran ; pays dans lequel le délire techniciste est pourtant à son comble dans certaines franges de la population, très attirées par le modèle de consommation américain. Il y a donc, en Iran , une pépinière de résistants au système de domination mondiale fondée sur le tryptique : technique, marché, spectacle. Toutefois, l’agence américaine du renseignement a parfaitement réussi son coup dans les pays du Maghreb. Après avoir commencé à déstabiliser avec succès le gouvernement Mubarak que les Etats-Unis d’Amérique soutenaient depuis trente ans, et à la suite de la chute du régime Ben Ali en Tunisie, ces deux pays constituant des maillons faibles de la chaîne des Nations du Proche Orient, la Révolution a pu prendre pied puis s’enflammer pour atteindre son paroxysme dans la Lybie voisine, et laisser entrevoir simultanément laf possible mainmise par les compagnies pétrolières, notamment les « Majors» américaines, sur une production de pétrole égale à 1,6 millions de barils par jour, ce qui est, il faut l’avouer, mieux que rien, compte tenu de la pénurie d’hydrocarbures qui menace le monde développé. A ce petit jeu, la CIA pourrait faire coup double : favoriser l’implantation progressive des multinationales dans la nouvelle Egypte, forte d’un marché de 60 millions d’habitants, au fur et à mesure de la réorganisation de son modèle de redistribution des richesses par habitant dans le cadre d’une mondialisation bien comprise, et, dans un second temps, rafler la manne pétrolière lybienne afin d’en prélever un pourcentage conséquent à son profit, avec l’appui du nouveau gouvernement mis en place par les révoltés,tous acquis à la cause des tenants de la Démocratie libérale. Car l’idéal démocratique prôné par l’Amérique au nom des peuples revendiquant leur liberté sert souvent de paravent au développement du commerce international et à la satisfaction de ses intérêts cachés !!