Une histoire de temps

Juste en dessous du titre de cet article, vous verrez une petite note, indiquant le temps estimé pour lire ce texte. Mais au-delà de cette information anodine, qu’apprenez-vous? Méditez un peu à cette question: chaque heure, chaque minute que nous utilisons dans notre quotidien est un investissement, un don de la seule monnaie que vous ne récupérerez jamais: votre temps. Et, pour appuyer l’importance de cet investissement, voici une gaufre qui tombe

Vous venez de perdre 4 secondes de votre vie. Elles ne reviendront jamais.

L’arrivée des réseaux sociaux a apporté une nouvelle forme de visibilité, qui s’est peu à peu muée en une drogue d’un genre inédit, une drogue numérique. Nous sommes constamment assaillis, submergés par une vague d’informations, majoritairement inutiles: médias, réseaux sociaux, communication, notifications, autant de pensées parasites qui viennent perturber notre concentration. Tristan Harris en a fait son chef d’oeuvre: l’utilisation efficace de notre temps, un combat incessant pour ne plus laisser notre esprit divaguer à la moindre occasion.

J’ai donc décidé de faire le test en grandeur nature. Une journée au boulot, téléphone allumé, posé à côté de moi, pour voir à quel point il affecterait mon efficacité, et le constat est flagrant: sur une journée de neuf heures, je pense avoir perdu un peu moins de 4 heures à cause du téléphone. Entre les réponses aux SMS, les notifications de mails/diverses applications, la procrastination, les alertes Facebook, mais surtout les 23 minutes nécessaire à notre esprit pour revenir à son pic de concentration sur une tâche donnée, mon esprit s’est éloigné de ma tâche principale du jour. Mais pire encore, en rentrant, j’étais frustré, aussi bien par mon inefficacité du jour que par la douloureuse vérité: je venais de me faire déposséder de quatre heures de ma vie.

Le terme peut sembler exagéré, et pourtant, une semaine plus tard, je relance le même test, cette fois ci avec Facebook bloqué, et le portable éteint, placé loin de moi. Certes, j’ai eu envie d’aller le chercher, je guettais de temps à autre sa petite loupiote annonciatrice d’un SMS ou d’une notification (notons la stupidité de la chose, le portable étant éteint). Mais mine de rien, le résultat était là: après 3 heures de boulot, j’avais accompli 80% des objectifs de la journée.

Alors, pourquoi ressentir ce besoin viscéral de checker ses alertes/Newsfeed/messages ? Harris le résume simplement: notre peur de solitude s’est muée en un besoin d’appartenance. On refuse d’être seul, même si on doit pour cela exister à travers le numérique. C’est cette peur de louper la moindre information, combinée au plaisir de voir un message, un SMS d’un pote, une invitation à un événement Facebook, qui nous rend accroc à cette perte de temps.

Quelles solutions pour limiter ce gaspillage de temps ? Avec un peu de recul, j’ai fini par trouver quelques alternatives, parfois frustrantes, parfois agréables, pour pouvoir me focaliser sur le moment présent:

  • Couper court aux tentations. Pour Facebook, Newsfeed Killer remplacera votre fil d’actualité par une citation salvatrice: simple et efficace, je me retrouve plus souvent honteux d’avoir ouvert l’onglet fatidique.
  • Téléphone en mode “ne pas déranger”. Tourné face contre le bureau, pour ne pas voir clignoter le voyant de notification.
  • Un arrière plan sonore. Rainymood et Noisli font des merveilles, on en oublie ce qui nous entoure, concentration maximale.
  • S’aérer l’esprit. Personne ne peut rester concentré trop longtemps, faites deux ou trois pauses dans la journée, prenez un café, marchez dix minutes, on se détend.

“Si vous ne savez pas tirer le maximum de chaque instant qui vous est donné, vous ne méritez pas la moindre seconde de plus”

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