La raison d’être : the “next big thing”

J’avais la chance de témoigner ce midi aux côté de Navi Radjou, en France pour la promotion de son dernier ouvrage “Donner du sens à l’intelligence” (merci Dominique). J’ai trouvé dans les thèmes développés par Navi beaucoup de connexions avec ceux sur lesquels j’intervenais à travers mon retour d’expérience d’Holacracy chez talkSpirit depuis 2 ans. La raison d’être et le sens donnés à nos actions avaient une place particulière. Voici pourquoi je pense que la notion de raison d’être profonde /réelle est la prochaine “big thing” pour les organisations.

L’expérience client et l’expérience employé, sont sans aucun doute les sujets chauds du moment pour les organisations. Où l’on découvre que l’un ne peut aller sans l’autre et qu’on ne peut développer une expérience client réussie sans une expérience employé réussie. Et c’est bien naturel, le bien être et le plaisir de « jouer ensemble » précèdent la performance individuelle et collective.

Projetons nous un peu plus loin dans le temps.

Les entreprises qui n’auront pas réussi à développer une expérience client réussie n’existeront plus tout comme celles qui n’auront pas su recruter ou fidéliser leurs talents. Et pour les autres ? Quels seront les arguments et les facteurs clefs de différenciation des organisations ?

J’ai envie de croire que la raison d’être sera le prochain grand enjeu. Dit autrement, il ne suffira plus de délivrer une expérience réussie, ll faudra encore que la raison d’être de l’organisation dise quelque chose et « parle ». Qu’elle puisse avoir une signification lisible pour vos clients et vos collaborateurs, un impact positif pour votre écosystème et pour l’écosystème tout entier. Lorsque la qualité de l’offre ne suffira plus à vous différencier, lorsque la qualité de l’expérience délivrée ne suffira plus à vous différencier, c’est certainement pour cette raison d’être que votre client ou votre collaborateur viendra vous choisir.

Quel est votre projet, quelle est votre raison d’être ? Quelle est son intérêt ? Quelle est son empreinte sur le monde ? Contribue t’elle à faire de notre monde un monde meilleur ? Participe t’elle à résoudre un des enjeux sociétaux de notre planète ?

Comment découvrir votre raison d’être ? Demandez pourquoi faites vous ce que vous faites, puis derrière chaque réponse, renouveler ce questionnement : pourquoi ? pourquoi ? pourquoi ? Lorsque vous ne savez plus répondre à cette succession de « pourquoi », vous êtes certainement sur la raison d’être profonde de l’organisation pour laquelle vous mettez votre énergie.

En se posant ces questions, vous ne trouvez pas qu’on est bien loin du Non Profit et du For Profit qui distingue le plus souvent les 2 types d’organisations auxquelles nous sommes habitués ? Et comme cette distinction a finalement peu de sens ? Muhammad Yunus, prix Nobel de la Paix, nous invitait déjà à réfléchir dans son ouvrage Social Business à définir une raison d’être qui apporte cette contribution et une réponse aux principaux enjeux de notre monde. Intéressant d’observer le mouvement et les annonces des Google et autres Facebook ces derniers mois pour se positionner sur les problèmes de notre monde qu’aucun Etat ne parvient à résoudre (et c’est bien normal avec les outils de gouvernance et de collaboration qui les caractérisent).

Je veux avoir une vision résolument positive de ce qui nous attend dans ce futur (proche?). A quoi sert une organisation demain, à quoi servirait cette intelligence collective, cette intelligence connectée, augmentée par les capacités d’information et de communication qui seront les nôtres si ce n’est pour servir le monde de façon utile ?

Fort de ce constat, il est intéressant de remarquer la montée en puissance de cette thématique du sens profond de notre action dans les nouvelles approches managériales expérimentées par les entreprises dites libérées et plus encore par celles qui ont adopté l’Holacracy comme modèle alternatif au modèle hiérarchique conventionnel. L’importance donnée à la raison d’être de chaque rôle et de l’organisation tout entière dans le modèle Holacracy confirment à mon sens l’intérêt de ce modèle pour nous préparer à ce futur où débarrassé des problématiques matérielles et consuméristes, se poseront avec d’autant plus de force les vraies questions qui nous animent, celles qui nous mettent en mouvement, celles qui donnent du sens à une existence.