Bien déployer son référentiel d’Architecture

Conseils et bonnes pratiques pour la mise en place de cet outil indispensable pour mieux connaître votre entreprise

Pramana
Pramana
Mar 3 · 7 min read

Devenus incontournables ces dernières années, les référentiels d’architecture, ou d’entreprise, sont apparus aux quatre coins (des DSI) du monde avec pour objectif initial et commun de maîtriser ce qu’on peut qualifier aujourd’hui de cœur de l’entreprise : le système d’information.

Élément clé d’une démarche d’architecture d’entreprise, le référentiel d’entreprise a pour ambition d’offrir un cadre précisant les concepts d’architecture et décrivant les systèmes et capacités de l’entreprise, le tout avec un vocabulaire précis et uniforme. Pour ce faire, quoi de mieux qu’un logiciel de modélisation offrant le stockage organisé d’un ensemble de cartographies représentant et définissant les différents aspects d’une entreprise et son organisation ?

Attention toutefois, la route qui mène au référentiel ultime est semée d’embuches et rares sont les entreprises qui parviennent à maintenir leur solution dans le temps. Même s’il n’existe pas un référentiel d’architecture « modèle », il est tout à fait possible de s’appuyer sur des usages communs et des bonnes pratiques, que ce soit avant, pendant, ou après le déploiement d’un référentiel d’entreprise.

Dans cet article il sera question d’identifier les points d’attention que nous vous recommandons de prendre en compte en amont du déploiement de votre référentiel.

QUELS SONT LES PRÉREQUIS POUR BIEN DÉPLOYER SON RÉFÉRENTIEL D’ARCHITECTURE ?

C’est la première étape dans la construction d’un référentiel et bien entendu la plus importante puisque les décisions prises au cours de celle-ci feront office de fondation pour la mise en place et le maintien de la solution. Il est en effet primordial de poser le cadre de son référentiel avant de le déployer ! Se lancer trop rapidement dans sa mise en place sans avoir identifié les prérequis indispensables au référentiel serait comme sauter d’un avion sans avoir vérifié que vous étiez bien équipé d’un parachute …

Dans un premier temps, il est donc important d’identifier ses besoins afin d’aligner et orienter son futur référentiel sur ceux-ci. Cette première étape consiste à dessiner le squelette et les fondations de son référentiel. Pour ce faire, il est primordial de se poser toutes les bonnes questions, à savoir :

« Pourquoi ai-je besoin d’un référentiel d’architecture ? »

Il s’agit ici de mettre en évidence et de lister les cas d’usage du référentiel et, par la même occasion, d’identifier les objectifs fonctionnels qu’il sera amené à remplir. Que ce soit pour maîtriser les transformations de son SI, à travers des diagrammes d’architecture technique, ou encore capitaliser pour mieux optimiser ses processus métier, il est important de bien identifier ces facteurs directeurs. Bien que la solution soit modulable dans le temps et qu’elle soit amenée, à l’avenir, à remplir d’autres fonctions, il est intéressant de définir, en amont, ces premières lignes directrices.

« Pour qui ai-je besoin d’un référentiel d’architecture ? »

Il est aussi important d’identifier le profil des personnes susceptibles d’utiliser le référentiel et bien entendu la ou les populations ciblées, c’est-à-dire celles qui ont remonté en premier le besoin de mettre en place un référentiel. Mettre en évidence cet aspect permettra d’orienter la construction du référentiel selon le profil des utilisateurs : en effet, selon que l’usage soit réservé aux architectes informatiques ou qu’il soit partagé avec les responsables de directions métier, le référentiel pourra être modulé et construit en conséquence.

Bien entendu, il sera toujours possible de faire évoluer le référentiel après installation, mais aligner sa mise en place sur les besoins initiaux est de toute évidence la démarche idéale à entreprendre.

« Comment vais-je construire mon référentiel d’architecture ? »

Pour cette partie, le terme « construire » prend deux significations : la construction technologique et la construction du contenu du référentiel.

Il faut donc, dans un premier temps, identifier les caractéristiques premières de la solution à déployer : à savoir, son interface utilisateur, ses compatibilités, ses fonctionnalités, etc. Que soit priorisée une ergonomie modulable et facile à prendre en main au détriment d’une interface technique poussée et aux multiples connectivités (ou inversement), votre choix d’outillage doit évoluer et s’orienter en conséquence.

Le deuxième point consiste à prévoir et planifier la complétion du référentiel. Une fois mis en place, il faudra en effet orchestrer son enrichissement : il est pour cela important d’imaginer et de planifier en amont des processus d’alimentation en contenu. Il serait par exemple envisageable de mettre en place une première étape de reprise de l’existant pour fonctionner ensuite suivant les opportunités des projets.

De nombreuses méthodes ont été développées pour enrichir son référentiel en contenu, chacune d’entre elle a ses avantages et ses défauts ; en revanche, en complément de cela, il sera aussi nécessaire de définir des rôles et responsabilités vis-à-vis de la gestion du référentiel d’architecture.

« Qui sera responsable du référentiel d’architecture ? »

Dans ce type de projet, il est nécessaire d’identifier à la fois les personnes chargées de l’administration technico-fonctionnelle du référentiel mais aussi ses utilisateurs et les personnes responsables de son accroissement. Il sera aussi sûrement nécessaire d’organiser des ateliers de formation et de sensibilisation à la modélisation et à l’utilisation de l’outil pour guider les nouveaux utilisateurs.

L’expérience utilisateur est bien entendu un des aspects primordiaux à prendre en compte pour votre référentiel, certaines populations peuvent être en effet plus ou moins habituées à la modélisation et un nouvel outil peut parfois être délicat à prendre en main ; ce qui nous ramène au point précédent relatif au choix de l’ergonomie de votre solution en fonction du public et des utilisateurs.

Une fois ces quatre questions analysées et traitées de bout en bout, vous disposerez de suffisamment d’informations pour orienter de façon adéquate le choix de votre solution en fonction de vos besoins. Il restera cependant un aspect (très) important dans la construction d’un référentiel qui mérite d’être abordé et étudié avant même le déploiement de ce dernier :

LE METAMODELE

On peut définir le métamodèle d’un référentiel comme l’ensemble des règles de rangement et de modélisation à définir en amont puis à établir lors de la construction du référentiel. Celles-ci proposeront et définiront une structure commune et complète pour l’ensemble des différents aspects du référentiel.

L’objectif de ce métamodèle est, comme son nom l’indique de poser un « modèle pour les modèles » et d’optimiser la navigation et l’ordonnancement de ceux-ci.

L’exemple le plus commun de métamodèle est celui défini et proposé par TOGAF (The Open Group Architecture Framework). Il correspond au découpage suivant :

Au premier abord, ce modèle peut paraître lourd et complexe mais pas de panique, il n’est pas nécessaire ni forcément pertinent de suivre à la lettre le métamodèle proposé par TOGAF : celui-ci doit rester une inspiration plus qu’un archétype à dupliquer. Sa valeur réside plutôt dans la capacité de chacun à l’adapter selon l’organisation et/ou les besoins de l’entreprise. Vous pouvez décliner ce modèle à un plus simple niveau, en vous appuyant par exemple sur le modèle organisationnel de l’entreprise.

On pourrait imaginer un découpage tel qu’une couche du référentiel est dédiée aux aspects métiers de l’entreprise avec la représentation des organigrammes et processus métiers des différentes directions de l’organisme. Une autre en lien avec la définition et la modélisation des objets métiers manipulés par les collaborateurs. Et enfin une couche permettant de définir et décrire l’architecture du parc applicatif de l’entreprise avec les détails concernant les échanges inter-applicatifs et leur déploiement technique. Les possibilités sont riches et multiples !

Vous avez désormais une meilleure idée du travail qu’il est nécessaire d’effectuer en amont du déploiement de votre référentiel d’entreprise. Il ne tient qu’à vous d’appliquer ou non ces conseils que nous avons voulus simples, synthétiques et d’application rapide ; mais attention, gardez bien à l’esprit qu’une fois le projet de référentiel lancé, il vous sera très difficile ressortir intact des éventuelles ornières causées par la précipitation, d’où la nécessité de bien étudier le terrain avant de s’y aventurer. Il est aussi important de rester raisonnable dans ses choix, ne pas vouloir trop en faire et rester cohérent face à l’organisation dans laquelle vous évoluez et au niveau d’utilité que ce référentiel pourrait vous apporter. Une grande partie des échecs de projets de mise en place d’un référentiel d’architecture trouve son origine dans l’absence d’un travail approfondi en amont ou d’une balance bénéfices-coûts déséquilibrée.

Relèverez-vous le défi ?

Maxime FARCY
Consultant Pramana

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