La Selkie

Seconde Partie : Jean-François

La mer était calme en ce jeudi soir 24 juin 2010, nuit de la Saint-Jean. Le jeune homme, assis sur un rocher en bord de mer, avait regardé en direct sur son smartphone le Japon étriller le Danemark au Royal Bafokeng Stadium de Rutsenburg en Afrique du Sud, dans le cadre des seizièmes de finale de la coupe du monde de football, édition 2010, au pays de Nelson Mandela. Il éteignit son téléphone portable, résonnant encore au son de ces infernales vuvuzela. Une brise tiède colportait d’océanes senteurs. La lune dominait le firmament dans un ciel déserté de nuages. Elle serait pleine d’ici deux jours, autant dire qu’une agréable luminosité faisait scintiller les flots. Il était pensif. Il ne voulait pas se rendre au grand feu du village, sachant pertinemment bien qu’il tomberait sur celle qui l’avait largué comme une vieille chaussette à peine une semaine plus tôt. Son cœur saignait toujours, mais il savait que ce n’était qu’une question de temps. Le temps arrange toujours pratiquement tout…

Son attention fut subitement attirée par un mouvement incongru à la surface des flots, tout proche du rivage, à une trentaine de mètres de son perchoir. Il se tassa sur son rocher, méfiant. Tout à coup, une forme se dressa hors de l’eau. Bipède, à l’allure d’un phoque de belle taille. Il n’avait jamais vu ça ! Et soudain la créature, dans un geste ample, se métamorphosa. Le côté phoque s’évapora pour laisser la place à probablement la plus jolie fille qu’il lui fut donné de voir. Et ne voilà-t-il pas que la délicieuse créature, dans la plus complète nudité, se met à danser, face à la lune, dans de souples et sensuels déhanchements. Il était fasciné par le spectacle. Son cerveau tournait à plein régime, se remémorant les histoires de sirènes que son pêcheur de père lui racontait quand il était enfant. Le féerique ballet dura, il aurait été incapable de le dire, jusqu’à un moment où une lame de fond inattendue vint se jeter à l’assaut des rochers du bord de mer, éclaboussant par la même occasion l’involontaire spectateur. La splendide créature interrompit son menuet, aussi subitement qu’elle l’avait entamé. Elle regardait alentour, et semblait désemparée. Elle se mit à courir de tous côtés, à la recherche d’il ne savait trop quoi. Il se redressa sur son rocher, s’apprêtant à s’éclipser discrètement, la magnifique jeune fille était visiblement absorbée par la recherche de quelque chose. Il glissa bas de la pierre, perdant de vue par la même occasion la belle ondine. Il allait faire demi-tour quand il entendit des pleurs désespérés. Que faire, se dit-il, tiraillé entre l’envie de s’éloigner de cette possible diablerie, et la curiosité de s’approcher de cet étrange phénomène. Il ne mit pas longtemps à faire son choix. Il escalada à nouveau le promontoire minéral, pour cheminer entre d’autres rochers, à la rencontre de la belle désemparée. Celle-ci était assise en tailleur au bord de l’eau, face à la mer, son corps secoué de sanglots.

-Euh… mademoiselle, ça va ?

Elle se retourna en reniflant.

Il n’avait jamais vu un regard aussi intense, d’un bleu abyssal, reflétant les mille et une richesses des royaumes sous-marins. De grands yeux à l’infinie tristesse, sur un visage fin au charme surnaturel et à la bouche sensuelle, encadré par de longs cheveux blonds comme les blés mûrs. Elle se dressa tout en souplesse, affichant un corps de rêve, ses deux mains en protection de son mont de Vénus.

-Ça n’ira plus jamais, répondit-elle, fondant à nouveau en sanglots.

Il s’approcha d’elle et lui tendit sa veste en jeans. Elle lui adressa un pâle sourire, bien vite noyé d’un autre torrent de larmes. Il déposa le vêtement sur ses épaules.

-Merci, dit-elle simplement.

Les questions se bousculaient dans la tête du jeune homme.

-Pourquoi tu pleures ?

-Mon univers m’a rejeté… chiala-t-elle.

Il la prit dans ses bras, dérouté par cette étrange réponse. Elle se laissa faire, retenant un léger frémissement.

-Comment t’appelles-tu ?

-Nayla, renifla-t-elle entre deux sanglots.

-Moi, c’est Jean-François. J’habite le village à côté, Penmarc’h, pas très loin du phare d’Eckmühl. Ma famille est de Quimper.

-Connais pas…

-Qu’est-ce que tu fais ici, sur cette plage, en pleine nuit ? Il m’a semblé que tu sortais de l’eau. Tu es une nageuse olympique ? Tu avais l’air de porter un costume…

La dernière assertion eut l’effet d’une bombe lacrymogène sur la jeune fille. Elle fondit en larmes de plus belle.

-Tu habites où ? Je vais te ramener en voiture, elle est garée pas très loin d’ici.

-J’ai nulle part où aller… sanglota-t-elle.

-Tu vas venir chez moi, te sécher et passer une bonne nuit de sommeil. J’ai du kouign amann, et avec ça tu boiras une tisane revigorante, ça va aller !

-Si tu le dis…

Le torrent lacrymal semblait se calmer. Elle n’était plus secouée que de hoquets sporadiques, et malgré la veste en jeans et une température étonnamment douce, elle grelottait.

-Viens, il est plus que temps, sinon je vais devoir te soigner pour un rhume, ou pire ! C’est par là. Tu sauras marcher ?

-Oui…

Quelques instants plus tard, l’étonnant couple abordait un chemin assurant la liaison entre la plage et la route départementale au bord de laquelle était garée une vieille 2 CV Charleston noire, grise et jaune. Une jolie automobile d’un autre âge. Il la fit entrer côté passager pour ensuite s’installer au volant et démarrer l’ancêtre motorisé. France-Bleue Breizh Izel diffusait le bulletin d’information de 23h, et ne signalait pas le moindre naufrage sur les côtes du Finistère, qu’il soit Nord ou Sud. La bagnole abandonna Guilvinec et aborda la départementale 57 pour assez vite rejoindre la départementale 53 qui fusionnait plus loin avec la départementale 785 à destination du centre de Penmarc’h. Il aurait pu couper par les petites routes, mais il ne le sentait pas trop. D’un naturel un tant soit peu superstitieux, il préférait éviter les campagnes à la seule lueur de l’astre de la nuit et des phares de sa deuch’. Le trajet jusqu’à son logis se passa dans un silence lourd. La jeune fille était absorbée dans ses pensées, et ne prêtait aucun intérêt à une petite route pourtant bien jolie. Le véhicule entra dans le village côtier, dont le centre pour l’heure affichait encore plusieurs terrasses de bistrot où s’attardaient quelques locaux. Trois petites minutes plus tard, il garait sa voiture devant la petite maison qu’il louait rue Albert Camus, sous la bienveillante protection du géant d’Eckmühl non loin de son logis. Le phare pulsait dans la nuit, balise intemporelle signalant la côte aux bateaux croisant au large. Ils quittèrent la voiture. Il sortit sa clé et ouvrit la porte, précédant la jeune fille. Elle ne grelottait plus, et avait séché ses larmes. Une infinie tristesse avait pris possession de son magnifique visage. L’intermittence des éclats du gardien du port jouait un ballet d’ombres et de lumières, vite remplacé par le chaud éclairage du vestibule. Il referma la porte derrière elle. Doublant la cuisine et l’escalier menant à l’étage, il l’emmena dans le salon qui faisait aussi office de salle à manger et de bureau. La décoration et l’aménagement étaient caractéristiques d’un informaticien célibataire. Une portion de la grande table était colonisée par un ordinateur et les accessoires allant de pair voisinant avec une corbeille de fruits dont les occupants attestaient d’évidents signes de fatigue. Sur une table basse siégeait un ordinateur portable et une tablette. Un bahut mural sans portes regorgeait de livres, et dessus étaient posés quelques bibelots d’artisanat breton encadrant une chaîne hi-fi Marantz. Une haute colonne partant à l’assaut du plafond débordait de cd’s, et un meuble bas proposait une belle collection de vinyles. Le reste de l’ameublement consistait en un divan, un fauteuil, quelques chaises disposées autour de la table et un écran plasma mural accompagné de ses lecteurs et autres décodeurs.

-Je propose que tu commences par une bonne douche chaude, le temps que je te trouve des fringues. Ça ne devrait pas être trop difficile, on est plus ou moins du même format. Évidemment, ce ne sera pas fort féminin.

-Pourquoi fais-tu ça ?

-Pourquoi je fais quoi ?! Je porte assistance à mon prochain, voyons !

Il tenta de détendre l’atmosphère par cette boutade, sans grand résultat.

-La salle de bains est à l’étage, suis-moi !

Il grimpa les escaliers, suivi de son insolite visiteuse. Arrivé en haut, il ouvrit la porte de la salle d’eau, faisant face à sa chambre, dont la porte était ouverte, révélant un grand lit en pagaille, une garde-robes du plus pur style mobilier breton. Rustique et robuste. Et une commode d’aspect tout aussi champêtre. Au mur, le poster de Pink Floyd « Dark side of the moon » sous verre dominait la tête de lit. Une fenêtre orientée plein ouest laissait entrer une douce brise océane, agitant mollement des rideaux en dentelles de Bruges. Étonnant, dans un décor breton ! Posée sur la commode, une photo sous cadre de lui recevant son diplôme de maîtrise en sciences informatiques de l’UBS, l’Université de Bretagne Sud, à Lorient.

Il précéda la jeune fille dans la salle de bains.

-Tu fais comme chez toi. Il y a du bain douche dans la cabine, du shampooing aux herbes bio. Et voici une serviette propre, lui tendit-il, l’ayant prise dans un meuble recelant ce genre d’objets, contigu à un évier et un miroir.

-Question brosse à dents, j’en ai qu’une, mais on ira t’en acheter une au village demain.

Elle laissa tomber la veste en jeans, et l’éclairage franc de la salle de bains mettait encore mieux en relief une anatomie de mannequin. Elle poussa sur le bouton commandant l’arrivée d’eau et se servit de shampooing. Le jeune homme, un peu gêné, se retira de la salle d’eau.

-Je te prépare des fringues, scanda-t-il, passant outre le bruit de l’eau de la douche ruisselante.

Quelques minutes plus tard, il déposait sur le meuble un slip noir, un blue jeans avec une ceinture de cuir et un sweat-shirt gris souris aux armes de la faculté des sciences section informatique de l’UBS. Il redescendit à la cuisine préparer une collation. Un peu plus tard, Nayla le rejoignit au salon. Même si leur taille était à peu près compatible, elle flottait quand même un peu dans les vêtements d’emprunt. Cela lui allait toutefois assez bien, dans un pur style garçon manqué.

-Désolé, mais je n’ai pas de sous-tif. Si seulement l’autre morue n’était pas déjà venue rechercher les quelques effets personnels qu’elle avait laissés ici !…

-Merci, Jean-François.

C’était la première fois qu’elle l’appelait par son prénom. Un timide sourire avait fait son apparition. Le doux éclairage de la pièce se reflétait dans ses grands yeux. Elle vint s’asseoir sur une chaise à côté de la table basse sur laquelle, après avoir viré ordi portable et tablette, il avait disposé une assiette, refuge d’un kouign amann traditionnel encore légèrement fumant. Il lui avait préparé une tisane tilleul et verveine, et pour lui, s’était servi un stout Coreff dans une pinte d’un demi-litre. De la musique douce passait à la chaîne hi-fi. Il découpa deux parts de gâteau qu’il servit sur de petites assiettes en faïence de Quimper. Il lui en tendit une.

-Merci, dit-elle simplement.

Visiblement, la pâtisserie au beurre, sucre et farine plut à la jeune fille. Il lui en servit un autre morceau, qu’elle accepta volontiers. Un silence vespéral les environnait. Elle but sa tisane, et lui son stout.

-Demain, tu me raconteras ton histoire, si tu veux ?!

-Si tu veux…

-Dans l’immédiat, tu prends la chambre et tu fais un gros dodo. Désolé, j’ai pas de pyjama, je dors à poil en général. Demain est un autre jour, et ça tombe bien, j’ai congé jusque lundi prochain.

-Je ne sais que dire…

-Alors ne dis rien, Nayla. Allez, zou, tu files au lit !

Elle termina sa tisane et se leva, pour quitter le salon.

-Bonne nuit, et merci !

-De rien, bonne nuit !

Il la regarda alors qu’elle disparaissait dans l’ouverture de la porte donnant sur le vestibule. Il l’entendit monter l’escalier délicatement. Il se perdait en conjectures. Il opta pour une autre Coreff, évacuant progressivement une chape d’incertitude sous laquelle il croulait depuis plus d’une heure.

Son smartphone sonnait frénétiquement depuis quelques minutes quand il se contraignit à émerger. Finalement, son divan était assez confortable. Il avait dormi tout habillé, exception faite de ses Docksides crème et bleu azur. Il s’étira en baillant.

-Nayla !

Pour toute réponse, le silence, juste troublé par une brise marine venant de l’étage. Il se leva, chaussa ses pompes et remit de l’ordre dans ses cheveux bruns mi-longs. Il grimpa à l’étage. Sa surprise fut grande de voir son grand lit défait, mais surtout vide. Rapidement, il fit le tour de la maison. Personne ! Il avala un grand verre de lait froid après avoir été pisser, se saisit de son téléphone et chercha ses clés de bagnole. Le problème, c’était justement les clés de sa voiture. Envolées ! Tout comme la 2 CV, constata-t-il en passant la tête par la fenêtre de la cuisine, la mine dépitée.

-La salope ! J’ai dans l’idée que je me suis bien fait avoir…

Il ruminait ses sombres pensées, quand une idée s’insinua en lui, progressivement.

-Je ne serais pas étonné qu’elle soit retournée à la plage. Visiblement, elle a perdu hier soir quelque chose qui compte très fort pour elle.

Il prit son téléphone et appela un numéro de son répertoire.

-Franck, salut, je te dérange pas ?

« Du tout, quoi de neuf ? »

-J’ai un service à te demander, tu saurais me déposer à la page de Guilvinec ?

« Ta caisse est en rade ?! »

-Je t’expliquerai. C’est un peu urgent.

« J’arrive, à toute’ ! »

Jean-François sortit dans la brise matinale attendre son pote devant la maison. Il n’eut pas à poireauter longtemps, la vieille Renault 4 vert bouteille de son ami déboula devant sa demeure à peine trois minutes plus tard. Il embarqua, et le véhicule, quelque peu pétaradant se mit en branle à destination de Guilvinec. Il raconta à Franck sa curieuse aventure de la nuit passée. Une perplexité teintée d’amusement avait envahi la bonne gueule de son pote.

Quel soulagement pour Jean-François, une fois qu’ils furent arrivés du côté des grèves de Guilvinec, de découvrir sa voiture soigneusement garée à côté d’un panneau vertical proposant un plan des plages sponsorisé par l’office du tourisme local. Il bondit hors de la R 4 et courut à sa bagnole. Franck le suivit. Sur le pare-brise, un emballage de chocolat Côte d’Or, côté blanc et vierge où étaient couchés ces quelques mots. « Merci Jean-François ! » C’était signé Nayla. Il constata aussi que les clés étaient sur le contact.

-Bien, voilà, t’as récupéré ta caisse et la petite sirène s’est envolée ! Pas de chance, mon pote ! Bon, là, je dois retourner au taf, y a le boss qui va se demander où qu’je suis passé. Tu me dois une Tri Martolod blonde au pub !

-Même deux. Merci Franck !

Les deux amis se saluèrent. La R4 démarra dans un boucan d’enfer et Jean-François, après avoir récupéré ses clés de bagnole sur le tableau de bord, et empoché le petit mot, prit le chemin de la grève. Le soleil, généreux était à mi-course de son zénith.

-Nayla !

Il trotta vers elle, évitant de se prendre une gamelle sur et entre les rochers. Elle se retourna vers lui, totalement désemparée. Elle était assise sur un rocher, et ses vêtements étaient trempés. À son approche, elle se leva et vint se jeter dans ses bras en pleurant.

-Jean-François, excuse-moi, j’ai honte… sanglota-t-elle, s’accrochant à lui comme un naufragé perdu en mer s’accroche à un morceau de bois.

-Tu seras excusée quand tu m’auras expliqué ce qu’il se passe !

Il la tenait dans ses bras, et ne put résister à l’envie de poser un baiser dans ses cheveux blonds aux senteurs océanes. La manifestation d’un probable rejet ne vint pas. Elle frémissait entre ses bras.

-On rentre à la maison, il faut que tu te sèches !

Un peu plus tard, une 2 CV Charleston bien connue empruntait la D 57.

Ses fringues étendues sur le fil à linge de la terrasse prenaient le soleil. Pour l’heure, il lui avait filé un boxer et un t-shirt. Ils étaient tous les deux assis sur une méridienne en bois exotique, faisant face à une table de jardin en teck, sur laquelle résidait une théière et deux tasses.

Il était abasourdi, et pourtant, il savait au fond de lui-même qu’il ne pouvait que croire à cette histoire digne des meilleurs mythes celtiques. Nayla lui avait tout avoué. Que ce soit son étrange don, ou sa patrie sous-marine, ou encore son étonnante race. Elle le fixait dans les yeux, de ses grands yeux incroyables dans lesquels il pouvait contempler les merveilles des fonds sous-marins. Il se décida enfin à poser une question, peut-être un peu vide de sens, étant donné qu’à part la vie, elle avait tout perdu.

-Que comptes-tu faire, Nayla, maintenant, aujourd’hui, après ?…

Il avait une boule au fond de la gorge. Il vivait la détresse de la selkie.

-Vivre ! Peut-être, un jour, une bonne fortune me rendra ma peau de phoque…

-C’est mon plus vif souhait. En attendant, tu peux habiter chez moi. J’ai constaté cette nuit que mon divan est très confortable, se ressaisit-il.

Elle le dévisageait. Elle semblait apprécier ce front altier encadré de cheveux bruns mi-longs et désordonnés, ces yeux vert émeraude, ce nez droit et cette bouche au sourire fin.

-Cet après-midi, on ira faire les boutiques du village. Brosse-à-dents, lingerie féminine, et des fringues plus appropriées.

-Je n’ai pas d’argent, Jean-François !

-C’est pas ça qui me mettra sur la paille, n’aies crainte. Avec mon salaire d’informaticien, on peut vivre à deux.

-Je ne saurai jamais assez te remercier, se rendit-elle avec un sourire désabusé.

Elle les resservit de thé. Au plus profond d’elle-même, elle se disait que dans son immense malheur, il restait un peu d’espoir… Cette pensée lui réchauffa le cœur, tout comme ce thé anglais à la bergamote.

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