Kill me three times

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Il y a quelques mois sortait sur les écrans Kill me three times, film qui à part avoir un réalisateur australien et Simon Pegg au casting ne semblait proposer aucune caractéristique le faisant sortir du lot. Malgré ce relatif anonymat il serait dommageable de ne pas y jeter un œil, car Kill me three times est réussi sur bien des plans.

Le scénario de base est classique d’un thriller tendu et rappelle ce qui sert de départ à un film comme Fargo. Et en fait ça n’est pas tant la tenue de l’histoire qui ressort mais l’ambiance dans laquelle elle est maintenue.

Kill me three times fait la chronique d’une société où le sentiment existe encore et se débat, mais maladroitement, pressé entre les turpitudes du sexe et le vice de l’argent. Ou l’inverse.

Alors quand on a en plus le numéro d’un tueur à gage dans sa poche, la petite mentalité humaine s’imagine que la solution est simple.

A partir de ça, Kill me three times tisse un jeu à plusieurs entrées où les postures s’entremêlent puisqu’évidemment tout échappe au contrôle de ceux qui ont pris des décisions. Parfois, c’est ainsi, les victimes désignées se défendent. Et pour témoigner de ces bouleversements le film aussi évolue dans sa manière. De polar noir à l’origine il se fait film d’action, flirte avec le western contemporain tout en laissant filtrer des touches de comédie. A certains moments on pourrait presque se croire dans un Guy Ritchie pour le ton. Simon Pegg, qu’on suppose à contre-emploi, se coule parfaitement dans le moule tragi-comique.

Les événements s’enchaînent d’une façon bien rythmée et échappent à la bouffonnerie par une mise en place graphique bien intéressante. Le tout se monte en mosaïque, on ne pourra s’empêcher de se remémorer ici Jackie Brown. Un grand soin est donné à des plans d’apparence banals et chaque séquence est posée par les lumières, le décor. On passe ainsi avec cohérence d’un sentiment à l’autre, d’une dynamique à l’autre avec une grande fluidité.

Cette cohérence se retrouve dans ce qui se dégage des péripéties subies par les personnages. Baigné d’un soleil apaisant, Kill me three times développe une sorte de férocité, affectueuse malgré elle, envers ces gens qui se font du mal dans une quête de survie qu’ils se sont eux-mêmes imposés par leurs échecs. Un panorama dans le même genre qu’un American stories, en moins loufoque tout de même.

Chose notable : la place des rôles féminins.
Le constat est peut-être facile à tenir vu le peu de personnages. Il est quand même assez net que d’un côté les hommes sont fuyants, brutaux, médiocres dans leur façon de faire les choix sans même regarder en face les conséquences. Et en contre-poids on trouve des femmes certes ballottées mais battantes, se tenant droites sans pourtant être des héroïnes, aux idées claires et surtout : libres.

Le film Kill me three times parvient à surprendre, à maintenir son suspens, à rendre ses personnages drôles et pathétiques, sans personne à qui se raccrocher ou détester véritablement mais pour lesquels une empathie un peu coupable s’éveille. Pourtant le casting semblait modeste, Teresa Palmer comme copie de Kristen Stewart, Sullivan Stapleton sans sa barbe ne parvenant qu’à prendre brièvement des faux airs de Ray Liotta. Mais tout cela est encore une fois cohérent, aucune tête ne dépasse véritablement, si ce n’est par bribes aussitôt malmenées dans le fil de l’histoire.

Oh, et bien évidemment, Simon Pegg est excellent.

L’argument promotionnel :

« Alice Braga. Où comment jouer un rôle insignifiant dans l’un peu pitoyable I am a Legend, et ensuite être encore capable d’avoir du charisme en jean et basket. »
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