Flat tax : une (fausse) bonne idée ?

Hervé Mariton, candidat à la primaire Les Républicains (LR) qui permettra de désigner le candidat de droite à la présidentielle de 2017, s’est fait le défenseur d’une “Flat tax” sur l’Impôt sur le Revenu.
Une “Flat tax” ou impôt à taux unique, comme il le propose comprendrait en réalité deux taux. Un taux à 2% pesant sur les menages touchant moins de 8'000€ par an et un taux à 14% sur l’ensemble des menages touchant plus que cette somme.

Qui est concerné par cette évolution ?

A la différence du système actuel, la réforme que propose Hervé Mariton propose que l’ensemble des contribuables soient soumis à l’impôt sur le revenu. Ne nous trompons pas ici, l’ensemble des français sont soumis à l’impot : en effet, prenons un exemple simple. Un acheteur s’achète un pull en boutique à 50€. Ce pull, comme tous les produits vendus en France sont soumis à une taxe en l’occurence la TVA. Cette TVA est de 20%. Ainsi, sur les 50€ payé par le consommateur 10€ reviendront à l’État. 
Les recettes de la TVA rapportant plus de 2,5 fois plus que les recettes de l’Impôt sur le revenu, il est donc absolument faux de dire que seule une partie des français contribuent à l’effort nationale en payant des impôts.

Mes impôts vont-ils baisser ?

Concrètement, si vous appartenez n’appartenez pas au 10% les plus riches de ce pays vos impôts ne diminueront pas, au contraire. 
D’après le site révolution-fiscale.fr, après avoir entré les taux d’imposition de l’année 2016, puis les taux proposé par Hervé Mariton, on constate que les 10% les moins riches verront leurs impôts être diminués là où les 90% les plus pauvres (c’est à dire les personnes touchant moins de 3'500€ net par mois) verront leurs impots augmenter.

Est-ce vraiment bon pour l’économie ?

Il est bien difficile de prévoir le comportement des agents au sein de l’économie. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles l’économie ne peut être considérée comme une science pure. Difficile de dire si ces taux d’imposition proposé par Hervé Mariton vont relancer l’économie, engendré le retour d’exilé fiscaux… 
Néanmoins l’analyse économique peut apporter des élements de réponses à cette question. La propension marginale àconsommer en est une. Derrière ce terme qui peut paraître compliquer, se cache la part du revenu destiné à la consommation en opposition à la propension marginale à épargner (part du revenu destiné à être épargné).

Cependant, on remarque que la consommation des hommes à tendance à accroître à mesure que leur revenu croît cependant de façon plus lente. Prenons un exemple : celui de deux célibatires touchant deux salaires différrents.

A la fin du mois, il restera ainsi seulement 35,4 € (3% de son salaire) au célibataire 1 là où il restera 2305,4€ (46%) au célibataire 2. Ces sommes d’argent pourront être utilisée à des fins de consommations comme l’habillement ou le loisir (cinéma, restaurant ? ils seront libre de faire ce qu’ils veulent avec leur argent). Cependant, on note que le Célibataire 2 aura une capacité plus forte à épargner son argent que le célibataire 1. 
Avec la réforme que Monsieur Hervé Mariton, cette situation s’accentuera, puisque le célibataire 1 devra faire des économies sur son budget (nourriture ? chauffage ? eau ?) puisque ses impôts augmenteront massivement de telle sorte que s’il maintient ses habitudes ses comptes seront déficitaires de près de 68€. A l’inverse, le célibataire 2, jouissant de revenus plus élevés verra ses impôts être réduits de près de 400€.

Par là, je veux en venir que, les plus riches verront leur capacité à épargner accentuée. Pour autant, cela intervient à un moment où le risque d’un excès d’épargne prolongée est craint. Cet argent est une faiblesse pour notre économie quand il ne soutient pas la consommation, par conséquent l’investissement dans notre appareil économique. Cela constituera un frein à une quelconque reprise économique. De plus, l’excès d’épargne pourrait nous conduire à une nouvelle crise financière (cliquer sur le lien pour recevoir les explications de Joachim Fels, PIMCO Global Economic Advisor)

Ainsi, l’instauration d’une flat-tax aura pour conséquence : 
 — l’augmentation des impôts pour tous les français touchant moins de 3'500€ net mensuellement et l’accentuation des inégalités ;
 — de freiner la reprise économique en encourageant un peu plus l’épargne et non l’investissement en notre appareil productif de participant ainsi à la fragilisation de l’économie mondiale pouvant nous conduire à une nouvelle crise financière.