How I got lost in India

Lundi 12 Septembre 2016, triste retour

Jeudi 22 Septembre 2016, 00:27. J’ai cours demain. Je suis revenu en France et je suis revenu dans ma vie quotidienne, loin de toutes ces choses, de toutes ces personnes que j’ai rencontrées et qui ont fait de moi une personne différente. Alors quand je suis en cours, je ne peux pas m’empêcher de jeter un regard, rêveur, vers toutes ces choses qui m’attendent encore à bras ouverts. 
Aujourd’hui, je profite du calme de la nuit pour rompre le silence qui s’est installé depuis trop longtemps sur ce petit blog de voyage. C’est à regrets que je ne puis plus partager de vidéos avec vous puisque lors de mon périple, je me suis tout fait voler: après avoir essayé l’autostop sur les routes de l’Uttar Pradesh, j’ai fini dans le mini van de trois bandits qui m’ont emmené sur les routes de campagne pour me forcer à leur laisser toutes mes affaires. Toutes, sauf mon petit portefeuille avec une carte de crédit, qui m’ont permis de continuer mon voyage. Mais n’ayant plus eu de moyen réel pour écrire mes articles, j’ai donc suspendu mes vidéos, photos et donc, le blog. C’est une mésaventure qui aurait pu arriver dans n’importe quel autre voyage, avec n’importe qui d’autre et n’importe quand. Le fait est qu’il me reste des mots. Il me reste des mots que je manipulerai de mon mieux pour créer en vous les images d’un paradis inconnu de bien du monde, appelé Inde. Je ne souhaite pas m’attarder sur le sensationnalisme du vol de mon bagage parce que j’ai pu remarquer un phénomène qui se produisait chez beaucoup d’européens: l’Inde est un pays dangereux. C’est faux. C’est faux et c’est insultant pour ceux qui vivent là-bas. Et avant de continuer mon blog je tenais à écrire cet article pour vous faire comprendre à quel point un voyage en Inde peut vous apporter quelque chose et, non pas vous changer — déjà parce qu’on ne change pas une personne, et ensuite parce que si quelque chose devait vous changer, ce serait le fait même de voyager, que ce soit en Inde ou ailleurs dans le monde — mais vous donner une appréciation plus positive et plus distante de ce dont retourne réellement la vie.

Ma décision de tout quitter pour un mois et demi avec un sac à dos dans un pays qui nous semble, à nous petits occidentaux modernes, bien dangereux, elle s’est faite en plusieurs étapes et pour plusieurs raisons. Je dirais que mon départ se résume à trois C:
- Chagrin d’une rupture particulièrement abrupte et très douloureuse.
- Chômage à partir du moment où personne n’a voulu me prendre en stage malgré mes nombreux diplômes et expériences personnelles
- Changement. Clairement, je ressentais au plus profond de moi un besoin de renouveau total. Un nouveau départ.

Et un soir, je dînais avec A. et nous discutions de l’absurdité éthique de payer pour faire de l’humanitaire; je lui fis part de mon envie de partir loin. C’est à cet instant là que se passa ce moment absolument génial où elle me dit, en me regardant droit dans les yeux, “mais pars. Tu seras seul dans l’avion mais une fois arrivé sur place tu ne seras plus jamais seul”. Et vous savez quoi? Elle avait raison. Sur toute la ligne. Et aujourd’hui encore, je ne pourrai jamais lui être assez reconnaissant de m’avoir aidé à prendre l’une des décisions les plus importantes de ma vie.

Et me voilà, moi, jeune étudiant de 22 ans, à écumer les comparateurs de vols et blogs de voyage pour en savoir plus sur le backpacking et sur les destinations qui pourraient le mieux me convenir.
Pourquoi l’Inde? En passant en revue les centaines d’articles dédiés aux voyages sur le net (je vous conseille vivement lesacados.com et vizeo.net qui m’ont fortement inspiré), peu parlaient de l’Inde. Vraiment et sincèrement. Or j’avais besoin d’un endroit où je serais sûr d’être mis au défi, et de me perdre. Et l’Inde, par sa richesse culturelle et sa diversité infinie de paysages, me paraissait être le pays idéal pour obtenir ce que je désirais. Et j’ai eu exactement ce que je voulais. J’ai été mis à l’épreuve et j’ai perdu tout ce que je possédais, c’est vrai, mais n’était-ce pas ce que je cherchais en venant? Et c’est arrivé au moment où je m’étais déjà fait à l’Inde, alors je ne me suis pas retrouvé largué. Aujourd’hui, je considère cette étape non pas comme une mauvaise expérience, mais au contraire, comme quelque chose qui m’a enrichi. Bien sûr que j’aurais pu ne pas en revenir, que j’aurais pu finir battu sur les bords de route de campagne. Mais le fait est que ce ne fût pas le cas, et même mieux, j’ai continué mon voyage sans problème d’argent puisqu’ils m’avaient rendu mon portefeuille avec ma carte bleue dedans. “Turn mistakes into gold”, comme disait Eddie Vedder. C’est ce que j’ai fait. Et j’ai continué mon voyage parce que je savais maintenant ce à quoi m’attendre et que même si, dans les jours qui ont suivi l’incident, j’avais perdu la confiance que j’ai pu avoir au début envers les chauffeurs de taxi ou d’autorickshaws (alors même qu’ils ne m’avaient rien fait… Mais la peur est une notion absurde qui est le propre de l’Homme et qui fait nos propres limites. Mais bon, c’est un sujet fort sérieux dont je me plairais à décrire avec lyrisme peut être un jour si les conditions s’y prêtent!), quelque part en moi je me sentais bien plus fort. Ca semble con comme phrase, mais pourtant c’est la plus sincère qui me vienne à l’esprit.

Alors voilà, finalement, ce blog, si je le fais, si je le continue, c’est parce que je souhaite faire un récit empreint de vérité, un récit qui puisse faire rêver et même, qui sait, et j’en serais très honoré, encourager ceux qui me liront à sauter le pas et à dépasser leur peur pour aller à la rencontre de l’inconnu.

“Nous avons pris le temps de voir nos différences;
De mélanges et rencontres il faut franchir le seuil, 
Parlons aux inconnus, sortons de l’ignorance, 
Faisons de notre monde un terrain sans orgueil.”

‘Tu es donc j’apprends”, Charles Aznavour et Grand Corps Malade.

Là où le jour et la nuit font la fête tous les jours…