Leh — Visite en indé

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Leh est une de ces villes dans laquelle, à chaque coin de rue, vous vous répétez que cette fois, c’est sûr, vous êtes très loin de chez vous. Et pourtant personne ne pourra me contredire sur le fait que les Ladakhis sont les gens les plus accueillants qu’il soit donné de connaître. Même à des milliers de kilomètres de chez vous, ils feront tout pour que vous vous sentiez chez vous.
Lors de ma visite de la ville, j’ai partout été accueilli par des sourires et de joyeux “Julley!” (qui est la manière de saluer). La vie là-bas est simple, et chaque matin en été vous pourrez vous réveiller en buvant un Chai avec un lever de soleil sur le Leh Palace ou le Tsemo Fort.

Décrire la ville avec des mots est évidemment très compliqué, et c’est d’ailleurs pourquoi j’ai décider de faire un vlog, pour essayer de montrer ce que je ne pourrais pas conter. Je ne peux pas dire que la ville est belle. Elle n’est pas moche non plus. Elle est juste elle-même, avec toute sa vie, ses bruits, ses odeurs, ses ruelles cachées des yeux. Et si vous restez à l’écart de Changspa Road, il y a même des chances pour que vous vous croyiez comme l’un des seuls étrangers du coin: Tous les européens et américains sont réfugiés sur les hôtels plus ou moins luxueux de cette route qui mène sur la Shanti Stupa.
Ayant été malade la première nuit à cause de l’AMS, je suis resté plutôt calme le deuxième jour, renonçant à l’ascension vers le Palais et le Tsemo Fort, tous les deux surplombant avec grandeur la capitale du Ladakh. Pour autant, la journée n’en fût pas moins exaltante puisqu’après avoir pris quelques photos de la ville bouillonnante, je suis revenu à l’hôtel où j’y ai fait la rencontre d’un couple de Suédois avec qui je suis sorti dîner le soir.

Ce petit tour dans la ville m’a permis de me familiariser un peu plus avec les rues entourant le centre ville: je me décidai donc à partir à l’assaut des deux forts qui dominaient la ville cachant donc nécessairement une vue magnifique sur les bâtiments en contre-bas. Mais étant parti le ventre vide, je me décidai de m’arrêter un peu plus tard en chemin pour manger quelque chose qui me donnerai assez d’énergie pour monter les 500m qui me séparaient des deux bâtiments. C’est alors que je suis tombé sur une dizaine de minis échoppes dans laquelle s’activaient des boulangers sur des fourneaux en terre cuite, et lesquels faisaient d’authentiques et délicieux pains indiens sur le pouce à 10 roupies (soit approximativement 0.13€). J’ai donc pu commencer mon expédition vers les hauteurs de Leh. Elle ne fut pas évidente puisque l’oxygène manque assez rapidement, même après une petite montée a priori insignifiante. Mais tant bien que mal, je suis tout de même parvenu à atteindre le toit du Tsemo Fort, qui est probablement l’endroit le plus élevé de la ville.

Et la vue qui s’offrait à moi avait largement suffi sa peine. D’autant que j’y ai fait la rencontre de R. et S., deux indiens qui venaient déjà de se rencontrer et avec qui j’ai fini ma journée. Et c’est à ce moment là que j’ai découvert quelque chose: il m’a emmené dans une cantine assez reculée du centre, pourquoi? Parce qu’il s’agissait d’un petit restaurant familial, qui proposait de VRAIS plats ladhakis, ce qui est pratiquement impossible, pour la bonne raison que les touristes, en règle générale, ne s’intéressent pas vraiment à ce genre d’endroits. Preuve en est de la large présence de “German” ou “English Bakeries”, et du nombre incalculable de restaurants continentaux (steak frites), italiens (pizzas ou lasagnes) ou asiatiques (nouilles). C’est vraiment dommage, parce que c’est typiquement en mangeant local que l’on est le mieux nourri et pour un budget vraiment bas. Du coup, j’ai eu le privilège de déguster le très rare paba fait de petits pois et de céréales, que l’on mange à la main en l’écrasant dans du tangtur qui est en fait une sauce faite de légumes bouillies et de yaourt. Et en dessert, on nous a servi du chai Ladakhi, qui est donc un thé mélangé avec du beurre de yak. Très particulier au goût mais pas désagréable!

Et en retournant vers le centre, j’ai pu apprécier les coulisses du vrai Leh, le local, le bruyant.

Il y a, au delà du main bazaar, un enchevêtrement de petites rues et allées dans lesquelles s’entassent des artisans tibétains et ladakhis, vendant toutes sortes de différentes choses, au point que l’on ne peut qu’être surpris par l’absence totale de touristes dans ce coin là… Cependant, d’un autre côté, il est appréciable de voir une culture dont les traditions n’ont pas été profanées par l’arrivée massive des touristes. Et comme j’ai pu le voir en trek, et donc comme je vous le montrerai, il y a des endroits sur terre qui sont mieux sans la présence des hommes.

PS: Photo bonus pour ceux qui n’étaient pas rassasiés: