Le Carrefour mondial de l’accordéon

Richard Cliche
Sep 7, 2018 · 6 min read

On est à Montmagny pour la longue fin de semaine de septembre. Pour assister, grande première pour moi, au Carrefour mondial de l’accordéon.

Comment se fait-il que je sois ici, moi qui n’aime pas particulièrement l’accordéon ni les événements de groupe ? Tout simplement à cause du Cousin Jacques (le cousin de Marie-France en fait) et de sa compagne Françoise qui nous en parlent avec chaleur depuis quelques années. Eux, ils sont ici avec quelques amis et deux autres cousins, dont l’un, Denis, me dira confidentiellement que lui non plus n’est pas un friand d’accordéon. Et la raison de sa présence à Montmagny, pour Denis aussi, c’est Cousin Jacques !

Mais je dois dire tout de suite que dès la fin de cette première soirée, Denis me dira qu’il est, tout comme moi, ébloui par ce qu’il a vu et entendu.

Rappelons que notre journée de vendredi à Montmagny avait commencée par une excursion à vélo vers la magnifique petite agglomération de Berthier-sur-mer. À notre retour au camping en fin d’après-midi, nous nous sommes joints à Françoise et Jacques qui nous invitent généreusement à nous joindre à leur belle bande d’amis pour un 5 à 7 en musique autour de leur caravane.

Parlons-en un peu de cette belle bande : en plus de nos hôtes, Jacques et Françoise, il y a là deux cousins de Jacques, les deux frères Provencher, Denis et Pierre, accompagnés de leur conjointe respective Louise et Johanne. Il y a aussi, chacun dans sa caravane, deux autres couples que nous côtoierons toute la fin de semaine : Odette et Michel ainsi que Hélène et Denis. Et on retrouve aussi Guy, un accordéoniste talentueux qui nous fera profiter de son formidable répertoire tout au long de cette fin de semaine en musique.

Ce premier 5 à 7 (car il y en aura d’autres !) se prolongera tout naturellement par un souper pris en commun dans une ambiance des plus détendues.

La soirée d’ouverture du Carrefour

Toujours vendredi soir, après le 5 à 7 et le souper, on se retrouve, la plupart d’entre nous, au spectacle d’introduction de cette fin de semaine de musique bâtie autour de l’accordéon. Ma Douce, à l’instigation de Cousin Jacques, bien sûr, avait réservé depuis quelques mois deux billets pour ce spectacle d’ouverture.

L’auditorium de la polyvalente de Montmagny est presque rempli à capacité. Surtout de personnes qui ont l’âge de voter… depuis longtemps, disons! Beaucoup plus de têtes blanches, grises et…dégarnies (je parle des hommes…bien sûr !) que de têtes d’adolescents aux insolentes boucles rébarbatives.

Il semble que l’accordéon ne soit donc pas trop tendance chez les jeunes !

L’animateur ou présentateur de la soirée, un dénommé Benoit, arrive sur scène pour lancer l’événement. La bonne bouille de cet entertainer, sa verve, une bonne connaissance de son sujet et, disons-le carrément, un magnétisme ou charisme certains, font que je me retrouve instantanément à être heureux d’être là ! À assister à un spectacle d’accordéon !

J’apprendrai plus tard au cours de la fin de semaine que ce Benoit (Benoit Bourque de son nom entier) est aussi accordéoniste pour le groupe de musique traditionnelle bien connu sous le nom de La bottine souriante.

Ceci explique cela, sans doute…

Et le spectacle commence. Pour cette soirée d’intro, on aura droit à sept ou huit numéros, très différents les uns des autres, qui me font découvrir un accordéon que je ne connaissais pas. Car je dois dire que pour moi, l’accordéon est un instrument de musique associé depuis toujours à des vieux mononques qui n’ont à peu près aucun sens de la musique et qui produisent des sons soufflés, plus que moins désagréables, sur lesquels de vagues cousins ou autres mononques plus ou moins ivres se donnent en spectacle avec des gigues souvent inélégantes !

Je pars de loin, donc !

Et je découvre un instrument complexe, aux déclinaisons variées, qui n’a rien à envier à quelque autre instrument considéré plus noble. Il faut dire que chacun des numéros présente un accordéon — il y en a plusieurs types que je n’essaierai pas de lister ici — accompagné d’au moins un autre instrument. Guitare, piano, cornemuse, balalaïka, basse, percussions accompagnent harmonieusement l’accordéon obligatoire (n’oublions pas qu’on se trouve au Carrefour mondial de l’accordéon !) et donnent à chaque performance une couleur unique au sein d’un arc-en-ciel flamboyant !

Wow ! Je suis dorénavant sous le charme de cet instrument polyvalent qui me semble maintenant demander une dextérité extraordinaire. On est bien loin des mononques de mon enfance à Saint-Ludger ! Il faut aussi dire que les artistes invités (les performers du soir d’ouverture) ont été choisis avec soin par une équipe de professionnels qui chapeautent le Carrefour depuis trente ans. Ceux qu’on retient pour ce spectacle d’ouverture sont vraiment des virtuoses qui nous en mettent plein les oreilles. Et pas seulement les oreilles… car ce sont aussi des performers au plein sens du mot… et ils nous en mettent plein la vue !

Parlez-en à ceux qui ont vu le duo accordéon-balalaïka ! I-nou-bli-a-ble !

On revient au VR vers 11h30. J’ai la tête remplie de musique et je suis envoûté par cet instrument que je ne regarderai ni n’écouterai plus jamais de la même façon !

Le lendemain, samedi, nos amis nous déposent en ville et on se dirige vers une scène qui nous présente un trio tout canadien, sinon tout québécois : accordéon, basse et violon présentant un spectacle typique de musique de type trad. Ensuite on se promène près du site du spectacle où on déambule au milieu d’une foule compacte, nous arrêtant ici et là pour assister à des bouts de spectacles sur des scènes moins courues et moins officielles. C’est là qu’on verra un groupe de jeunes préados qui présentent un charmant spectacle sous l’œil attendri de leurs parents, bien sûr, mais aussi des spectateurs, comme moi, touchés par cette grâce juvénile qu’on n’associe guère à l’accordéon.

C’est comme ça qu’on prépare la relève, dit-on !

Je retrouverai d’ailleurs ces jeunes (bonjour Charlotte !) et leurs parents au spectacle de clôture du Carrefour le lundi matin où je me retrouverai même au sein d’une danse carrée endiablée avec calleur et tout et tout!

Si on m’avait dit ça avant mon départ jeudi soir, je n’y aurais certainement pas cru ! Serais-je donc en train de me transformer en créature sociale ???

Le lundi se termine en musique, toujours autour de l’accordéon magique de Guy qui accompagne un xième 5 à 7 qui se prolonge en souper smoked meat de groupe…qui se prolonge en chansons autour du feu de camp chez Jacques.

C’est plutôt fatigués, mais totalement ravis, qu’on quitte Montmagny mardi matin, non sans avoir fait une réservation de site pour le Carrefour de l’an prochain.

Malheureusement, Guy nous a fait part de sa décision de ne pas en être l’an prochain. D’autres chats à fouetter dans sa vie bien remplie!

Heureux ceux qui côtoieront ces chats l’an prochain.

Guy Desruisseaux

Le Carrefour nous a permis de rencontrer un accordéoniste attachant, talentueux et énergique qui nous a charmés de sa musique tout au long des quatre jours de chaleureuses rencontres sociales bien arrosées qui ont ponctué l’événement.

Je n’ai jamais vu un musicien ayant un tel répertoire. Et quelle formidable mémoire ! Moi qui pensais que la mienne était bonne, je dois admettre que la sienne m’a jeté par terre !

Guy m’a fait découvrir des musiques que je ne connaissais pas, cela va de soi, c’est un musicien de répertoire…mais il m’a aussi fait connaître des textes de chansons françaises (ou québécoises) dont j’ignorais l’existence ! Même des textes de Félix et de Ferland que je fréquente pourtant depuis des années…

Merci Guy de cette générosité sans limite dont tout le groupe (et moi aussi, le petit dernier) va prodigieusement s’ennuyer au cours du prochain carrefour.

À moins que…quelqu’un…quelque part…à quelque moment…te convainque, Guy, que sans ta présence musicale, ce ne serait plus pareil et donc qu’il faut que…

    Richard Cliche

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    Je crée ce blogue-anniversaire pour partager avec l’internet mes mots et mon humour de jeune homme de 70 ans.