Premières impressions
Je ne sais pas pourquoi on est constamment nourris dans les avions. A croire que c’est la principale occupation d’un passager en vol. Quand on enchaîne deux longs courriers ça revient à pas moins de quatre repas en 17h! Le tout en étant comprimé sur son siège, le bourdonnement de l’appareil comme principal bruit de fond, décalage horaire ou pas, après une telle épreuve on dort!
L’idée de départ c’était de prendre une auberge pas trop loin de l’aéroport, histoire d’éviter un long trajet probablement onéreux qui plus est dès l’arrivée, de prendre quelques jours de repos et de me poser la question sur place de la suite du programme. J’ai pas trop mal réussis mon coup niveau proximité du moins, puisque l’auberge que j’ai choisi se situe au beau milieu de Kuta, endroit parfait pour qui veut faire du surf et ….. la fête!!!
J’ai donc eu ma première leçon de voyage!
Revenons en un instant à l’arrivée à Denpasar. J’étais un peu stressée (comprendre avec la fatigue et ma sensibilité: morte de trouille) par le trajet jusqu’à l’auberge. Je devais prendre un taxi, à cette heure tardive l’auberge ne pouvait m’envoyer de navette ce qui m’a plongée dans le bain directement!
Dès la sortie de l’avion les odeurs et la chaleur nous annoncent le dépaysement. La décoration de l’aéroport aussi, pas de doute j’ai bien atterri en Indonésie. Les gens sont accueillants, les formalités rapides. Une fois la douane passée c’est une horde de personnes criant « taxi »! qui sert de comité d’accueil. Des sollicitations qui fusent de tous les côtés, difficile de savoir où aller pour trouver ces taxis bleus indiqués dans le guide, qu’évidemment tous les touristes lisent…
Je suis évidement monté dans le premier qui avait l’air de correspondre à la description du taxi « officiel », et j’ai évidemment payé la course beaucoup trop cher! Bon j’ai quand même réussi à faire baisser de 10$, c’est déjà ça! Enfin, après qu’il ai triplé le prix et que face à ma franche colère de celle qui n’a vraiment pas envie d’y passer 3 ans il m’ai menacé de me ramener à l’aéroport…Que, sans trop me démonter parce que je sais que je paye 10 fois le prix réel bien que je lui ai indiqué dès le départ mon tarif (il est en train de redémarrer la voiture pour me faire peur…efficace!) je lui lâche 20 sur les 30 dollars demandé et sort vite fait du véhicule.
Il paraît que c’est un peu le baptême de Bali, tous les touristes se font avoir par le taxi qui les prend à l’aéroport! Une française rencontrée ici a payé le même prix pour un peu plus loin que là où je suis, je me suis dit que c’était le jeu avant de comprendre!
Arrivée à l’auberge donc, je constate que je suis au beau milieu d’un quartier ultra touristique, où les boites de nuits rivalisent de nuisance sonore. Pour une première nuit au calme après ce long voyage… c’est raté! Je savais à peu près où j’allais, et les commentaires sur le site disaient que c’était pas l’endroit le plus calme de la planète mais j’avais sous estimé à quel point, première et dernière fois que j’omet l’information, c’est certain! Je suis épuisée et je n’ai qu’une envie… dormir! L’auberge en elle même est bien agencée, propre, accueillante, et les filles qui sont présente à mon arrivée me mette à l’aise directement. J’y verrais plus clair après la première nuit!
Le processus a été plus long que prévu. Des doutes du premier jour où j’étais clairement tétanisée avant d’oser, dans l’après midi, sortir explorer les environs, remettant en doute jusqu’à ma capacité à voyager. L’acceptation de cet état de dépaysement, dépasser le sentiment d’être perdue et relever les défis les uns après les autres. Décider qu’avoir peur est normal, que j’ai fait le choix de ce voyage dans ces conditions pour avant tout me débarrasser de certaines de mes peurs et gagner en lâcher prise et en confiance.
Apprivoiser un nouvel environnement, accepter que je passe d’un quotidien très actif dans lequel j’ai un sentiment de maîtrise de quasi toutes les situations au point que je doive être en recherche consciente de sortie de zone de confort à un quotidien dans lequel je n’ai aucun repère ni culturel puisque je suis à l’autre bout de la planète mais aussi temporel puisque mes journées vont m’appartenir pleinement pendant trois mois.
J’ai tout inversé, j’ai changé d’hémisphère, de continent, de saison, et désormais ma zone de confort est aussi petite que ma zone d’inconfort quand je suis en Europe. Et encore, elle existe parce que j’en ai vite fabriqué une en quelques jours! Coincée entre les surfeurs fêtards et les locaux curieux, grâce à la bienveillance du personnel de l’auberge et les astuces glanés au grès de mes rencontres fortuites, en réel ou grâce à la magie d’internet, j’ai pu me fabriquer un zone qui me donne assez de courage pour profiter vraiment de ce nouveau monde dont j’ai tout à apprendre et tant à découvrir! Alors oui certains repères sont les mêmes, tout n’est pas si éloigné de ce que je connais, c’est surtout le sentiment qui est exacerbé lorsqu’on est seule, même si seul quand on voyage on ne l’est jamais vraiment!
Alors j’ai quand même un peu fait la fête puisque l’endroit où je suis y est destiné, j’ai goûté mon premier plat local (bon et très épicé), j’ai fait mes premières visites touristiques, ai réussi mes premières négociation en taxi (youhou on est treeeeees loin du prix en venant de l’aéroport), ai visité mon premier temple, ai pris mon premier coup de soleil parce que le vent ne m’a pas indiqué que le soleil tapait, ai eu mes premières frayeurs avec les scouteurs en les voyant slalomer dangereusement avec des enfants à l’avant dans la circulation surchargée, ai eu mes premiers échanges avec les locaux, ai appris mes premiers mots en dialecte balinais, bref j’ai vécu mes premiers jours à Bali!










Voici les premières photos, les rues et la plage de Kuta, Seminyak et le temple en bord de falaise au sud de l’île, Uluwatu. Je rejoins le nord, les rizières, la culture balinaise et le calme dimanche avec ma prochaine destination: Ubud!
