La Justice, une raison de voter pour Emmanuel Macron

« Il est juste que ce qui est juste soit suivi ; il est nécessaire que ce qui est le plus fort soit suivi. La justice sans la force est impuissante, la force sans la justice est tyrannique.La justice sans force est contredite, parce qu’il y a toujours des méchants. La force sans la justice est accusée. Il faut donc mettre ensemble la justice et la force, et pour cela faire que ce qui est juste soit fort ou que ce qui est fort soit juste. »
— Pascal, Pensées, N° 103

Des programmes des candidats sur la justice, seul celui d’Emmanuel Macron se préoccupe d’une justice qui soit juste et qui soit forte parce que juste et où le rôle de l’Etat est de mettre sa force au service de la justice et non de l’asservir.

François Fillon ou Marine Le Pen réduisent pratiquement leur réflexion sur la justice à un empilage de mesures répressives destinées à s’ajouter à celles précédemment édictées sans effet, réduisant la justice à une machine à distribuer des peines automatisées.

La remise en cause par François Fillon de la CESDH constituerait une rupture insupportable avec notre histoire libérale et humaniste.

La réforme des modes de recrutement que propose Marine Le Pen porterait atteinte à la qualité des recrutements tout autant qu’à l’indépendance de la justice, ouvrant la porte à un recrutement des juges sur le fondement de critères politiques.

Emmanuel Macron, en proposant une simplification profonde de l’organisation judiciaire, le recours systématique au numérique met en œuvre une vision globale de l’institution judiciaire qu’il ne réduitpas à la justice répressive. Conscient de ce que la confiance dans la justice dépend de la manière dont celle-ci répond aux besoins quotidiens des justiciables et de sa capacité à résoudre efficacement les litiges civils ou commerciaux, il propose des mesures qui sont destinées à la fois à simplifier la tâche des juges et des justiciables pour rendre possible une justice diligente et de proximité.

La numérisation des actes, le recours accru aux procédures dématérialisées en simplifiant la tâche des justiciables et des acteurs de la justice permettra à ceux-ci, en les déchargeant de tâches matérielles fastidieuses et devenues inutiles de se consacrer à l’essentiel: le souci du justiciable.

Professeur de droit et avocat depuis 40 ans, ayant conseillé entreprises, institutions publiques et particuliers, ayant défendu devant toutes les juridictions citoyens fonctionnaires, parfois ministres ouanciens ministres, je connais la défiance de nos concitoyens envers une justice accusée souvent de tous les maux réels, supposés ou fantasmés.

La manière dont certains responsables politiques aspirant aux plus hautes charges dénoncent la justice lorsqu’elle doit conduire des investigations sur leur propre situation est incompatible avec les devoirs qui pèseraient sur eux demain s’ils devaient être élus. Comment après avoir manifesté leurmépris pour les juges et avoir mis en cause publiquement la légitimité de l’institution judiciaire pourraient-ils en être les garants.

Je suis convaincu, par mon expérience, qu’une institution judiciaire indépendante, efficace capable de répondre aux besoins des particuliers comme des entreprises, de rendre des décisions équitables, exécutées et respectées par tous est essentielle au bon fonctionnement de la démocratie.

Elle est aussi une condition de la confiance que les entrepreneurs et les investisseurs mettent dans un pays et elle est un facteur trop souvent négligé de développement économique. Seul, à ce jour, Emmanuel Macron en a conscience. Son programme en témoigne; sa mise en œuvre permettra de redonner confiance dans l’institution judiciaire, dans la capacité de la France à construire un Etat de droit où les droits de tous seront reconnus et effectifs.

Bernard GRELON,

Agrégé des Facultés de droit,

Professeur honoraire à l’université de Paris-Dauphine

Avocat au barreau de Paris