Pourquoi j’ai créé JOKOSUN ?

Crédit photo : Rémi Benoit
Je suis né au Sénégal, à la pointe de l’Afrique de l’Ouest, il y a une trentaine d’années. J’y ai vécu jusqu’à la veille de mes 18 ans. J’ai eu mon bac à Dakar, obtenu une bourse de l’état Sénégalais et effectué mes études supérieures en France pour devenir ingénieur expert dans le domaine de l’énergie et entrepreneur (Linkedin).
J’ai eu l’opportunité de beaucoup voyager, travailler, apprendre. L’expérience, les rencontres, les voyages, la patience, la curiosité, l’enthousiasme, les échecs, ça fait grandir et mûrir. J’ai donc pris mon temps pour construire
JOKOSUN.
Je n’ai pas trop changé ; juste assez pour ne pas être un imbécile ! Pour autant, je n’ai pas fini de m’adapter au monde qui m’entoure.
Mes principes et mes valeurs gravitent autour d’un besoin simple : être utile aux gens, leur apporter quelque chose de positif dans leur quotidien.
Prendre son temps pour imaginer, créer et se rassurer. Une fois ces étapes franchies, tout devient une évidence.

Mes grands-parents étaient éleveurs/agriculteurs dans un village du Sine Saloum. Mes parents, en quelque sorte les pionniers de l’exode rural de ma famille, étaient fonctionnaires à Dakar. J’aimais ces deux environnements : à l’école à Dakar pendant l’année scolaire et au village pendant l’hivernage pour jouer avec mes cousins et cousines et pêcher des tilapias.

Mon père et moi, 1986 à Dakar, Sénégal

Au village comme à Dakar, tout le monde voulait les mêmes choses : une bonne saison des pluies pour travailler la terre, l’éducation des enfants, du travail, communiquer et profiter de ses proches.

Cependant, il y avait quelques différences entre les deux lieux : au village, la nuit tombe d’un coup, comme si quelqu’un avait éteint la lumière. Il fallait se débrouiller, s’éclairer à la bougie ou à la lampe à pétrole, pour veiller, faire la cuisine, se déplacer. A l’âge de 5 ans, je trouvais ça « rigolo » parce que c’était les vacances, que je n’avais pas de devoirs à faire, et qu’on se racontait des histoires qui font peur dans le noir.

Je ne mesurais pas pleinement l’étendue du problème : je vivais une enfance épanouie et insouciante… il faisait noir, nous allions à la boutique du village pour acheter la bougie du soir, le petit verre à thé de pétrole à brûler ou les piles alcalines jetables pour la lampe torche.

« On a conscience avant, on prend conscience après », Oscar Wilde

J’ai ouvert les yeux vers l’âge de 10 ans : mes cousin(e)s du village pendant l’année scolaire font leurs devoirs sous la lumière d’une bougie… les vapeurs nocives de la combustion des lampes à pétrole leur provoquent des soucis de santé comme l’asthme… les combustibles brûlés la nuit pour s’éclairer peuvent parfois provoquer des incendies… les cadavres de piles usagées s’accumulent autour du village à la portée des enfants et des nappes d’eau.

On appelle cela la précarité énergétique : ce fléau limite la communication, l’accès à l’éducation et met en danger la santé et la sécurité. L’obscurité pousse à vouloir s’exiler vers la capitale ou vers d’autres contrées.

A Dakar la capitale, où je vivais pendant l’année scolaire, c’était « open délestages » : personne ne savait quand ça allait couper. Le budget piles et bougies était conséquent. Le tailleur d’en face ne pouvait pas travailler : il végétait devant sa boutique en attendant que le courant revienne pour se remettre en action.

« L’obscurité ne chasse pas l’obscurité, seule la lumière peut le faire ». Martin Luther King

Pour les non-initiés, un petit travail d’imagination s’impose :
• Avez-vous déjà essayé de bouquiner, ne serait-ce qu’une 1h, à la lumière d’une bougie ?
• Vous imaginez-vous vivre et travailler avec seulement 45 minutes d’électricité par jour ?
• Le pétrole brûlé, savez-vous ce que ça sent ? Toute la soirée ? Dans votre chambre ?
• Seriez-vous productifs sans électricité, sans téléphone chargé ?

C’est peu ou prou la situation actuelle… du mieux dans certains endroits, du pire dans d’autres. L’accès à l’énergie, à l’électricité, est laborieux financièrement et géographiquement. Des millions de personnes au Sénégal, réparties dans près de 15000 villages, n’ont pas accès à une énergie sûre, abordable et durable, et ce nombre ne cesse de croître.

Une bonne couche de poussière sur des panneaux solaires (2017)

En Afrique de l’Ouest, cela représente 150 millions de personnes. A plus grande échelle encore, cette observation est valable pour 2/3 de la population d’Afrique sub-saharienne, soit près de 630 millions de personnes. Pire, le nombre d’Africains n’ayant pas accès à l’électricité devrait augmenter encore dans les prochaines années (+45 millions dans 10 ans).
Les besoins cumulés sont immenses et croissants. L’offre actuelle est nocive et coûteuse !
En Afrique, électricité rime avec prix fort ! Pour recharger son téléphone en milieu rural, l’électricité est environ 200 fois plus chère qu’en France !! 
Les personnes avec le moins de ressources financières payent le prix le plus élevé pour accéder à l’énergie de la plus sombre qualité, qui de surcroît est loin de remplir son rôle minimal. Vous voyez le tableau ?

“Je ne vous demande pas de croire en ma capacité de créer le changement, mais en la vôtre”.

Il ne suffit pas d’observer et de décrire cette situation, il faut la changer par nos idées et notre activité : c’est ce que je veux réaliser avec JOKOSUN !

Ok ! nous sommes tous d’accord : « Il n’y a pas qu’un jour, demain aussi le soleil brillera en Afrique ». La question de la ressource renouvelable en général et solaire en particulier ne se pose pas. Les ressources énergétiques naturelles sont là !

Ma mission, comme je l’ai imaginée, est claire : satisfaire les besoins en électricité des foyers, entreprises et communautés afin que chacun puisse se concentrer avec ambition sur ses objectifs personnels, professionnels, économiques, sociaux.
Donner confiance, repousser la précarité énergétique et digitale à l’état de mauvais souvenir, de manière pérenne, avec un impact environnemental à minima !

Oui, l’accès à l’énergie ne se limite pas à la mise à disposition d’une ressource énergétique. Ce défi est triple : il s’agit de permettre l’accès croissant à des services grâce la fourniture d’une énergie sûre, physiquement et économiquement accessible à tous, et aux impacts environnementaux limités.

Jokosun répondra au défi de l’accès universel à l’énergie durable, et par extension, contribuera à protéger les êtres humains et l’environnement.

Je suis conscient de la multiplicité des solutions : kits solaires individuels, mini et micro-réseaux, centralisation, décentralisation, énergies renouvelables, énergies « conventionnelles », innovations… et des implications qui en découlent en termes d’impacts, de coûts, de célérité d’accès. Ça tombe bien : la multiplicité des terrains africains mérite une approche personnalisée. ­­­

Sans maîtrise, la puissance n’est rien…

Cependant, certains modèles désuets comme par exemple étendre le réseau électrique centralisé montrent parfois leurs limites et leurs incohérences sociales environnementales et économiques.

Jokosun se concentrera uniquement sur des solutions performantes en même temps d’un point de vue économique, environnemental, sociétal et social. Nous contribuerons avant tout à construire un écosystème énergétique et digital équilibré. Parce que l’Afrique a un terrain favorable pour devenir un champion de la décentralisation énergétique. Elle peut devenir le leader mondial des transitions énergétiques et environnementales, parce que nous en avons l’opportunité. Jokosun a la volonté de le faire, en collectif !

Je veux mobiliser les énergies pour contribuer à atteindre cet objectif à l’horizon 2030. Je veux construire la confiance, la pérennité, la responsabilité, être à la pointe de l’innovation environnementale, sociale et économique. L’efficacité énergétique, les énergies renouvelables, la neutralisation des impacts environnementaux nocifs : les trois en même temps, une bonne fois pour toutes, dès le départ !

Pour atteindre cet objectif, Jokosun voue une attention fondamentale à : · La justesse de l’évaluation des besoins (ni trop, ni pas assez) ; · La justesse de ses offres (robustes, durables et pérennes); · Son agilité (de la modularité pour s’adapter quoi qu’il arrive); · Sa responsabilité : sociale, sociétale, environnementale.

L’énergie accessible à tous, pour construire.

Jokosun est né pour répondre aux défis économiques, sociaux, sociétaux et environnementaux de mon Afrique natale.

· Fournir l’accès à l’énergie en Afrique de l’Ouest avec des solutions renouvelables, sûres, abordables et modulables en milieu rural & semi-urbain.

· Permettre aux familles, collectivités et entrepreneurs de s’éclairer ; recharger leurs appareils connectés ; faire fonctionner leurs équipements électroniques et électriques pour générer des revenus. Afin que les foyers accèdent à l’éducation, à une meilleure santé, à la sécurité, à la communication, à internet et à l’inclusion financière.

· Préserver l’environnement.

Nous nous inscrivons dans l’économie positive ! C’est notre ADN ! C’est ce que nous voulons !

« De nos jours, électricité rime avec opportunité. L’électricité, c’est la lumière qui permet aux enfants de faire leurs devoirs ». Barack Obama

J’ai l’énergie de mener cette aventure. Elle ne fait que commencer. Elle sera menée par des Africains, des diasporas, des millenials, des citoyens du monde qui sont sur le terrain, qui innovent.

« Sans ambition, la vie c’est trop long », Akhenaton

L’Afrique connaît ses ressources internes et engrange de la confiance en elle. L’Afrique ne veut pas faussement grandir au détriment de ses hommes et de son environnement.

Jokosun est ouvert au monde entier : il y a de l’extraordinaire partout. Notre écosystème humain est bienveillant et positif. Il allie détermination, compétence et curiosité. Vous êtes tous invités à contribuer à cette aventure, à défendre nos causes.

“La persévérance est un talisman pour la vie.”

Dans mes langues maternelles, JOKO veut dire le lien en Wolof et NJOKO veut dire bonjour en Sérère. Rien à voir avec le joueur de tennis !

JOKOSUN me relie à mon histoire, à ma famille, à mon expérience professionnelle et entrepreneuriale.

C’est pour être utile aux gens, avoir de l’impact, défendre mes causes et mes convictions, que j’ai créé JOKOSUN — Easy Energy Everywhere.

L’aventure continue… soyons actifs et restons positifs !

Rejoignez la Jokommunity !

Raymond Sarr

· Site : Jokosun.com · Twitter: @Jokosunenergy · Facebook : @Jokosunenergy

Presse : La Tribune - Ecofin - Start2you