Fessée sauce bolo pour Matteo Renzi

Le président du Conseil de la Squadra Azzura voulait modifier la Constitution pour réformer la plus grande maison de retraite du pays : le Sénat. Objectif ? Casser l’instabilité chronique d’une équipe en dérive. Mais 60% des Italiens l’ont refusé. Le capitaine Renzi a démissionné. 1–0 dans son cul.

L’immobilisme en Italie, une religion ? (Au moins, elle ne viole pas d’enfants)

La présence des prédateurs du Vatican jouerait-elle ? A Rome les présidents du conseil se multiplient presque plus vite que les affaires de pédophilie au sein de l’Eglise. Avec celui de Matteo Renzi, la Péninsule aura connu plus de 60 gouvernements depuis 1945. Complètement paralysée institutionnellement, l’Italie en arriverait presque à envier la vivacité de Vincent Lambert…

Cette situation est le résultat d’un système politique inédit en Europe. Dans la patrie du traitre Materazzi, la Chambre des Députés et le Sénat ont le même poids dans le processus législatif. Chez les voleurs de 2006, les deux assemblées élaborent les lois et votent la confiance au gouvernement. Alors qu’au pays de Zidane, l’Assemblée nationale a toujours le dernier mot en cas de désaccord avec les vieux du Luxembourg. Pas forcément génial, mais plus efficace.

A mort les vieux

La réforme de Matteo visait justement à s’attaquer au Sénat. Elle souhaitait modifier le mode de nomination des croûtons, leur retirer la possibilité de voter la confiance au gouvernement et réduire leur nombre. De 315 à 100. Une belle économie pour les bourses italiennes. Car le Sénat est une maison de retraite qui coûte cher : plus de 15 000 euros mensuels. Des pensionnaires parmi les parlementaires les mieux payés d’Europe. De quoi s’offrir plein de soirées Bunga-Bunga !

Ce référendum est donc la victoire de l’immobilisme (et pas celle de Vincent Lambert). Mais pas seulement. En embuscade, le populiste Beppe Grillo et son mouvement 5 étoiles (M5S). Hostile aux partis politiques traditionnels, le M5S avait appelé à voter contre la réforme. Opportunisme politique, bonjour ! Avec la chute du gouvernement Renzi, le M5S espère des élections législatives anticipées début 2017. Scrutin qui lui serait favorable, tous les sondages le placent deuxième derrière le parti démocrate… de Matteo Renzi. En Italie, on prend les mêmes et on recommence. Ils sont cons ces Romains…

A.K. & Yves Quelvît