AFFAIRES ÉTRANGÈRES

Michel Bourgeois

Relations internationales

Se présenter à une élection quelle qu’elle soit, impose de faire preuve de « civilité » (ce mot n’est pas neutre), les propos outranciers relevant davantage de l’agressivité que de l’engagement — mais il est vrai que ce spectacle fait le « buzz » -.

Même si la liberté de parole est la règle, le fait de s’engager dans une élection présidentielle oblige le candidat à une certaine réserve ou à une certaine mesure dans ses propos, les critiques contre ses concurrents en fonction n’étant rien d’autre aux yeux des observateurs étrangers, que des critiques contre la politique internationale de la France.

Quelques observations cependant. La diplomatie ne consiste pas à aller prendre un verre avec un ami, chef d’État (distinct du chef d’un État ami), mais de surmonter un instant ses a priori pour tenter de renouer des liens internationaux distendus, en ayant toujours présent à l’esprit que derrière les dirigeants se trouvent des peuples, peuples à qui l’on doit penser en priorité.

Le travail diplomatique suppose la connaissance de l’Histoire de l’autre - laquelle détermine ses valeurs de cœur - et la connaissance de sa propre Histoire, les deux étant souvent mêlées. Les liens historiques que la France entretient avec la Fédération de Russie et les États-Unis sont des liens forts mais différents, qui imposent de sortir de cette philosophie inspirée de la Guerre froide contraignant chacun à choisir mécaniquement son camp : c’est précisément parce que la France a toujours des rapports privilégiés avec les Russes et les Américains, qu’elle doit avoir la maîtrise de ses choix, le mécanisme des alliances ayant conduit à la Première guerre mondiale, un mécanisme “non-choix” dont les conséquences sont hélas prévisibles et le plus souvent, malheureuses.

Devait-on après la chute du mur de Berlin placer la France sous commandement intégré de l’OTAN ? La question reste ouverte, comme celle de la création d’une véritable armée européenne à laquelle nul observateur et encore moins nul acteur ne pourra échapper.

Le terrorisme se trouvant depuis plusieurs années au coeur des relations internationales, se trouve également au coeur des valeurs qui doivent orienter la diplomatie française et européenne : la première initiative qui sera prise au lendemain de l’élection présidentielle de 2017, sera la réunion de l’Assemblée des États parties de l’Organisation des Nations unies, pour faire du terrorisme un crime international majeur au même titre que les génocides, crimes contre l’Humanité, crimes de guerre et crimes d’agression, un “crime contre la paix mondiale”, ce qui aura cet avantage de mettre un terme au “Grand bal des hypocrites” : ceux qui s’opposeront à cette résolution devront justifier leur réticence à la face du Monde.

La lutte contre ce fléau ne peut pour être gagnée, tolérer l’impunité de celles et de ceux qui, dirigeants d’États et/ou financiers, favorisent le terrorisme international lorsqu’ils ne l’organisent pas.

La diplomatie française doit par ailleurs redevenir “éclairante” pour l’ensemble de ses partenaires, sa tradition n’étant pas, malgré les mauvaises pratiques du moment, “de suivre le mouvement” au nom d’intérêts difficilement compréhensibles.

Michel Bourgeois 
 
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