Il faut qu’on parle de Rick & Morty

Alors que je reprend le chemin des cours, j’avais envie d’écrire sur un sujet qui me faisait réellement plaisir. Quelque chose qui a réellement façonné mes goûts, qui a laissé une empreinte indélébile dans mon esprit. Je n’ai pas eu besoin de chercher longtemps pour que Rick and Morty s’impose comme choix idéal.

Mais qu’est ce donc que Rick and Mory me direz-vous ? Si ce nom ne vous pas familier, c’est probablement que :

  1. Vous ne portez aucun (ou très peu) d’intérêt aux séries
  2. Vous vivez dans une grotte

Faites votre choix.

Mais passons ces considérations, et prétendons que vous ne savez pas de quoi je parle en mentionnant ce nom. Nous sommes ici face à une série animée née des cerveaux extraordinaires (mais incompréhensibles) de Dan Harmon (créateur entre autres de la série Community) et Justin Roiland.

Les deux compères avaient déjà bossés ensemble sur un autre projet étrange : Channel 101, dont le but était de laisser une liberté complète aux créateurs. Cela leur permettait de donner vie à leurs idées les plus insolites, qui pour la plupart n’auraient jamais pu passer le filtre d’une diffusion télévisée.

On y retrouve ainsi des chef d’œuvres de bêtise (et de génie), tel que House of Cosbys, ceci, ou encore Doc and Mharti.

Si cette parodie/copier-coller de Retour vers le futur est totalement assumé, Roiland voulait même aller encore plus loin. De son propre aveu, il a délibérément plagié ces films dans le simple but d’obliger les producteurs à perdre du temps à lui envoyer des lettres pour violation du droit d’auteur.

Nous sommes là face aux prémices de ce que deviendra Rick and Morty, assi bien au niveau des voix que du design des personnages.

De fait, il est assez intéressant de regarder les anciennes productions de Channel 101 (en particulier celles de Roiland) après avoir vu la série animée, pour essayer de retrouver certaines inspirations ou éléments qui ont été réutilisés.

Revenons-en à l’univers de la série. Celle-ci se focalise en particulier sur Rick, scientifique surdoué mais alcoolique, imbu lui-même, égoïste et grand-père de Morty, adolescent timide et manquant de confiance en lui. On trouve également Beth (mère de Mory, fille de Rick et vétérinaire pour chevaux), Summer (sœur de Morty et ado préoccupée son image), et Jerry (mari de Beth, père de Morty et Summer, un publicitaire malchanceux).

Évidemment, il s’agit là d’une présentation de la galerie de personnages EXTRÊMEMENT réduite. L’utilisation de majuscules étant indispensable.

Car c’est l’un des très gros points forts de la série. L’imaginaire qui y est développé est sans commune mesure avec ce que j’avais pu voir, ou même ce que je regarde encore aujourd’hui. A chaque épisode de 20 minutes, des personnes originaux, singuliers, et complètement loufoques font leur apparition. Certains adulés par les fans sont devenus des mèmes populaires sur Internet.

En vrac, et pour que vous vous fassiez une rapide idée, on peut citer Mr. Meeseeks (j’utilise délibérément les noms de la VO ici. On y reviendra juste après.), Mr Poopy Butthole (je vous laisse le loisir de taper ce nom dans Google Traduction), ou encore Mr Stealy (qui me fait mourir de rire à chaque visionnage). Encore une fois, il s’agit là d’un tour d’horizon rapide, qui n’est en rien représentatif de tous les personnages fabuleux et hilarants que l’on peut découvrir.

Extrait de (l’excellent) épisode Total Rickall (S2 E4)

Si l’animation reste assez classique (et de bonne facture), c’est l’inventivité des décors ou du design qui laisse sans voix. Le fait que Rick possède une soucoupe volante et un téléporteur lui permet de se rendre dans n’importe quel endroit de l’univers et ouvre des possibilités quasi infinis pour les scénaristes… qui ne se privent pas de les utiliser (je n’ai malheureusement pas réussi à mettre la main sur le trailer saison 1 en vostfr, je n’ai que ça à vous proposer).

On est donc sur un sans-faute pour le moment : de l’humour absurde, des scénaristes sans limites, des designs originaux, des personnages extravagants…. mais la série n’oublie pas non plus d’être intelligente, et certains des meilleurs épisodes sont ceux qui mettent en avant les relations compliquées de cette famille dysfonctionnelle (je pense notamment au final de la saison 2).

Avant de passer à un autre point, je voulais écrire quelques mots sur les doublages. Pour la VO, Justin Roiland se charge d’un bon nombre de voix (dont celles de Rick ET Morty). Et si j’ai regardé l’intégralité de la série avec les voix originales… je l’ai aussi fait avec la VF. Elle reste d’une très bonne facture, mais n’est, à mon sens, pas aussi efficace que l’originale. Roiland s’investit tellement dans son travail que je ne peux pas m’empêcher de la préférer. Vous voulez une preuve ? S’il y a bien une vidéo à regarder dans cet article, c’est celle-ci.

Mais qui dit succès critique et populaire (ce que la série est, il suffit d’en juger par les millions de vues des extraits vidéos sur Youtube), dit produits dérivés.

N’échappant pas à la règle, Rick and Morty en a généré un paquet. Que soit des figurines, des vêtements, toutes sortes d’accessoires, des jeux de société, des tasses ou des comics.

Récemment édité en français par la jeune maison HI Comics, j’ai trouvé mon exemplaire du volume 1 (en VO) chez Forbidden Planet à Dublin.

Les deux planches ci-dessus sont extraites du volume 1. N’hésitez pas à cliquer dessus pour les agrandir.

Graphiquement, on est très proche de la série. Et il en est de même pour le scénario. Les histoires sont courtes (parfois trop), mais restent dans le même esprit et le même ton absurde. Les dialogues sont surprenamment écrits, comprenant même les gimmicks vocaux (les rots de Rick ou les “Oh Jeez” de Morty). A tel point que je me suis rendu compte que je lisais les bulles avec la voix de Justin Roiland en tête… Et c’est peut-être par là que le comics me déçoit.

On sent qu’il s’agit d’une œuvre marketing de commande faite avant tout pour les fans. Et si elle reste tout à fait correcte et divertissante, elle n’est en aucun point réellement originale. Là où chaque épisode animé arrivait à surprendre et à sans cesse définir de nouveaux canons artistiques à l’intérieur de l’univers fictionnel, je reste sur ma faim avec ce premier tome.

Néanmoins, en tant que fan acharné (je ne dirais pas comme certains que la série a changée ma vie, mais elle a en tout cas définit un nouvel échelon qualitatif dans mon esprit critique), je sais déjà que lorsque le second volume sera devant mes yeux dans le rayonnage, je ne pourrais pas m’empêcher de le prendre en main et de me diriger vers la caisse.