La Mort s’habille pour Halloween

Pancartes et vidéos chocs à l’appui, ils étaient une trentaine à répondre à l’appel national pour dénoncer l’exploitation animale dans les rues de Tours.

Comme tous les ans, les rues de Tours s’animent en ce 31 octobre. On y croise des enfants chasseurs de bonbons, des adolescents s’amusant à effrayer les passants ou, plus surprenant, des employés, fictifs, d’abattoirs. Membres de l’antenne locale de l’association L214, ces derniers se sont retrouvés lors d’une action dénonçant les conditions d’abattage des animaux, organisée simultanément en France dans plus de 20 villes.

Composé d’une trentaine de militants, le cortège rassemblé dès 17h30 sur les marches de l’hôtel de ville partira une heure plus tard. Le temps pour la référente locale, Ludivine Daumain, de répondre aux questions des médias présents.

« On veut sensibiliser les Tourangeaux à la cause animale »

Créée début 2015 par huit militants, l’association tourangelle en compte aujourd’hui une cinquantaine, dont « une vingtaine très actifs ». Dans la continuité du groupement national, le but est de sensibiliser le public à la cause animale. Sont ainsi organisés, par exemple dans les festivals, « des stands d’information sur le véganisme ou la protection animale », et de nombreux happenings.

Le but de cette action d’Halloween ? Selon Ludivine Daumain elle doit permettre au public « d’ouvrir les yeux », grâce notamment aux visuels et aux vidéos filmés en abattoirs diffusées ce soir-là via deux ordinateurs portables.

« Frissons et horreur garantie avec l’abattoir de Tours »

Difficile de ne pas prêter attention au cortège se dirigeant vers la Place Plumereau et diffusant, via un mégaphone, des cris d’animaux enregistrés dans les abattoirs.

Les bénévoles, de leur côté, portent de larges pancartes flanquées du slogan « Pour les animaux, Halloween c’est tous les jours », et sur lesquelles on peut voir des images chocs d’animaux morts ou mutilés.

En tête et queue de cortège, deux militants habillés de la tenue orange L214 tractent face à des passants pas toujours convaincus. La plupart se contentent de continuer leur chemin en ne jetant qu’un bref coup d’œil à la procession. À l’image de cette mère glissant à sa fille qui lui tient la main « tu ne regardes pas », alors qu’elles passent devant les panneaux tenus à bout de bras. D’autres encore « vont jusqu’à rouspéter » selon une jeune militante. Pour elle, il s’agit d’un « paradoxe mental », entre le refus des passants de regarder ces images brutales, et leur consommation quotidienne de viande. S’ils sont peu nombreux, quelques piétons s’arrêtent. L’occasion de courtes discussions face à des bénévoles toujours prêts à informer davantage ou à éclaircir certains points.

À trois reprises, les hurlements d’animaux s’arrêtent pour laisser la place à un court discours. Celui-ci explique les revendications (« la fin de l’exploitation animale », « la fermeture des abattoirs »), tout en se concluant par un cinglant « frissons et horreur garantie avec l’abattoir de Tours ».

Mise en scène et mise à mort

À l’arrivée dans le vieux Tours, la dizaine de faux employés d’abattoirs affublés de tenues tachetées de sang passe à l’action. Devant les quelques personnes attablés dehors malgré le froid, ils miment la mise à mort d’une militante allongée par terre, machettes et faux couteaux en main. Cette mise en scène sera répétée plusieurs fois sur les places commerçantes du centre-ville.

En guise de final, la vingtaine de militants rassemblée en cercle sur la Place Plumereau scande brièvement des slogans qui leur sont familiers : «Justice pour les animaux », « Poisson = meurtre, viande = meurtre ».

Après quelques applaudissements et les remerciements des responsables, le cortège se sépare, chacun retournant à ses propres occupations. Peut-être n’est-il pas trop tard pour profiter de la soirée d’Halloween et partir faire la chasse aux bonbons (vegan) ?